ARMÉNIENS
Leur origine. — Leurs rois. — Conquêtes et défaite de Tigrane. — Sa mort. — Victoire de son fils Artuazde, qui meurt victime de la trahison d'Antoine. — Règne d*Ariobarzane. — Trahison de Rhadamiste. — Sa fuite. -— Sa barbarie envers Zéuobie, sa femme. — Règne de Tiridate.
Les Arméniens, qui prétendent aussi être les plus anciens peuples du monde, vivaient inconnus dans le tQmps où rÉgypte et TAssyrie étaient déjà des empires civilisés et puissants. L'opinion commune est que les Arméniens descendent de Japhet.
Les deux Arménies sont hérissées de montagnes où Ton trouve les sources du Tigre et de TEuphrate. Leurs habitants croient que l'arche de Noé s'est arrêtée sur le mont Ararat.
La grande Arménie était séparée de la petite Arménie par le mont Caucase.
Avant le règne d'Alexandre, on ne sait que des fables, sur les princes qui gouvernaient ce pays. Depuis cette époque, les rois d'Arftiénie jouèrent un plus grand rôle. Antiochus avait possédé quelque temps ces contrées ; mais les gouverneurs nommés par lui, Artasias et Zodriade, prirent le diadème, se rendirent indépendants, et s'appuyèrent de l'alliance des Romains. Tigrane le Grand
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accrut beaucoup ses États : secondé par Mithridate, roi de Pont, son beau-père, îl domina en Syrie et conquit la Mésopotamie et la Pbénicie. Les Romains avaient enlevé la Cappadoce à Mithridate. Tigrane la reprit sur eux et la lui rendit : mais la fortune l'abandonna bientôt : il fut vaincu par Lucullus, et ensuite par Pompée, qui lui restitua soft trône. Touché de cette générosité, il resta fidèle aux Romains, et poussa même la déférence pour eux, ou plutôt la crainte de leurs armes, au point de refuser asile dans ses États à son beau-père Mithridate. La fin de son règa% fut paisible. 11 mourut à Tàge de quatre-vingt-cinq ans. •
Artuazde, son fils, n'imita pas sa prudence. Il trompa
MarC'Antoine, l'engagea dans une guerre contre les Mèdes
• et contre les Partlies, et, s'étant concerté secrètement avec
ses ennemis, il conduisit Tarmée romaine dans un défilé,
011 elle fut taillée en pièces.
Antoine, qui échappa avec peine au vainqueur, dissimula son courroux et demanda à Artuazde sa fille pour la donner au fils de Cléopâtre. Le roi d'Arménie, dupe de ce stratagème, se rendit près de lui : on le fit prisonnier, et on le conduisit, chargé de chaînes d'or, ainsi que sa femme et ses enfants, dans la ville d'Alexandrie, aux pieds de Cléopâtre, qui lui fit couper la tête.
Alexandre, fils de cette reine et d'Antoine, s'empara dià trône d'Arménie, dont il fut bientôt chassé par Auguste. Il eut pour successeur d'abord un autre Artuazde, qui déplaisait au peuple, et ensuite Ariobarzane, que la nation désirait et qu'on obtint de Rome.
L'Arménie, peu de temps après, fut subjuguée par les •Parthes; mais Tibère la délivra, et lui donna pour roi Mithridate Ibère, frère de Pharasmane, roi d'D)érie. Ce prince éprouva successivement les faveurs et les revers de la fortune : couronné par Tî])ère, il se ^dt détrôné par Caligula,* qui le chargea de chaînes, et délivré par Claude, qui lui donna des troupes pour reconquérir sa coiu'onae sur les Parthes. Pharasmane le seconda dans cette entre-
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prise ; mais il le trahit après, et excita une révolte dans «es États. Le cruel Rliadamiste, fils de Pharasmane, assiégea son oncle dans une forteresse, le trompa en lui jurant qu'il pouvait se rendre sans avoir à craindre ni le fer ni Je, poison ; lorsqu'il se livra à lui, il le condamna ù mort, et le fit étouffer.
Vologèse, roi des Partlies, vengea cette mort et punit ce .crime : il attaqua Rliadamiste et le chassa de ses États. Peu de temps après, Rhadamiste y revint, furieux contre «es sujets, qui l'avaient faiblement défendu. 11 les gouverna avec tant de cruauté^ qu'ils se soulevèrent. Le roi eut à peine le temps de monter à cheval et de fuir. Iténobia, sa femme, le suivait. Sa grossesse l'empêchait de supporter la fatigue ; mais craignant de tomber dans les- mains de ceux qui la poursuivaient, elle pria son ♦mari de terminer ses jours. Le barbare lui enfonça son épée dans le sein, et la jota dans l'Araxe. Les vêtements de Zénobie la soutinrent sur l'onde; des bergers l'aperçurent, la retirèrent et pansèrent sa plaie ; elle revint à la vie. Tiridate, fils du roi des Parthes, la reçut dans sa cour avec de grands honneurs. L'histoire ne nous a rien appris de plui^^ur la vie de Rhadamiste.
La malheureuse Arménie fut longtemps le théâtre des guerres que se livraient les Parthes et les Romains. Néron donna aux Arméniens pour roi Alexandre , petit-fils d'Hérode,roi de Judée. Mais Tiridate soutenait ses droits ; il «combattit avec succès les ^Romains, commandés par Gorbulon, et gagna leur estime. Néron abandonna Alexandre'et couronna lui-même Tiridate. L'Arménie se vit heureuse sous son règne.
Ses successeurs se conduisirent plutôt en lieutenants des
empereurs qu'en rois. Enfin Trajan réunit la Mésopotamie
à l'Arménie; il en fit une province romaine*. Lorsque
•il^eçipirefut près de sa chute, le trône d'Arménie parut se
"'yelever. L'histoire cite quelques rois arméniens, vassaux
de^ successeurs de Constantin. L'Arménie fut ensuite sou-
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mise aux Turcs-, qui en ont partagé la possjession avec les Persans.