‹ Histoire ancienneChapitre 5 sur 116 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

DE LȃGYpTE et de ses ROIS.

L^Afriqiie sans civilisation. — Position dcTÉgypte. — Sa division. — Ses monuments. — Hiéroglyphes. — Labyrinthe. — Lac Blœris. — Nil. — ïiasse-Êgypte. — ^ l'r>i3{^au jihéau.. — ta villi^d*Alexaftdrié. — Potinfi du gowenietlfient. ^ Vie ée» rois, — J.éj^isîaliûii. — E'dlyjgamie — Mariage des frères et «oeun. — Res|»ecl pouf la TÎL'illu:i&o. — Cuijilidte des Égyptiens envers leurs rois. — Les six ordrei dcl'Éiat, — Piiïertntrs langues en Egypte. — Croyance à la métempsycose. — CihUe, — ïkmif Apis, — lehoeuAUNi. ^.Supetstition des Égyptiens. — Leurs pto-- ^gitw dâ(i!!i k'S sciftttîeîi 1 1 lis arts. — Navigation. — Tète de mort dans les festiiM, ^liiiJUuciiiiiËù ûci ^^lAivni pouï» la musique. — Invention de l'écriture.

*Doâ quatre parties du monde, l'Afrique est la seule qui, jusqu'à jii[>s jours , ait été presque totalement privée des lamièi'es q^ul ndoucissent les mœurs des hommes en les éclairant ; et , à Texception des Égyptiens et des Carthaginois, tous les peuples qui habitent ce vaste continent sont restés dans TigHorance et dans l*enfance de la civilisation.

L'Egypte est un pays resserré par deux chaînes de montagnes qui ne laissent entré elles et le Nil qu'une plaine dont Ta phtsr^grandc étendue est de cinijuaute lieues ; la

ET B£ SES ROIS. il

tongucur de cette vallée célèbre est de deux cents lieues ; elle est bornée au levant par la mer Rouge et par l'isthme de Suez, au midi par TÉthiopie, au couchant par la Libye, ei au nord par la mer Méditerranée.

Hérodote prétendait que, sous le règne d'Amasîs, on trouvait dans ce pays vingt mille villes habitées ; mais ce qui est prouvé par tous les monuments de Thistoire, c'est qu'autrefois ce royaume était très-riche et très-peuplé.

On divisait rancienne Egypte en trois parties : la plus méridiouaie se nommait Thébaïde ; celle du milieu, Heptanome ; on nommait Basse-Egypte, ou Delta, les contrées septentrionales. Strabon rapporte que , lorsque Sésostris réunit tout le royaume sous sa domination, il le partagea en trente-six gouvernements. .

Les ruines qui attestent encore à nos yeux l'antique magnificence de rÉgyptc se trouvent principalement dans la Thébaïde et dans l'Heptanome. On voit encore aul lieux où ftit Thèbes, cette ville dont Homère a chanté la puissance, la terre couverte d'une quantité innombrable de colonnes , de statues , çt des allées à perte de vue , bordées de sphinx; on y admire les restes d'un magnifique palais, où l'antique peinture étale encore ses couleurs. Homère dît que Thèbes avait cent portes,* et que sa population permettait de faire sortir par chacune d'elles deux cents chariots et dix mille hommes. On voyait aussi dans la Thébaïde la. fameuse statue de Memnon, qui rendait un son articulé lorsqu'elle était frappée par les premiers rayons du soleil. L'Heptanome possédait une grande quantité de temples, entre autres celui d'Apis , un des dieux les plus révérés par les Égyptiens ; Memphis était la capitale de cette contrée; on l'appelle aujourd'hui le Caire. On y montre encore aux voyageurs le puits de Joseph, taillé dans le roc et d'une profondeur prodigieuse, qui servait dans les temps de sécheresse à élever les eaux du Nil sur une colline , ipourles distuUxuer par différents canaux. Cette contrc^e est encore illustrée par les pyramides, monuments prodigieux

IS DE l'ÉGYPTÉ

que le temps n'a pu détruire, et que Ton comptait autrefois parmi les sept merveilles du monde ; tristes et vastes témoins de l'orgueil insensé de ces monarques qui ont fait périr tant de milliers d'hommes pour se bâtir des tombeaux.

Tous ces édifices étaient couverts de dessins et de figures qu'on appelle hiéroglyphes. Ils étaient destinés à conserver le souvenir des événements les plus remiarquables ; mais, jusqu'à présent, les savants n'ont pu parvenir à retrouver la clef complète de cette écriture symbolique, qui aurait répandu parmi nous de grandes lumières sur ces temps reculés.

J^pn loin de Mempliis, il existait une merveiUe plus siwprenanté encore que les pyramides ; c'était un immense édifice cmnposé de la réunion de douze palais. qui contenaient quinze cents chambres au-dessus du sol et quinze cents au-dessous. La difiiculté de se retrouver dans le nombre infini de terrasses et de galeries qui servaienlwie communication à tous ces appartemçnts avait fait donner à cet édifice le nom de labyrinthe. Il servait à la fois de sépulture aux rois et d'habitation aux crocodiles sacrés.

Un monument plus ufile était le lac Mœris , creusé en partie par la main des hommes, et qui, si les anciens récits étaient parvenus jusqu'à nous sans erreur, aurait eu cent quatre-vingts heues de tour et trois cemts pieds de profondeur. Au reste , le but de cet ouvrage , incontestablement grand et admirable, était de corriger, autant qu'on le pouvait, les irrégularités du Nil , qui seul rendait l'Egypte féconde ou stérile , par l'abondance ou la rareté de ses eaux. Le lac en déchargeait la terre lorsqu'elle était trop inondée, ou s'ouvrait pour les verser quand le fleuve en refusait.

Deux pyramides, portant chacime une statue colossale, s'élevaient au milieu du lac : elles étaient creuses, hautes de trois cents pieds, çt servaient ainsi d'ornement et de», supplément à cet immense réservoir. *

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