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PHÉNICIENS

ISL navJg&tioA aUribuée aux Phéiiiciens. — Construction du temple deSalomon par

[JirAin. — Dpouiivtrte de la pourpre. — Sidon, premier roi. — Siège et ruine de la

>illc de Sîdon. — - a reconstruction. — Hègne de Pygmaliou. — Mort de Sichée.

^ — t'iiittj dn Dijouk — Nouvelle ville deTyr. — Gouvemement des Tyriens.— Stra-

' Ikhu pro&latiîé l^oi, — Siège et destruction de Tyr par Alexandre.

Apré5 avoiL' vu toutes les scènes sanglantes que nous [jrésiïnti^nt les guerres cruelles et presque continuelles des rois de Judée, d'Egypte, d'Assyrie et de Médie, au milieu de ce boi^evorsem^ent des empires qui se cbôquaient, s'envahissaient et se renversaient tour à tour, il est doux de reposer sa vue sur le tableau d'une nation pacifique, industrieuse, quij;>laçait sa gloire dans l'étude des sciences et des arts utiles, et qui, par son immense commerce, adoucissant les mœurs, éclairant les esprits, servait de

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lien aux différeutes oontrées que parcouraient ses vaisseaux agiles et ses actifs négociants.

La mer semblait devoir séparer éternellement les nations; les Phéniciens imaginèrent les premiers d'employer ce terrible élémeut pour les rapprocher : Tart de la navigation étfi^t pratiqué de temps immémorial chez eux, et répandait le bonheur et Taisance sur la côte stérile qu'ils habitaient, et qui vit briller avec éclat les magnifiques villes de Tyr et de Sidon,

Les Phéniciens conduisaient les flottes de Salomon sur ies côtes d'Afrique, à Ophir, àTarsis,.et, après un voyage de trois ans, leurs navires revenaient chargés d'or, d'argent; d'ivoire, de gomme et de pierres précieuses.

Les cèdres du Liban descendaient de cette montagne pour servir à la construction de leurs vaigseaux ; ils tiraient de l'Egypte leurs voiles et leurs cordages. L'observation des astres leur avait appris à parcourir sans s'égarer les mers les plus éloignées. Chypre, Rhodes, la Grèce, la Sicile, la Sardaigne, se peuplèrent de leurs colonies.

Ils tirèrent de grandes richesses des contrées méridionales de l'Espagne , passèrent le détroit et pénétrèrent dans l'Océan.

Cadix devint l'entrepôt de ce grand commerce, qui était si riche, qu'on vit quelquefois leurs vaisseaux attacher à leurs ancre», au lieu de plomb, l'argent dont ils étaient surchargés.

Un Tyrien, nommé Hiram, construisit le fameux temple de Salomon. Les riches ornements, les métaux précieux qu'on y voyait briller, venaient de Tyr et de Sidon. * Six cent dix ans avant Jésus-Christ, pour satisfaire la curiosité hardie de Néchao, roi d'Egypte , des Phéniciens partirent de la mer Rouge , firent le tour de l'Afrique, rentrèrent dans la Méditerranée par les colonnes d'Hercule, et arrivèrent, au bout de trois années, à l'embouchure du Nil. Lciu*s navigateurs racontaient des merveilles fabuleuses de ces voyages, pour cacher à tous les

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peuples les vrais secrets de leur navigation, dont ils vou^ laient conserver exclusivement les profits.

Les manufactures des Phéniciens étaient célèbres ; les rois, les princes et les grands de la terre recevaient d'eux cette pourpre précieuse qui fut un don du hasard pour lesTyriens. On raconte qu'un chien de berger, pressé par la faim, brisa entre ses dents un coquillage dont le sang teignit sa gueule d'une coideur éclatante qui frappa les yeux, et qu'on parvint ensuite à appliquer avec succès aux étoffes destinées à la parure des monarques.

Ce peuple navigateur avait fait de grands progrès erfl astronomie, en géométrie, en mécanique, en géographie. On lui attribue l'invention des lettres, et il surpassa toujours en génie les Égyptiens, dont les superstitions arrêtèrent les lumières.

La Phénicie était une partie du pays de Ghanaan. Sidon^ sa première capitale, eut longtemps l'empire de la mer*; prise et dépouillée par les Philistins et par les rois fle Judée, d'Egypte et d'Assyrie, elle fut remplacée par la fameuse Tyr. La colonie phénicienne de Garïhage, fondée huit cent quatre-vingt-dix ans avant Jésus-Christ, effaça -par la suite l'éclat et la puissance des Tyriens.

On croit que leur premier roi s'appelait Sidon, fils de Ghanaan. Après lui se trouve un long intervalle jusqu'au règne de Tétramnestus, qui fournit trois cents galères à Xerxès pour faire la guerre aux Grecs.

Temnès, son successeur, se révolta contre les Perses. Darius Ochus assiéga Sidon. Les habitants de cette ville, ne pouvant obtenir de conditions favorables, et se voyant livrés à leurs ennemis, que des traîtres introduisaient dans leurs murs, ne consultèrent plus que leur désespoir, s'enfermèrent dans leurs maisons avec leurs femmes.et leurs enfants, y mirent le feu, et s'ensevelirent sous les ruines de leur patrie.

Ainsi Darius ne conquit jjue des cendres, d'où il^ira cependant encore de grandes richesses en effets précieux

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et en métaux fondus. Le roi de Sidon seul avait échappé aux flammes : sa lâcheté lui fut inutile ; car Darius te fit mourir.

Quelques familles sidtonieiines, réfugiées sûr leurs vaisseaux, se retirèrent à Tyr, qu'elles fortifièrent. Cette ville superbe avait perdu ses richesses ; mais elle conserva au moins quelque temps son indépendancer.

On rebâtit Sidon, et ses habitants nourrirent tiat^ leur cœur contre les Perses une haine qui éclata* lorsque le grand, Alexandre parut. Les Sidoniens, malgré les ordHis de leur prince, ouvrirent leurs portes avec empressement. Alexandre, voulant les reftdre heureux, leur donna pour roi Abdolonyme, le, plus vertueux de leurs citoyens. Les députés qui lui portèrent la couronne le trouvèrent dans son jardin, occupé de travaux champêtres. Il résista longtemps, craigiiunt de quitter la paix de sa retraite pour, monter sur le trône. Enfin il céda aux vœux de ses compatriotes ; sa main , qui avait fécondé la terre avec sa bêche, porta dignement le sceptre, et sa sagesse fit le bonheur de ses sujets.

Le premier roi des Tyriens fut Abidal, prédécesseur de ce Hiram, si connu par ses relations avec Salcrtnon.

On ne sait rien de positif sur les sept rois qui lui succédèrent. Pygmalion, l#ar héritier, ne fut que trop célèbre par son avarice et sa cruauté ; il tua son beau-frère Siclrte, dans l'intention de s'emparer de ses tréèors. Mais Didon, veuve de ce prince infortuné, trompa Tatidité de son frère : elle emporta ses richesses sur des vaisseaux ; et , après avoir avoir parcouru plusieurs mers, elle aborda sur la côte d'Afrique, près d'Utique, et y fonda la célèbre colonie de Carthage.

Les Tyriens, dont les richesses étaient enviées par les rois voisins, furent souvent exposés à leurs attaques : ils soutinrent de longs sièges en différents temps ; Tun dura cinq ans, et l'autre treize. Enfin, sous le règne d'un de leurs princes, nommé Baal, Nabuchodonosor surmonta

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leur opiniâtre résistance. Ne pouvant plus défendre leurs murs, ijs se sauvèrent sur leurs vaisseaux et abandonnèrent au vainqueur leurs maisons désertes, qu'il détruisit.

^ L'ancienne Tyr était sur leur rivage ; les Tyriens en rebâtirent fine nouvelle dans une île peu éloignée, et la fortifièrent de manière à la rendre presque imprenable.

Leiy nouveau gouvernement fut républicain; leurs chefs étaient des juges nommés suffètes. Ils retournèrent équité à la royauté. L'histoire de leurs princes n'a point laissé de traces. Pendant un intarrègne, les esclaves, que le commerce avait rassemblés» en grand nombre à Tyr, tuèrent leurs maîtres, s'emparèrent de leurs trésors, et épousèrent leurs veuves et leurs fiUes.

Comme ils voulaient se donner un roi, ils convinrent de nommer celui J'entre eux qiille leiideiçain verrait le premier le soleil et piiraitrait ainsi le plas favorisé par les dieux. Un esclave qui avait sccrtitemcut sauvé la vie à son maître, Str^ton, hii apprit cette ilé«ision. Ce maître reconnaissant lui lïit r « Au rnoni^^iit où tous les autres re- « garderont dtMïi^iii l'orient pour *^pier l'apparition du soc( leil, prenez uji nioyen tout opposé^ tournez vos regards à « l'occident sur l'endroit le plus élevé de la plus haute tour « de la ville , et vous la verrez dorée par ses premiers « rayons. » Ce conseil fut suivi et réussit. Les esclaves, étonnés de la sagacité de leur compagnon, exigèrent qu'il déclarât la personne qui lui avait donné cet expédient. Il avoua tout, et les esclaves, attribuant aux dieux la délivrance miraculeuse de Straton, le proclamèrent le roi.

Son fils lui succéda, et le sceptre passa dans les mains de ses descendants, dont le dernier se nommait Âzelmie. Sous son règne, Alexandre parut devant Tyr. llvoulait, disait-il, punir les crimes commis par ces esclaves deux cents ans auparavant, et venger les citoyens libres qu'ils avaient égorgés. Le siège fut long et la résistance opiniâtre. Alexandre fit construire une digue pour joindre l'île à

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la terre ferme : ce travail fut souvent interrompu par les assiégés, qui accablaient de pierres les assaillants et jetaient des traits enflammés et de Thuile bouillante sur leurs constructions. Au bout de sept mois les Macédoniens prirent d'assaut la ville de Tyr, et passèrent deux mille tommes au fil de Tépée. Alexandre fit mettre en croix autour des murailles deux mille Tyriens de la race des esclaves ; mais il épargna les descendants de Straton.

La ville fut détruite et rasée ; sur ses débris Alexandre bâtit une nouvelle cité qui resta, ainsi que la Pbénicie, sous la domination de ses successeurs.

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