NINIAS
Ninias, assis sur le trône, jouit de la gloire de ses prédécesseurs, sans les imiter. Il s'occupait uniquement de ses plaisirs, et se tenait presque toujours renfermé dans son palais. L^ princes de F Asie adoptèrent presque tous cet usage, croyant se i*approclier des dieux en se rendant invisibles aux mortels, et s'attirer d'autant plus de vénération qu'ils étaient moins connus.
' Les différents peuples soumis aux rois d'Assyrie envoyaient tour à tour à Ninive des troupes pour la garde du roi. Elles ne restaient qu'un an dans cette ville, et on les plaçait sous la conduite <lc chefs d'une fidt^ité (éprouvée. On en usait ainsi pour prévenir les cDiispiratioas et poxH* ne point laisser aux tioupes le tenip!? do se corrompre dans la capitale* Les successeurs de Mnias suivM^t cette coutume pfîiidaiit trente gcuérutioiis; ils fmren^ôns, comme lui, pacifiques et adonnés aux plaisirs.
Aucun grand événement ne nous a laissé de traces de leurs règnes; ce temps peu glorieux fut probablement heureux pour l'Assyrie. Le silence de l'histoire peut être considéré comme^une preuve de la tranquillité des peuples.
L'Écriture sainte, en nous faisant connaître la vie d'Abraham, parle d'Amraphel, roi de Sennaar, pays où était située Babylone. Il parait que ce fut sous le gouvernement de ces rois indolents et peu connus que Sésostris, roi d'Egypte, porta si loin ses conquêtes dans l'Orient; mais il se contenta de lever dçs tributs, et laissa subsister l'empire d'Assyrie, (Jont Pl»6m dit que le royaume de Pf^Ajgtfût nne dépendance.
'T^BIBIÉïï' P#d? ^^^^® ^'^^ ^^^ assyrien nommé Phul, (Jui'îBntWJ^d^et auquel Manahem, roi d'Israël, ofifrit ^ 6.
i02 PEUPLES d'ASIE. [A?. 1.-C. 220&-5d8O
mille talents pour en obtenir des secours. On crcHtque ce Phul était le même roi de NinivB qai, touché des discours de Jonas, fit pénitence avec tout son peuple. Plusieurs historiens pensent qu'il donna le jour à Sardanapale, dernier roi des Assyriens. - ^
SÀRDANÂPLE.
Sardanapale surpassa tous ses prédécesseurs •ea mollesse, en luxe et en débauches. Il passait sa vie au milieu de ses maîtresses, habillé et fardé comme ces femmes, et s*occupant à filer avec elles. Il amassa de grands trésors qu'il n'employa qu'à varier ses voluptés^
Arbace, gouverneur des Mèd^s, osa enfreindre la défense de pénétrer dans le palais. Révolté de voir la conduite infâme de Sardanapale, qui, oubliant son rang et son sexe, outrageait les lois, la religion et la gloire du trône, il ne put supporter plus longtemps que des gens de courage restassent soumis à un prince si indigne de régner. Il sortit, courut dans la ville, et divulgua ious lés secrets -de ce foyer de débauches, de vices et dé ]^rostitution.
Bélésis , gouverneur de Bal^ylone, et d'autres grands formèrent avec lui une conspiration pour renverser du trône ce prince eflEëminé. ,
Au premier bruit de la révolte, le. roi se cacha dans les appartements les plus retirés de son palais. Mais, enfin, se croyant au moment d'y être pris, le désespoir lui tint lieu de courage : il sortit de la ville avec quelques amis, rassembla des troupes, combattit les rebelles et gagnât sur eux trois batailles. Vaincu dans un dernier combat, il prit la fuite, et s'enfemia dans la ville de Ninive, espérant qu'une aussi i^te cité serait pour lui un asile inexpugnable.
Un ancien oracle disait que «jamais cette ville ne serait prise, à moins que le fleuve ne devînt *9n enhèmi. Cet oracle rassurait complétementrSàrdanapgle ; mais un jour
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il apprit çue ks eaux du Tigre, se débordant avec violence, avaient abattu vàiigt stades de murs et ouvert un large passage aux ennemis. Il se crut alors perdu ; et voulant effacer par unn mort courageuse la honte de sa vie, il se fit préparer un bûcher, y mit le feu, et s'y brûla avec ses eunuques, ses femmes et tous ses trésors. (An du &t. 3334. Av. J.-C. 770.)-
Après sa mort, on lui érigea une statue qui le représentait dans l'attitude d'uii danseur. Le piédestal portait cette iosmption : «r Mange, bois, goûte tous les plaisirs, tout le a reste n'est rien. »
Le premier empire des Assyriens finit avec la vie de Sardanapale, après une durée de quatorze cent cinquante ans.
Trois grands royaumes se formèrent de ses débris : l'un fut celui des Mèdes, qui durent leur liberté à Arbace, chef de la conspiration; Bélésis s'empara du trône des Assyriens et de Babylone , et un prince, nommé Nînus le jeune, devint le roi des Assyriens de Ninive.