‹ Histoire ancienneChapitre 64 sur 116 · ALEXANDRE · texte numérisé non relu

ALEXANDRE

. (An du monde d<^74 ÀYaiif iéMO^Siritt I80«)

Alexandre, en pojursnivant Dessus^ soumit avec capiâité rHyrcanie et plusieurs petits peuples qui habitaient les montagnes. Pendant qu'il faisait ces bonquet.es, il apprit que les Lacédémoniens s'étaient armés contre la Macédoine^ et que leur roi Agis avait été vaincu et tué par Antipater. ^

TaleMris, reine des Amazones, vint, dit-on, rendre hom^ mage au vainqueur de l'Asie. Elle éprouvait pour ce héros un tel enthousiasme, que le vrai but de son voyage étsdt le désir de s'unir avec lui et d'en avoir des erifants.Mais on peut douter de ce récit, car presque tous les auteurs graves regardent l'histoire dés Amazones comme fabuleuse. Ce qui parait probable pourtant, c'est que les Scythes aient vu dans leurs cqntrées plus de femmes guer* rièj^és que les. autres peuples, qui tous en ont compté quelques-unes. La rudesse de leurs mœurs, leur vie errante, devaient les y disposer ; et lorsque des femmes ont monté sur l'un des trônes de Scythie, ces femmes militaires ont pu se trouver en plus grand nombre et se réunir en troupes et non en-peuplé.

Le roi, n'ayant pu atteindre Dessus, retourna dans le . pays des Parthes, et s'abandonna aux plaisiréi, oubUant

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que les voluptés avaient amolli les Perses, corrompu les rois d'Orient et préparé la ruiiie de Jeur empire. Il doniïa sa GonfiaAce à un eunuque nommé, Bagoas^ se Ht un se-» rail de trois cents concubines^ et ordonna à ses courtisans de suivre Tusage des Perses, et de se prosterner devant lui. Souvent on le yit parsdtre avec la tiare et la longue robe des rois d6 Babylone ; comme eux il passa la plus grande partie de ses jours en jeux et en festins. Cependant^ par un contraste étonnant, il sortait tout à coup de cette mollesse, reprenait les armes, bravait Tardeur du soleil, supportait la faim, la soif, la fatigue, et encourageait par son exemple les soldats à résister. jaux plus rudes travaux. Un jour, toute Tarmée était épuisée parle manque d'eau : on lui en apporta une coupe pleine ; il la refusa, et dit qu'il ne voulait pas, en se sati^aisant lui-même, augmenter la spufTrançe de ses compagnons d'armes. Il découvrit parmi ses esclaves une jeune personne dont la pudeur égalait la beauté : soupçonnant sa noble origine, que semblaient révéler son langage et son maintien, il la pressa de. lui apprendre le secret de sa naissance. Elle lui avoua qu'elle sortait de la famille royale, ainsi que son ' époux, nommé Hydaspe, qui se dérobait, dans une retraite obscure, aux regards et à la vengeance du vainqueur. Alexandre la rendit à son mari et les combla de biens. . -

Sa générosité s'étendait sur toutes les clauses du peuple. Un muletier qui le suivait avec un mulet cbargé d'or, voyant cet animal succomber à la fatigue et expirer, avait pris sa Cbarge siu* ses épaules. Accablé par ce poids, il était près de tomber; le roi lui dit en riant, pour lui rendre les forces et le courage : « Porte cet or comme fu a voudras et le plus loin que tu pourras , car je te le a donne. »

Le caractère d'Alexandre offre un mélange étonnant et continuel de vices et de vertus': ce prince, qui s'était montré si souvent le pèr^ de ses peuples, l'ami de ses offi-

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ciers, le cajnarade de ses soldats , et dont VOrient admirait la simplicité autant que le génie, humiliait les vainqueurs de l'Asie en les forçaîit de fléchir le genou devant lui. fvre d'orgueil, il se faisait adorer comme ^fils de Jupiter. Enfin, on vit ce monarque autrefois si clément, qui avait forcé la famille de Darius à le respecter et même à Taimer, assassiner, dans un mouVement de colère, son . ami Clytus, et, sur un simple soupçon, faire mourir Parménion, son premier maître dans Tart de la guerre et le plus ancien de $es généraux.

Les Macédoniens mécontents se montraient disposés à la révolte; iltf redemandaient à grands cris leur repos, leur liberté, leurs moeurs, leurs familles et leur patrie. Le roi, par ses promesses et par ses discours, parvint à les canner. L'oisiveté faisait fermenter leur humeur ; pour les distraire de ces pensées chagrines, il les conduisit à de nouveaux périls. Malgré les difficultés du pays, il pénétra en Bactriane. Les montagnes arrêtaient sa marche ; pour les franchir avec plus de facilité, il obligea ses guerriers à bmler leurs bagages, et en donna lui-même l'exemple. Ce fut pendant cette expédition que , trompé par des délateurs, il crut, que Parméniori et Philotas son fils tramaient un complot contre lui. 11 fît lapider Philotas , et quoiqu'il n'eût que des soupçons sur Parménion, il résolut sa mort. Mais ce général jouissait d'une grande considération; il commandait une armée en Médie, et tenait sous sa garde le trésor du roi, qui montait à plus de cinq cent millions. Alexandre , s'abaissant à la feinte, lui envoya Polidamas, avec une lettre remplie d'assurances d'amitié. Pendant que Parméhion la lisait et qu'il exprimait hautement ses vœux -pour la gloire et pour le bonheur du roi, Cléandré, son lieutenant, exécutant un ordre cruel, lui plongea un poignard dans le flanc et dans la gorge. Ainsi mourut, à soixante-dix ans, victiùie de la calomnie, ce grand homme qui avait partagé les périls, les travaux et la gldire de son mietltre : il

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n'est pas'de lauriers assez grands pour.couvrir de semblables taches.

Alexandre, après avoir conqnis la Bactriane, poursuivait Bessus abandonné par la plupart de ses troupes. Le traître, voulant se mettre à Tabri de sa vengeance, avait passé rbxuset bnilé tous les bateaux dont il s'était servi. Retiré dans la Sogdiane,il s'occupait à y lever une nouvelle armée, et prenait insolemment le titre de roi et le nom d'Ai?tàxèrce. Alexandre ne lui laissa pas le temps ^j'achever ses préparatifs, et quoiqu'il n'eût ni bateaux ni radeaux, il trouva le moyen de franclùr le fleuve qui l'arrêtait en faisant coucher ses soldats sur des outres remplies de paille, qu'il leur distribua. Spitamènes, confident de Bessus,* le trahit, le chargea de chaînes, lui arracha la couronne, déphira la robe de Parius dont il s'était couvert, et le livra à Alexandre, qui lui dit : « Monstre <x de perfidie, quelle rage de tigre a pu te porter à en- « chaîner et à égorger ton roi et ton bienfaiteur? Ne « souille î)lus ma vue par ta présence et la terre par ta « vie. » Il l'envoya ensuite à Ecbatane. On lui coupa le nez, les oreilles, et après avoir courbé violemment quatre arbres l'un veî?s l'autre, on attacha un des membres de ce malheureux à chacun de ces arbres , qui , en se redressant avec force, le déchirèrent, l'écartelèrent, et rie laissèrent qu'un tronc informe.

Alexandre s'étant avancé jusqu'aux frontières de Scythîe bâtit, sur les bords de lu rivière Jaxarte, une viHe à laquelle il donna son nom. Ge fut alors qu'il reçut des ambassadeurs scythes, qui lui adressèrent ce discours fameux que l'histoire nous a conservé et que nous rapportons : "

« Si les dieux, lui dirent ces fiers guerriers, t'avaient « donné un corps égal à ton âme, l'univers ne pourrait te « contenir : d'une main tu toucherais l'orient et de l'au- «tre l'occident; tu voudrais même i)orter tes pas aux « lieux où le soleil cache ses rayons. Tu désires ce que tu

a ne peuï embrasser : de l'Europe tu yiéns en Asie, de « r Asie tu passes ^n Europe. Après avoir vaincu leshom- « mes, tu voudras vaincre les bêtes féroces et les élé- «ipents; Tarbre est un siècle à croître; un iostant le . a déracine : avant de chercher ses fruits, mesure sa haua teur* crains de tomber avec les branches sur lesi^elleft a tu t'élèveras I II n'existe rien de si fort qui n'ait à rea douter le plus faible ennemi ; la rouille con&ume le fer, « le lion finit par servir de pâture aux oiseaux et aux in- « sectes. Qu'avons-nous à démêler avec toi ? Ton pays ne (( nous vit jamai$;laisse-nons dans nos vastes forêt» igno- « rer qui tu es et d'où.tu viens. Nous né désirons pas la a domination; mais nous ne supportons pas Tesclavage^ a Pour juger la nation scythe, connais ses richesses : cKaa enn de nous a une paire de bœufs, une eharruer, des « flèches et une coupe ; nous nous servons de ces dons du ^ « ciel pour nos amis et contre nos ennemis; nous parta- « geons avec les premiers les fruits du labourage, et nous « faisons ensemble des libations aux dieux; de loin^nous c frappons rénnemi avec la flèche, dé près avec la lance. « C'est ainsi que nous avons vaincu les rois de Syrie, de 0 Perse, de Médie et d'Egypte* Tu prétends poursuivre et « punir leç brigands, toi le premier de tous I Tu as envahi tt et pillé la Lydie, la Syrie, la Perse et la Bactriane ; tu c( menaces les Indiens, et ta cupidité convoite jusqu'^ nos a troupeaux ! Les richesses des nations^ loin de te satisa faire, ne font que t'affamer; la satiété excite ton. appéa tit; la possession enflamme ton désir. Réfléchis a^ pé- <x ril qui te menace l Bactres t'a longtemps arrêté ;. tandis «que tu la k>umets, le» Sqgdiens se soulèvent. Chacune de « tes victoires produit upe nouvelle guerre. Quand tu se- « rais le plus brave et le pll^» ptUssant des hommes^ ap- <r prends qu'aucun peuple ne i^'accoutume à une domina- « tion étrangère I Passe le Tanaïs et contemple l'immense « étendue de nos plaines ; jamais lu- ne pourras nous y sAra teindre; notre pauvreté sera plus agile que tpn armée

(•<Mt4«f. !.*€.] moja». §79

c diargée des dépouilles dû numde ; ta nous croivas loin^ « nous serons dans ton camp : nous savons fuir et pour- « suivre avec iine égale vitesse. Les solitudes des Scythes a sont ujQ objet de raillerie pour les Grecs'^; mais flous «préférons nos déserts aux can^pagnes les ^plus fertiles, à aux villes les plus opulentes. Emploie ta force à bien « serrer ta fortune entre tes mains; elle glisse, elle échappe « souvent aux eflfbrts qu'on fait pour la retenir. L'avenir a prouvera la sagesse de ce conseil. Si tu veux bien goua vemer ta prospérité, jnels-lui un frein. On dit parmi « nous que la fortune çst sans pieds, et qu'elle n'a que « des mains et des f lûmes : elle t'a présenté ses mains. Si « tu veux la; fîxer,^ saisis en même temps ses ailes. Es-tu « un dieu, comme tu le prétends? Tu dois alors enrichir a les hommes, et non les dépouiller. Si, au contraire , tu « es un mortel, mesure la faiblesse humaine. Il est insensé a de s'occuper de l'univers et de s'oublier soi-mèlTO I Tu « fle pourras trouver d'amis que parmi ceux que tu n'attaa queras point. L'amitié veut l'égalité, et les hommes qui « n'ont pas fait entre eux l'essai de leurs forces peuvent « seuls se croire égaux. Ne compte jamais sur l'affection «( des vaincus : il ne peut exister d'amitié entre le nîiattre « et l'esclave ; au sein de la paix, ils conservent les souvca nirs et les droits de la guerre. N'exige pas de serment « dés Scythes; leur serment, c'est leur parole. Nous lais-*" a sons aux Grecst ces précautions honteuses qui rendent a les dieu:^ témoins et garants des traités. La boune foi, et voilà notre religim. Qui ne respecte pas les hommes « trompe les dieux; et tu ne dois pas désirer d'amis ^ont a tu soupçonnerais la sincérité. Nous t'oflfrons d'être pour « toi les gardiens de l'Asie et de l'Europe. Le Tanaïs nous « sèj^are de la Bactriane; au delà de ce fleuve nous ocacupons toutes les contrées qui s'étendent jusqu'à la « Thrace, dont les frontières touchent, dit-on, à la Macé- « doine. Voisins de tes deux empires, examine si tu veux a nous avoir pour amis ou pour ennemis, »

2S0 PEUPLES b'àsie. [At. J.-C àso^i.]

Le roi leur répondit^ en peu de mots, qa'il userait de sa fortune et de leurs conseils : de sa fortime, en continuant d'y prendre confiance ; de leurs conseils, en n'entreprenant rien témérairement.

Alexandre était décidé, non à conquérir la Scythie, mais à punir les Scythes, qui avaient récemment promis des secours à Bessus. Il voulait de plus ajouter à sa gloire Tédat.d'un triomphe sur une nation jusque-là invindble. Quelques jours aprés^ malgré la dMeiise courageuse de ce peuple vaillant, il passa le fleuve et remporta une grande victoire ; mais, après la bataille^ il renvoya les prisonniers et accorda la paix aux Scythes, pour leur, prouve^ qu'il n'ambitionnait que l'honneur de les vaincre.

Le roi fit plusieurs autres expéditions ; il subjugua les Massagètes. Étant entré dans la province de Bazarie, il en donna le gouvernement à Clytus, qui lui avait sauvé la vie à Ja bataille du Grauique, Mais^ au milieu d'un festin, ce vieux guerrier, échauffé par le vin , éleva ses propres exploits et ceux de Philippe au-dessus des actions d'Alexandre; il osa même reprocher au roi la mort de Parménion. Le prince, irrité, l'accusa d'ingratitude et de lâcheté. Clytus lui rappela qu'il lui devait la vie, et ajouta que, puisqu'il se faisait adorer comme tm dieu par les Barbares, il n'était plus digne de vivre avec des hommes libres ni d'entendre la vérité. Alexandre, transporté de fureur, le perça de sa javeline, en lui disant : « Va retrouver Philippe et oc Parqiénion. » Sa colère, éteinte dans le sang de son ami, fit bientôt place aux plus violents remords. Il passa la nuit et les jours suivants dans les larmes fil restait étendu par terre dans sa tente, son silence n'était interrompu que par ses soupirs et par ses gémissements. Ses amis commeneèieut à craindre qu'il ne succombât à sa douleur. AristiSmdrc le soulagea en lui persuadant que Clytus, lui étant a|Tparu, lui avait dit que sa mort était l'effet d'un inévitable arrêt du destin: Callisthène et Anaxarque enaployèrent pour le consoler ,t^ik» les moyens .que pouvait leur in-

[3a0.821 av. l.-C] PERSES. 2l8i

spirer la philosophie. Ânaxarque se servit tour à tour du laiiguge des reproches et de celui de la flatterie : il hlâma Ij roi de se lu.isser vaincre par l'affliction , comme un esclave par le châtiment. Il lui soutint que sa volonté était la loi Suprême de ses sujets, et qu'il n-avait point vaincu t|fnt de peuples pour se soumettre au -s|ieu. Alexandre, plus juste et plùs^ sévère, voulait mourir et refusait toute nourriture. Les Macédoniens déclarèrent, par un décret, que la mort de Clytus avait été un acte de justice. Ainsi lés hommes, dans leur bassesâe, forgent leurs, chaînes et se plaignent ensuite de leur esclavage!

La guerre seule pouvait distraire Alexandre de ses peines : bientôt le bruit, des armes dissipa sa mélancolie; il entra dans le pays des Saces et le ravagea. Reçu chez un des grands de cette contrée, qu'on appelait Oxiarte, le roi devint amoureux de sa fille, nomnaée Roxane, dont l'esprit égalait la beauté, et il 1 épousa. Ce mariage fit naître dans le cœur des Macédoniens de profonds ressentiments : ils ne pouvaient supporter qu'un Barbare fût le beau-père de leur roi; mais comme le meurtre de Glytûs inspirait là crainte, la colère se cacha sous les formes de la flatterie. ' . .

L'ambition d'Alexandi^e n'avait de bornes que celles de la terre ; il résolut de porter la guerre dans les Indes. Ayant augmenté son armée de trente mille Perses, il voulut qu'eUe égalât en magnificence celle des Indiens : les cuirasses furent ciselées d'or et. d'argent, on fit garnir des mêmes métaux les boucliers des soldats; les chevaux mêmes portaient des brides dorées. Rival de Bacchus, il voulait entrer dans l'Inde, non comme un guerrier, mais . comme un dieu. Déjà les Perees se prosternaient devant lui; il prétendit engager les Grecs à suivre cet exemple.

A la fin d'une fête pompeuse, pendant un festin que lui donnaient les grands de l'empire, il se retira dans sa tente et laissa Cléon , son confident, chargé d'insinuer ses . intentions et dbit^ sonder les volontés. Ce coiurtisan docile

Îg2 PEUPLES^ D'ASIE. [Ar. I.-C. dW-Sti.}

cita Texemple- des Perses, fet proposa aux convives d'adorer Alexandre lorsqu'il rentrerait. Le philosophe Callisthène, paretitd'Aristote, dit à Cléon'que si le foi était présent, il' repousserait prohablement cette basse flatterie ; ipi'Alexaiidre, digne de tous les hommages dus à un mortel aiîssi grand que lui, ne pouvait prétendre à ceux qui sont le partagé dés dieux; qu'on avait attendu la mort de Gastor, de PoUiix et d'Hercule pour reconnaître leur divinité; que l'exemple des Perses ne servait pas de règle à de» hommes libres^ et qu'on ne devait point oublier qu'Alexandre avait passé THellespont pour assujettir l'Asie et non la- Grèce. Cette réponse fut suivie d'un profond silence qui marquait assez l'approbation des assistants. Alexs^udre^ caché, entendait tout. Il rentra dans la salle du festin et tourna l'entretien sur d'autres objets. Lorsqu'il sortit, les Perseà seuls l'adorèrent. ,

Peu de temps Jiprès, le roi accusa Callisthène de conspiration et le fit périr. La mort.de ce^philosophe déshonora la mémoire du monarque , et fit dire dans la'suite à Sénèque : « Si, pour, me faire admirer Alexandre, on me dit « qu'il a vaincu deé millliers de Perses, détrôné le plus « puissant des rois, subjugué des peuples sans nombre, « pénétré jiisqu'à TOcéan et porté les bornes de son em- « pire depuis le fond de la'Thràce jusqu'aux extrémités « dé l'Orient, je répondrai : Oui; mais il a tué Callisthène, « et cë^ crime efface sa gloire. »

Le roi, pour' faire diversion aux murmures de ses sujets et accroître l'éclat de sa renommée, hâta ses préparatifs et entra dans les Inde?, à la tête de cent-mille hommes. Tous les petits rois des frontières vinrent se ranger sous son obéissance ejt l'adorèrent comme frère de Bacchus. Les premiers Indiens qui lui résistèrent furent promptement battus. II s'empara de plusieurs villes, entre autres de Nice, d'Acadèré et de" Bazica. Au siège de Mazague, il reçut à la jambe un coup de flèche; comme cette blessure le faîsairbcaucoup souffrir; il s'éferia, dit-

[a80-8tiaT.i.-<:.3 perses. t83

on, dan^n accès de douleur .r« On m'assure en vain que « je suis fils de Jupiter ; cette plaie me fait trop sentir que « je ne suis qu'un homme,' » En avançant dans le pays, il trouva un roi nommé Omphis, dont le père venait de mourir. Ce prince ne voulut pas monter sur le trône -sans la permission du vainqueur de TAsie. llvint au-devsuat d'Alexandre et lui dit qu'ayant appris qu'il ne combattait que pour la gloire, et qu'on pouvait compter sur sa loyauté, il venait lui. soumettre son armée, ^on royauAe et sa personne. Il lui fit de grands présents et lui donna duquantesix éléphants. Lé succès a décidé les historiens à donner des éloges à cet acte de faiblesse. Ils l'auraient appelé bassesse si Alexandre eût été vaincu par Porus. Alexandre, disent-ils, ne se laissa pas vaincre en générosité, et rendit le diadème à O^^is, qui prit le nom de Taxile. A sut par lui que Porus était le plus puissant et le plus redoutable des rois de l'Inde. Arrivé sur les bords de l'Indus, il reçut une ambassade d'un autre prince nommé Abisare, qui lui soumit aussi ses États. Toutes ces démarches, dictées parla crainte, faisaient croire au vainqueur du monde que Porus suivrait l'exemple des autres rois ;~ il lui ordonna de paye^ un tribut et de venir au-devant de lui. Porus lui répondit qu'il le recevrait sur la frontière, mais que ce serait lés armes à la main. En effet, il s'avança jusqu'au bord de l'Hydaspe avec trente-six mille hommes, . quatre-vingt-cinq éléphants et trois cents chariots.

Les premiers efforts des Macédoniens pour passer, le fleuve furent inutiles* Ce succès augmenta l'esi^érance et la fieftéde Poriis .: mais Alexandre, après l'avoir' attiré par ime faussa attaque sur un point du fleuve , le passa la nuit dans un autre endroit. Ce fut en traversant l'Hydaspe, en présence de tant d'ennemis, et malgré la fureur d'un affreux orage, qu'il s'écria : « 0 Athéniens î croiriez-vbus « que c'est pour mériter vos éloges, que je m'eîjpose âMe « sî grands dangers?» Le roi, aydtat battu un détachemeût ènCTemi et tué le fils de Porus qui s'y trouvéJt, attaqua son

*|84 PEOTLES D'ASIB. [A?. J.-C. 930-911.]

armée entière; sa cavalerie/ gar des manœuyJÉé habiles, tourna et prit en flanc les Indiens. La phalange macédonienne^ s'avançant alors, eflfraya et chassa les éléphants qui lui étaient opposés ; ensuite elle chargea avec vigueur le centré des ennemi?, les enfonça et les mit en pleine déroute. Les* Indiens perdirent dans cette bataille vingt mille hommes de pied et trois mille cavaliers : les deux fils de Porus y périrent. On brisa tous les chariots, et les'éléphants furent pris éù tués. Porus, plus courageux, que le roi de Perse, tint ferme sur le champ de bataille tant qu'il y vit quelques hommes armés-; enfin, se trouvant seul et blessé, il se retira monté sur son éléphant. Alexandre le contemplait de loin ; il admirait également sa haute taille et son intrépidité. Résoluble le sauver, il lui envoya Taxile pour rengager à se rendre : mais Porqfti Tayànt reconnu, lui reprocha sa trahison, et allait le percer de son dard, s*ilne se fût promptement dérobé à ses coups.

Le roi lui envoya Méroé et d'autres officiers : ils eurent beaucoup de peine à lui persuader qu'il devait céder au destin. Enfin, voyant que toute résistance devenait inutile, il se rendit, et s/approcha des Macédoniens sans paraître abattu par sa disgrâce. Sa contenance, fière et noble, était celle d'un guerrier vaillant qui connaît tous ses droits à Testime du vainqueur. Alexandre lui dit : « Porus, coma mept voulez-vous que je vous traite? -— En^rd, lui réa pondit le monaçjue indien. — Mais, reprit Alexandre, a ne demandez-v<9ius rien de plus? — Non, répliqua Poinis, o tout est «compris dans ce seul mot. »

Le roMe Macédoine, frappé de cette grandeur d'àmc, ne se borna pas à lui laisser son royaume; il y ajouta de umivelles provinces, et Je combla: de marques d'honneur et d'amitié. Porus lui demeura fidèle . jusqu'à la mort.

Alexandre bâtit une ville dans le lieu où il avait passé le fliuve, et & nommaNic^. Il en fit construire une autre sur le champ de bataille, «qu'il appela Bucephala, pourperpé-

CaaO-Mt «V. J.-C.] PEB6ES. i85 #

tuer la mémoire du fameux coursier de ce nom^ qu'il moHtait, et qui périt dans ce combat. .

Ce pi^ince croyait que la gloire diminue quand elle ne s'accroit pas : cette idée le rendit insatiable de conquêtes; il continua sa mârcbe dans les Indes, traversa plusieurs fleuves, prit un grand nombre de villes, défit en bataille rangée les Gatbéens, et rasa leur capitale. Un jour, marcliant à la tête de son armée , il rencontra des brabmaikes, qui étaient de^ sages du pays et en formaient la première caste. Leur puissance près des rois égalait celle djes mages de la Perse et des prêtres de TÉgypte» '

A Taspect du roi , ils frappèrent la terre de leurs pieds; et comme il leur en demandait la raison, ils répond irient que personne ne possédait de cet élément que ce qu'il pou- ,vait en occuper ; qu'il n'était différent du reste des bommes que par son ambition; mais qu'après avoir parcouru et ravagé lout le globe, il ne garderait après sa mort que IJespace de terre nécessaire à sa sépulture. Il ne leur sut pas nàauvais gré de cette bardiessc : son esprit approuvait les conseils de la pbUosopbïe, mais ses passions Fempccbaient d'en profiter^ '

Il eut plusieurs entretiens avec Calanus, l'un des cbefs des brahmes : il admira leur science ; eux-mêmes voyaient avec surprise ce mélange de passions et de sagesse qui Qaractérisait Alexandre. Le langage des paraboles était commun en Orient. Calanus prit jine fois un cuir très-Sec, et, appuyant le pied sur un des l)OUts, il fit remarquer au roi que tous les autres se relevaient d'eux-mêmes avec force. « Vous voyez; disait-il, qu'en quittant le centre de vos « États, ' lorsque vous pesez sur l'une des extrémités du « monde, vous obligerez toutes les autres à se soulever. »

Le projet d'Alexandrie était de s'avancer jusqu'au Gange, que défendait le^oi des Gangariens à la tète de deux cent mille bommes. Mais les Macédoniens, fatigués de tant de courses et de périls, iaprôs avoir montré une grande consternation sur le bruit de cette nouvelle eiitrep^ise, é<*lutè-

rent Ji>i6&tàt aé'mormQres amyenûls. Alesandre^ instadt de ce f umiilte;, ttàrangua ses soldats, et s'efforça vameniéat de leur rappÀler â^ec quelle facilité ils avaient triomphé de tant d'obstSclos que Ton disait insurmontables; il leur reprocha d'oublier le nombre de leurs trophées et de compter celui de leurs ennemis. Il leur dit (^'une retraite intempestive paraîtrait une fuite et en aurait tout le danger ; enfin, quittant le ton de Fautorité et descendant à la prière^ il les conjura de ne point abandonner^ non leur roi^ mais leur nourrisson et leur compagnon d'armes, et de né pas briiser dans ses mains la palme d^Hercule et deBacchus.

L'armée resta dans un silence plus redojitable que ses murmures. Le roi^ krlté^ dit à ses soldats de fuir s'il» le voulaient, et de retourner en Grèce; mais que pour lui, à la tête des Scythes et des Bactriens^ il continuerait à cher« cher la victoire ou la mort.

Ces paroles touchantes n'excitèrent aucun mouvement. Tous ces vieul guerriers contemplaient tristement leurs blessures^ et persistaient à garder un siletice morne^ ppiniâtre-et glacé. Aucun n'osait prendre la piii'ole^ craignant le sort de Clytus et de Gallisthène. Eiifin un murmurtt. léger, croissant peu à peu, finit par éclater en géiîu^À6ments et en pleurs si universels, que le roi lui-H^èlfl^ dé? sarmé ne put s'empêcher de verser aussi des larmes. Un de ses vieux généraux, Gœnus, ôtant son casque, ainsi que l'çxigeait la coutume lorsqu'on voulait parler au roi, lui dit : « Nos cœurs ne sont point changés; nous vous' sui- * <( vrons au péril de nos vies; mais écoutez les plaiiltes 4 a qu'une dure extrëanité arrache au respect. Nous avons « fait tout ce que des Wrames pouvaient faire; nous avons « conquis un monde ; vous en cherchez un autre . Vous voua lez conquérir de nouvelles Indes, inconnues même à la a plupart des Indiens. Cette pensée, digne de votre couac rage, surpasse le nôtre. Voyez nos corps couverts de « plaies ; 'vos exploits ont vaincu non-seulement vos enne- « mis, mais vos propres soldats. Comptez ce qui est parti

[•MM «f . h-C] ^RsA

c avec TOUS ; voyez oe qui vous reste. Ce peu d%ommes, c échappés à tant de périls, soupirent après leur famille et « leur patrie. Pardonnez-leur ce désir, très-naturel, de jouir a quelques instants de vos victoires. Mettes des bornes à. c votre fortune, que votre m^iUMrtMSjî^e peut arrêter, c II vous sera aussi glorieux de vous étfè laissérvaincre par « nos prières que d'avoir vaincu tous vos ennemis. »

Les soldats, appelant Alexandre leur père, JKgnirent leurs cris aux supplications de Cœnus. I^ roi, peu accoutumé | ' fléeliir, ne céda pas encore^ et s^enferma pendant deux Jours dans sa tente, espérafit peut-^tre quelque changemeùt soudain dans les esprits ; mais enfin^ vaincu par la résistance générale, il ordonna la retraite. Jamais aucun triomphe n'excita autant de transports : Tamour et l'admiration de ses sujets le payèrent du sacrifice de son ambition.

Il n'avait employé que quatre mois à la conquête de llnde. Avant .&eti sortir, il fit dresser douze. antels^pour rendre grâoés aux dieux de ses victoires, donna toutes ses^cop^è--' tesàT^^s, et te réconcilia avex; Taxâ^^^MMpPsur les bords de l'Aline, il y perdit Cceof^S^^^v^rUis et sa fev^eté firent autant regrette]v<f^2HRlènts et $(m co^u- . rage. L'homme qui sait dire m 4tl0ie aux rois est pendant sa vie, dan» les caïaaps ^^omlhe' dans les cours, uîi phéno-. mène rare; sa ^^^^wne perte irrépâ];siMe*.

Le roi fitenriSmrql^^n armée surîSuit cents vaisseaux, et descendit en cinq jours l'^dèsioè, jusqu'au confluent de l'Hydaspe; Là il eut à combattre les plus vaillants peuplés de l'Inde, les Oxidraques, les MaUiens, et les défit en plusieurs rencontres. Mais, au siégé de la ville des Oxidraques, son ardeur bouillante l'exposa à une mort presque certaine . Trouvant 4u'on tardait trop à donner l'assaut, il arrache une échelle de la main d'un soldat^ et couvert.de son bouclier, il arrive sur le haut^lumur, suivi seulement de Peu ceste et de Limnée. Tous ses guerriers se précipitent sur les . échelles pour le seconder; mais elles se birisent sous leur pdds, et le roi reste seul et sans secours. Il était en butte à

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tous lés traits- qu'on lui lançait des tours et du rempart : alors, par une témérité inconcevable^ il saute dans la vîUe^ risquant d'être pris avant de se relever. Mais, toujours favorisé par la fortune, il se trouva sur ses pieds^ écarta avec son épée ceux qui .se précipitaient pour l'entourer, et tua le chef des ennemis au moment où il voulait le percer avec sa lance. Ayai^t vu près de là un gros^ arbre, il s'appuya contre son.tronc, recevant sur son bouclier tous les dards qu*on ne lui lançait que de loin,, car fion audace intimidait les assaillants et les empêchait d'approcher. Enfin un Indien lui décocha une flèche longue de trois pieds, qui, perçant sa cuirasse^ entra fort avant dans son corps. Le sang sortit à gros bouillons : ^es armes. tombèrent; et ce conquérant du monde, étendu sans connaissance sur la terre, dans une rue étroite d'une ville obscure, paraissait près d'y perdre à la fois sa couronne, sçi gloire et sa vie.

Celui qui l'avait blessé accourut pour le dépouiller : Alexandre, réveillé parles efforts et ranimé par la vengeance, lui plongea un poignard dans le flanc. Au même instant quelques-uns des principaux officiers du roi, Peuceste, Léonat, Limnéfe, arrivèrent près de leur prince, çt lui firent un rempart de leurs corps. Il se livra un grand combat autour de sa personne : enfin les Macédoniens, ayant enfoncé les portes ^e la ville, s'en emparèrent et passèrent les habitanls au fil de Fépée, sana distinction d'âge ni de sexe. Alexandre, transporté dans sa tente, soutint avec courage des opérations douloureuses. Au bout de s[ept jours, iljse fit voir à son armée, que le bruit de sa mort remplissait de coiisternation. Les peuples qu'il combattait, vaincus par sa renommée plus que par. ses armes, lui envoyèrent des ambassadeurs et se soumirent.

Tous les généraux macédoniens vinrent, au nom de l'armée, reprocher au roi sa témérité et le conjurer de ne plus exposer sans nécessité une vie si précieuse. 11 leur exprima sa reconnaissance, ei ajouta qu'il mesurait la durée de son nom sur la grandeur de ses actions, et non

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sur la longueur de ses jours; il ne souhaitait de conserver sa vie que pour jouir plus longtemps de leur amitié, que leurs elforts pour borner sa carrière de gloire Taffligeaienf d'autant plus, que le pays où 11 se trouvait lui rappelait qu'une femme (Sémiraihis) avait fait plus de cbnquéteâ que lui. . . - , .

Dès qu'il jfut rétabli, il s'embarqua pour descendre THydaspe. Son armée de terre côtoyait le lleuvé. Quelques peuples, effrayés par le bruit de son nom, reconnurent son autorité ; d'autres résistèrent ii^utilement.

Après neuf mois de marche, il arriva à Patate, Où le fleuve se partage en deux larges bras, et forme une ile semblable au Delta. Il y fît construire une citadelle, upi port, et descendit jusqu'aux bords de l'Océan. La vue du tlux et du reflux de la mer parut aux Gtecs un phénomène aussi nouveau qu'effrayant.

Alexandre fit un sacrifiée à Neptune, revint à Fatale, et chargea Néarque de conduire sa flotte sur la mer et de reconnaître toutes les côtes, depuis l'indus jusqu'au fond du golfe Persique. Lès détails de cette hasardeuse naviga^ tiou nous put été conâenrés par Amen.

^ Le roi, avec son armée forte de cent trente-cinq mille hommes,, reprit par terre là route de Babylone, et traversa des pays stériles, oùla disette devint telle, qu'<oii fut obligé de manger les chevaux et les bêtes de somme.

La fatigue et une nourriture malsaine répandirent dans l'armée la pesté, qui fit mourir un grand nombre de s(d« dats. Après soixante jours de marche, on retrouva l'abondance dans'la province de Gédrosie. Arrivé ensuite dans la Carmanie, Alexandre y donna le spectacle, non du triomphe d'un conquérant, mais de la marche ûe Bacchus. 11 était traîné sur un chariot magnifique ; on y avait dressé un théâtre où il passait lés nuits et les jours en festins et en débauches. Les chars qui le suivaient présentaient la forme, les uns de tentes ornées de pourpre, les autres de berceaux couverts de fleurs. Sur les bords des chemins, I. 17

aint portes de fontes les maisons, on airait j^cé des tonnes où- les soldats pnisaient du TÎn à ▼olcmté. L'air retentissait da son des instmments et des chants des courtisanes. Cette mardie dissolne dura huit jours. L'ivresse âa vainqueur^ qooiqae digne de mépris, paraîtra pent-être encore moins étonnante qne l'abattement des yaincns, qni aurai^it pn facilement l'attaquer dans ce désordre et briser lenrs chaînes. Néarque, arrivé dans l'Ued'Onnnsia, aujourd'hui Ormusy vint trouver Alexandre, et lui apprit l'henreui^ retoqr.de sa flotte qu'on croyait perdue^ . Le roi reçut de toutes parts de vivéis plaintes contre les rapines des officiers qui commandaient en Perse pendant son absence. Pour venger les opprimés, il fit mourir les coupables ; et cet acte de justice et de sévérité afiOBrmit s^ domination.

Comme il se trouvait à Pasargades, Orsine, gouverneur de la province, fit de magnifiques présents à toutes les personnes delà cour, excepté à Bagoas, disant quHl honorait les amis du roi, mais non pas ses eunuques. Ce vil favori s'en vengea bien cmeUement. Le tombeau de.Cyms était dans cette viUe : Alexandre voulut rendre les. honneurs funèbres au fondateur de l'empire des Perses. On ouvrit le tombeau dans la persuasion qu'il contenait des trésors : on n'y vît d'autres richesses qu'un bouclier, deux arcs et un cimeterre. Le rci plaça sur l'urne sa couronne d^or et son manteau; mais il s'étonna de ne point trouver dans la tombe les trésors qu'on y disait renfermés. Bagoàs répondit que les sépultures des roi^étaiént vides, quand les maisons des satrapes regorgeaient de Tor qu'ils en avaient tiré. Il savait, disait-il, de Darius lui-même, que le tombeau contenait d'imtnenses richesses; ainsi l'opulenee d'OrSîrie provenait évidemment 'des dépouilles dé Cjnrus. Alexandre crut son favori; Orsine subit la moH;.

Ce fut dans cette ville que le brahme CalanuSj âgé de ^atre-vingt-trois ans, voulant terminer sa .carrière, fit dresser un bûcher, et s'y brûla après avoir embrassé ses

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anri^, auxquels il dit de continuer leurs festins avec Alexandre ;.mais que, pour lui, il reverrait dans peu ee prince à Babylone. Ses dernières paroles furent regardées depuis comme uuq prophétie.

Le roi, pour remplir les intentions du brahme, donna Hn fçrand repas dans lequel il proposa .pour prix une. cour ronne dW à eelui qui boirait le plus« Promacbus Teiârporta : il but jusqu'à vingt pintes, et ne survéclut à sa vior " toire que trois jours. Quarante-un des convives mounureut des suites de cette débauche. Alexandre se rendit à Perr «épplis^ dçnt les ruines e&citèrent ses remords. De là il vint à Suze ôt rencontra sur la rivière de Pasytigris sa flotte que Néarque avait ramenée.

Les filles de Darius étaient à Suze. Alex^dre. épousa rainée, appelée Btatiro^ et donna la plus jeune à Ëpbestion. Par ses ordres tous les officiers macédoniens épouséjrent dl^sfilles tenant aux plus nobles familles de Perse.

Le rqi donna un festin à neuf mille personnes pour célébrer toutes ces noces qu'exigeait la politique^ afin de cinîenter Tuniou entre les vainqueurs et les vaincus. Chaque convive reçut une coupe d'or pour faire des libations. Alexandre descendit le fleuve Eulée^ et longea la côte du golfe Persique jusqu'à l'embouchure du Tigre. Il désirait voir encore une fois la mer. Ou prétendit même qu'excité par le succès 4e Néarque, il avait conçu le projet de s'embarquer l'année suivante et de faire le tour de l'Afrique,

Décidé enfiu 4 récompenser les plus vieux de ses guerriers, il déclara qu^ tous ceux qui se trouvaient, par leur ôge et leurs blessures, hors d'état de servir, pouvaient retourner en Grèce? Cette grâce, si vivement demandée 4U milieu des Indes, excita dans ce moment le mécontentement des troupes, et les porta à la révolte : tant ç^^X. grande la mobilité des hommes et particulièremjent des soldats! Us entrèrent en fureur, s'écriant qu'on voulait donner à de nouvelles levées les fruits de leurs sueurs et à& lieur sang. Le roi, assiégé par leurs olanieurs, loin de

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