BITHYNIE
Sa position. <^ Forinç de son gouTernement. » |lègue de Cltiarijue. — Sa t>raiiui€. — Sa mort; — Ses successeurs. — La Tille d'Hér^clée détruite par Cotta. ~ La VBbywàt gocTemée paf plntifluri roit siMeMsifk. -^ Règne de Prusias II. ~ 8a irabison euTer» Aauibal. — Son aTilissenifnt à Rome. — Sa mort et celte de ton fils parricide.
La Bithynie était une contrée d'Asie, célèbre par la fertilité de son sol et ropiilence de ses villes. Elle s'étendait le long de la côte du Hospliore opposée à celle oi\ Ton bâtit Byzance. On y voyait autrefois briller la ville d'Héraclée, fameuse par l'étendue de son commerce et la forée de ses flottes.
Les rois et les républiques de Grèce recherchaient son alHcmce. Le gouvernement d'Héraclée fut d'abord répu- Wicain et aristocratique. Le peuple, mécontent de l'orgueit des nobles, les chassa, et se donna pour chef un transfuge de cet ordre, nommé Cléarque, qui gouverna en tyran : il força les femmes et les filles des exilés à épouser des esclaves. Les proscrits appelèrent à leur secours les étrangers. I^ guerre fut longue et cruelle, les deux partis étant également déterminés, l'un à recouvrer ses droits, l'autre à défendre son usurpation.
Cléarque faisait périr dans des supplices affreux tous le« nobles qu'on pouvait prendre. Mais la crainte, compagne éternelle de la cruauté, empêcha ce tyran d'épargner ses propres partisans; il contraignait lui-même ceux dont il se défiait à boire la ciguë. La tyrannie dura douze ans. Enfin, deux hommes désespérés le tuèrent sur son tribunal.
Satyres, son frère et son successeur, ne se montra pas moins cruel que lui. Il fut remplacé par ses neveux, Timothée et Denys, qui réparèrent, par une administration juste et paisible, tous les maux de r£tat.
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Hêraclée jouit trente ans de ce repos ; mais les deux ffls de Denys annonoèrent par leurs vices et par leurs viplences une nouvelle époque de malheurs.
En montant sur le trône^ ils avaient tué leur mère. Lysijnaque,Ieur beau-père, se mit à la tête d'une conspiration contre eux, et les fit mourir. Il voulut ensuite s'emparer de l'autorité,; le peuple le mit en prison et recouvra son indépendance.
Mitlmdate prit cette république sous sa protection : par reconnaissance, Jes battants d'Héraclée embrassèrent ayec ardeur son parti, et massacrèrent, d^àprès ses ordres, tous les Romains qui se ti^uvaient sur leur territoire. Gotta vengea Rome de cette perfidie, et détruisit la ville d'aéradée.
Quelques auteurs prétendent que la Bithynie avait été longtemps gouvernée par des rois tributaires des Hèdes et des Perses. Ils rapportent qu'un de ces princes, nommé Bal, défit Galentus, un des généraux d'Alexandre; qu'il régna cinquante ans et laissa le trône à son fils Zypothés. Pausa^ias et quelques autres disent que Zypothés ou Zyphetès, dont on ignorait l'origine^ fimda le royauipe de Bithynie pendant les troubles qu'excitaient dans l'Orient les conquêtes d'Alexandre.
On connaît avec plus de certitude les noms de ses successeurs.
Nicomède P' monta sur le trône après la mort de son père. Zypothés, son frère, lui disputa la eoim>nne. Il appela à son secours les Gaulois, qui, après avoir ravagé la Germanie et la Grèce,>voulaient porter leurs armes dans l'Orient. Nicomède leur ouvrit les portes de. l'Asie. Appuyé par eux, il affermit son autorité; mais il fut obligé, pour payer leurs services, de leur céder une partie de ses États où ils s'établirent, et qu'on nomma Galatie ou GaUo-Grèce.
Zéla , successeur de Nicomède, décidé à se d^ivrer des Galates, invita leurs chefs à un festin pendant lequel il voulait les faire massacrer : informés de cette trahison,
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ils le prévinrent et le tuèrent. Son fils Pçusias le vengea ; ayant rassemblé des troupes^ il battit les Galates et ravagea tout leur pays. (Av. J.-C. ^84.)
Pnisias U, son fils, fut honteusement célèbre par sa bassesse et par saUcheté. Annibal s'était réfagié dans ses États, et Tavait aidé à vaincre le roi de Pergame. Au mépris des lois delliumanilé,des devoirs delà reconnaissance et de l'hospitalité, il consentit à livrer aux Romains ce grand homme, qui se donna la mort pour échapper à la honte.
Après la -défaite de Persée, plusieurs monarques^ crcdgnant la puissance rcmiaine, envoyèrent des ambassadeurs à Rome pour féliciter kt république sur cette victoire. Prusias les surpassa en faiblesse et en servilité. Il se rendit lui-même à Rome , et, se montrant sur la place publique, la tète rasée et couverte du bonnet d'affranchi, U dit au préteur qu'il ne se considérait que comme un esclave à qui Rome avait rendu la liberté. En entrant dans le sénat, il se prosterna et appela les sénateurs ses dieux sauveurs. Les Romains eux-mêmes semblaient avoir honte de cet excès d'avilissement.
Nicomède II, son fils, le tua pour monter sur le trône ; mais il fut puni de ce crime par un de ses enfants^ nommé Socrate, qui l'assassina.
Nicomède RI, attaqué par Mitturidate et secouru par les Romains, en reconnaissance de ce service, leur légua le royaume de Bithynie, qui devint province romaine.