‹ Histoire ancienneChapitre 46 sur 116 · SCYTHES · texte numérisé non relu

SCYTHES

Position topographique de la Scythie. -^ Caractère et mœurs de ce peuple. — Sa conduite enTers les étrangers. — Scythes, premier roi. — Révolte des esclaves. — La relae Tlumuris. -> IhiC^ile de Dûrius, — Les Scythes sont vaincus par Philippe.

Les Scythes, nn des peiipb:'? les plus fameux et les moins connus dc^ rantiquiti^, hjihitaii'Tit les plaines immenses qui se tx'ouveut au nord liti la mer Caspienne et du Pont-Euxin, 4jms les pays incultes cpi 'arrosaient le Volga, le Don ou le Tanaïs, et le DiiiciH'r ou le Lîorysthène. Cette nation noniadej pastorale vl Lriierricrc, ignorant les arts, détestant la servitude et la rjiolltï^se, dédaignait les mœurs des auli^es paySj et n'etilretoiiait presque aucune communication avec eux. Leur ili^rté lepoussait toute dépendance; leur vaillance les mettait à Tabri de toute invasion ; leur climat glacé, leur vie sauvage n'attiraient aucuniToyageur. La guerre seule les rapprochait quelquefois des autres peuples, qu'ils effrayaient par la rapidijé de leurs invasions et par l$s ravages affreux qu'ils avaient commis dans toute l'Asie et jusqu'aux frontières d'Egypte. Beaucoup de peuples modernes tirent leur origine des Scythes, que plusieurs savants regardent comme une partie de l'ancienne nation des Celtes, qui a peuplé toute l'Europe. Les Gomérites, les Galates, les Gaulois, les Titans, les Teutons, les Celtibériens, les Goths, les Visigoths, lés Francs, n'étaient que des ramifications différentes d'une même souche celtique, et chez lesquels on trouve une conformité él^e* mœurs qui prouve la communauté de leur origine. Les Scythes déifiaient lés h^ros et les rois. Les prêtres, sous les noms de curetés, de druides et de ôar^ife^, jouissaient au milieu d'eux d'une grande autorité : le souvenir de leurs lois militaires et de leurs exploits était conservé par des hymnes. "

Les rois commandaient letirs armées : les prêtres dirigeaient leur conduite. Une»pa(rtie de ces peuples était sédentaire, et Tautre errante. Les ims habitaient des bour-

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gades, les autres vivaient sous des tentes, et sur des chariots qui transportaient leur famille dans des lieux propres au pâturage. *

Les Tartares, qui les ont remplacés, conservent encore les mêmes mœurs et les mêmes usages. Laborieux, braves et tempérants, ils méprisaient le« richesses ; mais ils étaient passionnés pour la gloire. LtTurs filles mèn\ps faisaient la guerre, et c'est peut-être à leur lH*avoure qu'on doit" attribuer la naissance de toutes les fables que les anciens débitaient sur les Amazones.

Ils étaient tellement attachés à leurs coutumes, que la loi punissait de mort quiconque y proposerait le plus léger changement ; ils massacraient même souvent les étrangers qui abordaient sur leurs côtes, craignant que leur fréquentation ne corrompît les mœurs et n'inspirât le mépris des lois.

Sous d'autres noms ils adoraient la plupart des dieux de la Grèce, et beaucoup d'auteurs ont douté si ce culte était venu d'Egypte chez les Grecs et chez les Scythes, ou si la Grèce ne l'avait pas reçu des Pélasges, ses premiers habitants et ancienne colonie celtique.

Le dieu de la guerre était pour eux la première des dignités ; ils lui sacrifiaient des victimes humaines ; ils faisaient ^es vases avec les crânes de leurs ennemis, et avec leurs peaux des baudriers, des housses et des brides. Leur grande population les porta aux conquêtes. Repoussés par les glaces du nord , ils cherchaient au midi et à l'occident des tan^ains plus fertiles et des climats plus doux.

Comme on ne connaît aucun historien scythe, nous ne savons que par les Grecs les noms de quelques-uns de leurs rois et les actions qu'on leur attribue. Ou prétendait qu'ils devaient leur origine â.Gomer, fils de Japhet et pe> tit-iils de Noé.

Scythes, fils d'Hercule, fift, dit-on, leur premier roi. Sigilhis^ son successeur, envoya son fils au secoui's des

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Amazones attaquées par Thésée. Sous le règne de Madiès^ les Scythes entrèrent en Asie, soumirent la Syrie, et pillèrent les frontières d'Egypte. Cette expédition dura vingt-huit ans. A leur retour, ils trouvèrent que leurs esclaves s'étaient emparés de leurs femmes, de leurs maisons et de leurs troupeaux. Ces fiers guerriers , dédaignant d'employer leurs armes contre de pareils ennemis, s'avancèrent sur eux avec des fouets. Ce mépris frappa de terreur ces esclaves rebelles : ils prirent la fuite. Les femmes coupables, mais plus courageuses, se donnèrent la mort.

I/histoire ne parle do Tliomiris que pour raconter sa guerre contre Cyrus. On prétend que cette reine barbare, après avoir tué ce conquérant, fit plonger sa tête dans un tonneau de sang.

Lorsque Darius attaqua les Scythes, leur roi Janeyrus lui envoya un oiseau, une grenouille, une souris et cinq flèches. Darius ne comprit rien à ce présent mystérieux; il voulait considérer ce tribut comme une preuve de soumîssion< « Vous vous trompez, seigneur, lui dit Gobrias, « un de ses ministres ; les Scythes veulent vous faire en- « tendre que si les Perses entrent en Scythie, ils ne doi- « vent pas espérer d'échapper à leurs coups , à moins « qu'ils ne sachent voler en l'air comme des oiseaux, na- « ger dans Teau comme des grenouilles , ou entrer dans « la terre comme des souris; leurs flèches signifient que «cinq rois scythes se joindront à Janeyrus pour vous re- « pousser. «^Darius ne le crut i>as et fut vaincu,

Philippe, ioi de Macédoine, plus heureux, pénétra dans les États d'Athéas, rQi dos Scythes, remporta sur lui une grande victoire, ômmenii vingt mille femmes et enfants, prisonniers, s'empara d'un nombre prodigieuic de bestiaux et de vingt raille cavales. Dans cet immense butin, on ne tr€fuva itî JbijoiÇjft -ni or, ni argent. Depuis cette époque, l'histoirene parle jjft^s des Scythes comme d'un peuple séparé. - '

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