PEUPLES D'ASIE. [AT. I.-C
cédfir à leurs menaces, s'élança de son tribunal, fit saisir et fconduire au supplice treize des principaux factieux, cassa son ancienne garde, et la remplaça par des troupes persanes ; sa sévérité étouffa la sédition. Toute l'armée, jetant ses armes, entoura sa tente, et déclat*a qu'elle ne quitterait point ce lieu sans avoir obtenu sa grâce. Le roi leulr piardonna et combla de biens ceux qui voulurent retourner dans leur pays.
Il se rendît ensuite à Ecbatane^ où il perdit Éphestion, le plus cher de ses^ amiç ; car il avait coutume de dire ' qiie d'autres aimaient le roiy mais que lui aimait Alexandre. Pour faire diversion 4 sa douleur, il conduisit son armée dans les montagnes.de la Médie, contre lesCosséens^ que jamais aucun roi de Perse ne put dompter. Il les subjuguia en moins de quarante jours, passa le Tigre, et prit lia route de Babylone. Lorsqu'il fut près de cette capitale, les Chaldéens, qui passaient pour de grands astrologues, le prièrent de ne point entrer dans la ville, parce qu'il devait y trouver la mort. Les philosophes grées qui suivaient le roi lui démontrèrent^ suivant les principes d*Anaxagore, la fausseté de ceux de l'astrologie. .Alexandre les crut : d'ailleurs il savait que les ambassadeurs des rois et des républiques de l'Orient et de toute l'Europe s'étaient rendus à Babylone pour lui présenter leurs hommages. Ne voulant pas perdre un pareil triomphe, il fit dans Babylone une magnifique entrée, donna audience aux am bassadeurs, reçut leurs dons et les combla de présents. 11 accepta même le titre de citoyen que Corinthe lui accordait, parce qu'il apprit qu'Hercule avait été jusque-là le seul étranger qui eût reçu cet honneur.
Il écrivit une lettre qui devait être lue aux jeux olympiques pour ordonner à toutes les villes de la Grèce de rappeler leurs exilés, chargeant en même temps Antipater d'employer la force des armes contre les peuples qui refuseraient d^obéir.
' 11 s'occupa ensuite des funérailles d'Éphestîon, qu'il
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voulait rendre aussi célèbre? que celles de Patrocle.. Cette pompe funèbre et la construction du toqibeau coûtèrent trehtérsix millions.
Le roi passa près d'une année à Babylone^ s'occupant à Tembellir, et roulant dans son esprit dévastes projets que le sort ne lui permit pas d^exécuter.
A la fin d'une nuit passée dans la débauche, il but à la santé de chacun dés convives; se faisant alors apporter la coupe d'Hercule^ qui tenait six pintes, il là vida tout entière; rayant encore remplie et épuisée de nouveau, il tomba sans connaissance ; une fièvre violente le saisit. Dans les intervalles tle ses accès, il continuai donner des ordres pour une expédition militaire qu'il avait projetée; maisenfin^ sentant sa faiblesse, n'ayant plus d'espoir, perdant presque la voix, il donna son anneau àPerdiccas, eu lui recommandant défaire porter son corps au temple d^Ammon. Tous les soldats, entourant le palais, demandaient à grands cris de voir encore leur roi. Par son ordre, les portes furent ouvertes. Ses vieux guerriers, les yeux baignés de larmes, passèrent tous devant lui et se prosternèrent à ses pieds pour baiser sa main mourante. Les grands de sa coiu* lui demandèrent à qui il laissait l'empire. Il répondit : « Au plus digne. Ce, prix, ajouta-t-il, « sera bien disputé , et me prépare d'étranges jeux fu- « nèbres. » '
Perdiècas voulant savoir quand il désirait qu'on lui rendit les honneurs divins, il lui dit : « Lorsque vous serez « heureux. » Après ces paroles il expira.
Il avait vécu trente-deux ans huit mt)is, et en avait régné douze. Sa mort arriva au miUeu du printemps de la première année de la 114® olympiade, l'an du monde 3683, avant Jésus-Christ 321 ans.
Plutarqite et Arrien assument que là débauche seule eausa sa mort, et que son corps, exposé publiquement,demeura quelques jourà sans se corrompre , malgré la chaleur du climat de Babylone. .Quinte-Ciirce et Justin, pré-