NEMBROD
(Au du monde iSOO. — ÀTant Jésus-Christ S204.)
Nembrod avait aussi le nom de Bélus^ qui signifie maître; on l'adora sous ce tike. Il était petit-fils de Gham et arrière-petit-fils de Noé. La Genèse en parle comme d'un violent chasseur devant le Seigneur. En exerçant la jeunesse à lâchasse, il la préparait à la guerre et la formait au courage, à la fatigue et à l'obéissance. On croit que ce fut lui qui le premier entoura de murailles la tour de Bel.
Cette tour, construite en briques et plus haute que les pyramides, servait d'observatoire aux Chaldéens. (Il parait que c'est elle que l'Écriture nommait la tour de Babel.) Réunissant dans cette enceinte ses amis et ses confédérés, Nembrod sévit bientôt assez fort pour soumettre tous les environs; il passa ensuite dans l'Assyrie, où il commença la fondation d'une grande ville qu'il noâima Ninive, du nom de son fils Ninus.
Ce qui pa;*alt certain, c'est que Nembrod est le fameux Bélus des Babyloniens, et que son fils, plein de vénération pour sa mémoire, lui érigea des temples et le fit adorer par ses sujets. On ignore la durée de son règne et celle de sa vie.
9S PEUPLES D'âBIE. [A?. J.-G. ItH-^Bé.]
NiNUS.
( An du monde 1842. — Ayant Jésus-Chiist 2162.)
Ninus, suivatit Texemple de son père, augmenta et disciplina son armée. Soutenu par les Arabes < il conquit, pendant Tfespace de quinze ans, presque tous les pays qui se trouvaient entre llnde et TÉgypte. Il acheva Ninive, que son père avait commencé à bâtir. Il lui donnu huit lieues de diamètre et vingt-qiiartre lieues de circuit, si Ton en croit Jonas, qui'disait qu'il fallait marcher trois jours pour faire le tour de cette ville. Ses murs, hauts de cent pieds et fortifiés de quinze cents tours élevées de deux cents pieds, étaient assez épais pour qu'on y pût conduire de front trois chars. Ctésias, qui rapporte ces fables, prétend que Tarmée de fjinus se composait de dix-sept cent mule hommes de pied, de deux cent mille chevaux, et de seize mille chariots armés de feux..
Malgré ses forces, Ninua assiégeait eh vain$ depuis longtemps, Bactres, capitale de la Bactriane; et il aurait peut-être été forcé de se retirer, sans les conseils et le courage de Sémiramis, femme d'un de ses premiefô officiers. Elle découvrit le moyen de s'introduire dans la citadelle et de s'en emparer, exécuta elle-même aveô audace le plan qu'elle avait conçu, et rendit Niaus maître de la ville, où il trouva d'immenses trésors.
La reconnaissance du roi se changea en amour« Le mari de Sémiramis, e&ayé par les menaces du monarque, se donna la mort. Sa veuve devint reine^ et eut un fils qu'elle nomma Ninias. Plusieurs auteurs ont cru que Sémiramis, ayant obtenu du roi la puissance souveraine pour cinq jours, en avait profité pour le tuer. RoUin et . d'autres historiens le nient, et disent que Ninus mourut paisiblement, en laissant à sa femme le gouvernement deses États et la tutelle de son fils. On voyait, longtemps après la ruine de Ninive, un superbe tombeau que cette reine célèbi*e fît bâtir pour son époux.
SÉMIRÀMIS.
(An du monde 1852. — Avant Jésus-Christ ftiSi.)
Sémiramis était né« à Ascalon, en Syrie. Diodore racconte qu'étant abandonnée après sa naissance, elle avait été nourrie d'une façon miraculeuse par des colombes. Son nom, t[ui voulait dire colombe^ a peu\-ètre donné liem à cette fable.
Sémiramis s'occupa toujours à couvrir la bassesse .de sa naissance par la grandeur de ses entreprises. Voulant snipasser en magnificence ses prédécesseurs, elle employa vingt et un millions d'hemmes , tirés de toutes les parties de son vaste empire, à bâtir la célèbre Babylone, dont les anciens ont décrit, avec tant d'éloges et d'exagé- - ration, les murs élevés, les jardins suspendus , le lac superbe, les palais magnifiques, le pont hardi, et- les vastes temples que dominait celui de Bel. Ce dernier subsistait encore du temps de Xerxès, qui le pilla et le démolit entièrement. * r
-Alexandre, à son retour des Indes, voulut le rebâtir; et dix mille hommes travaillaient à en déblayer les décombres, lorsque la mort de ce grand roi interrompit cette entreprise.
Sémiramis parcourut toutes les parties de soa.é|fiopire;
elle agrandit et embellit les villes ; elle construisit des
aqueducs pour conduire les eaux, perça des montagnes
et combla des vallées, afin d'ouvrir partout de grandes
' routes et des communications'faciles.
La vénération qu'elle inspirait *était telle, que sa vue seule apaisait une s^tion. On Vint l'avertir un jour, à sa toilette, que le paiiple se soulevait. BUe partît aussitôt, la tète à demi coiffée; sa présence calma les esprits. On lui érigea une statue qui rappelait à la fois le négligé de sa parure et la force de son autorité.
Ses armes conquirent une grande partie de l'Ethiopie. Elle visita le temple dfe Jupiter Ammon, dont l'oracle lui
100 FEUPLBS ifASa. [AT. J.-C. SSI4-Ù8.]
apprit que sa yie finirait lorsque son fils Ninias conspirerait contre elle, et qn'après sa mort les peuples de l'Asie lui rendraient les honneurs divins.
La dernière de ses expéditions fut la guerre de llnde. Ses troupes se réunirent à Bactres. Apin^nant que les Indiens avaient plus d'éléphants qu'elle, la reine fit arranger des chameaux de manière à leur donner la forme et l'apparence d^éléphants. Cet artifice puéril et grosâer n'eut aucun succès. Le roi des Indes lui envoya demander son nom et les motifs de son agression. « Dites à votre maître, répondit-elle^ que dans peu je lui ferai connaître quijesuis. »
Elle s'avança ensuite, près du fleuve Indus, dont elle força le passage après un sanglant combat, où elle £t cent mille prisonniers et détruisit mille barques ennemies. Laissant soixante mille hommes sur les bords du fleuve, elle pénétra rapidement dans l'intérieur du pays. Mais le roi des Indes lui livra une nouvelle bataille : les Indiens remportèrent la victoire; les éléphants épouvantèrent les chameaux et mirent l'armée assyrienne en déroute. Sémiramis, dans la mêlée, fut blessée deux fois par le roi, et ne dut son salut qu'à la vitesse de son cheval. Elle perdit une grande partie de ses troupes en repassant rindus. Heureusement pour elle, le roi des Indes, retenu par un oracle, ne la poursuivit pas au delà de ce fleuve. La reine* conclut la paix avec lui, et revint à Babylone, ramenant à peine le tiers de son armée. Alexandre est le seul conquérant après elle qui ait porté la guerre au delà de rindus. •
Sémiramis, rentrée à Babylone, découvrit une conspiration tramée par son fils contre elle. Se rappelant alors la prédiction de Jupiter Ammon, elle ne punit aucun de ces coupables, céda sans murmurer l'empire à son fils Ninias, et se déroba à la vue des hommes, dans l'espoir de jouir bientôt des honneurs divins que l'oracle lui avait promis. On dit qu'en eflfet les Assyriens lui érigèrent des
[2204-538 av. J.-G.] ASStRIENS. lOi
temples et Tadorèrent sous la forme d'mie colombe. Sa vie dura soixante-deux ans, et son règne quarante-deux.