ROYAUME DE PERGAME
Sa positioD. — PbUétère, premier roi. — Set snccesteun Eumène et Àttale.» Bibliotlièqae de Pergame sous Eiunèue II. — Vie sanTage d'Âttale III. — S<m testament et la mort. — Règne d'Arintonie. — Courage de Blosiu, ion miniitre. — Lâelielé et mort d*Ariitoiiic.
(An du monde 2781-387U — ATuut Jétui-Chriat 2a3-l33.)
Ce royaume n'était qu'une petite province de la Mysie, sur la côte de la mer Egée, en face de Lesbos,
L» premier roi de Pergame fut i^i eunuque nommé
Philétère. (Av. J.-C. 883.] Lysimaqua lui avait confié cette province et les trésors renfermés dans la citadelle de Pergame. Cédant ensuite à la haine d'Arsinoé^ sa femme, il voulait faire périr son ancien favori : celui-ci se servit de ses richesses pour défendre sa vie ; il gagna des partisans^ S6 révolta,, survécut à Lysimaque et conserva son autorité pendant vingt ans. Ëuméne I" hérita de sa principauté (av, J.-G. 263) et Taugmenta de quelques villes qu'il prit sur les rois de Syrie. Son règne dura vingt-deuscans.
Un de ses parents, Attale P% lui succéda et prit, le titre de roi. Ce prince régna quarante-trois ans. U battit les Galates, fit alliance avec les Romain9 et les secourut dans une gueivs qu'ils avaient entreprise contre Philippe. (Av. J.-C. 197.) Q idîrfa le sceptre à son fils Ëumtoe IL Ce monarque fonda la fameuse bibliothèque de Pergame.
AJlié fidèle des Romains, il leur découvrit les projets d'Autiochus le Grand* Ses troupes contribuèrent à la victoire qu'ils remportèrent à Magnésie sur. le roi de Syrie. Le sénat récompensa son zèle par le don de plusieurs provinces enlevées à Antiochus, Tous les ennemis de Rome, étaient les siens. Prusias, roi de Bithynie, lui déclara la guerre, et, par les conseils d'Annibal» parvint à détruire sa flotte. Eumène s'étant rendu à Rome pour informer le sénat d'une entreprise que Persée projetait c<mtre la république, le roi de Macédoine le fit attaquer à son retour par des pirates, qui le laissèrent percé de coups et privé de sentiment. Sur le bruit de sa mort, Attale, son frère, s'empara de son trône et épousa Stratonice, sa femme.
Eumène, guéri de ses Uessures, revint dans ses États, reprit sa couronne et ne punit ni la reine ni son frère. A la fin de son ï'ègne, ayant reçu quelque insulte du consul Marcius, il rappela les troupes qu'il avait envoyées au secours des Romains. Persée profita de cette brouillerie ; il aigrit le courroux du roi de Pergame, en lui représentant
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qu^||bme était l'ennemie irréconciliable des rois, qu'elle les Rompait tous pour les détruire successivement. Eumène n'osa pas secourir le roi de Macédoine ; il ne lui promit que d'être neutre. Les Romains, après leur victoire, ne lui -pardonnèrent pas son inaction. Toutes ses démarches pouç^e justifier furent inutiles; dn le traita avec dureté, et il mourut sans avoirpu se réconcilier avec Rome. (Av. J.-C. 159.)
Attale II, son frère, lui succéda, et épousa pour la seconde fois, la reine Stratonice. Son règne dura vingt et un ans. Il fit longtemps la guerre contre le roi de Bithynîe, qui s'empara d'abord de Pergame, et finît par en être chassé, fAv.J.-C. 138.)
Attale lïl, nommé Philométor, détesté par ses cruautés et pour ses extravagances, croyait voir partout des conspirations. 11 vivait solitaire dans son palais , laissant croître ses cheveux et sa barbe, et labourant lui-même son jardin, dans lequel il cultivait des plantes vénéneuses, dont il mêlait les sues à des baumes qu'il distribuait aux grands de sa cour pour s'en défaire. Il moiu-ut au bout de cinq ans, et légua par testament aux Romains ses trésors et sonroyaume. (Av. J.-C. 133.)
Arîstonic, bâtard d'Eumène, voulut défendre ses droits au trône. La fortune seconda d^abord ses armes ; il battit les Romains; mais la victoire le rendit trop confiant, et eomm^ il s'endormait dans une fausse sécurité, Perpenna le surprit et tailla ses troupes en pièces. Aristonic se sauva dans une ville dont les habitants le livrèrent aux Romains. 11 avait pour ministre un philosophe nommé Blosius, autrefois habitant de Rome, et célèbre par son amitié pour Gracchus. Livré par des traîtres, avec Aristonic, aux fers de Perpenna, il exhorta son prince à s'affranchir de la servitude par une mort courageuse, et lui en donna l'exemple. Aristonic, trop faible pour Timiter, fut traîné en triomphe à Rome, jeté en prison et étranglé par l'ordre du sénat.
466 PEUFUB8 D'ASIE. [A?. J.-G. 657-509.]
COLCflroE.
Sa position. —Expédition des Aigonautes. — Bois de cette contrée. — EUe est réduite en province romaine.
La Colchide, qu'on appelle aujourd'hui Mingrélie, se trouvait sur la côte orientale de la mer Noire, entre ribérie, le Pont et l'Arménie. La rivière du Phase l'aiv rose et a donné son nom à une espèce d'oiseau nommé faisan^ qui depuis a été transporté en Europe. Ses eaux charriaient une grande quantité de paillettes d'or qu'on arrêtait dans la laine des toisons que les haMtants étendaient au fond du fleuve. Attirés par l'appât de ces trésors, objet d'un grand coiùmerce, les Argonautes firent une expédition célèbre pour s'en emparer. Jason,leur chef, que favorisait la fille du roi^ la séduisit et l'enleva. Ce fameux voyage, chanté par les poètes, rendit la C(dchide célèbre. Elle nous est plus connue par la fable que par l'histoire. 11 parait que ce royaume fut peuplé , du temps de Sésostris, par une colonie égyptienne, qui s'y mêla à quelques Arméniens. L'opulence de la ville de Dioscoris attirait des marchands de tous les pays du monde. Pline dit qu'on y parlait tant de langues différentes^ que les négociants romains étaient obligés de s'y servir de cent trente interprètes. Un des fils de Mithridate fut roi de Colchide. Pompée traîna à la suite.«de son char de triomphe un de ces princes, dont le nom n'est pas connu. On parle encore, dans l'histoire de Trajan, d'un autre roi de la Colchide. Cette contrée fut depuis réduite en province romaine.