PEUPLES P'aSIE. [At. i.^. 8S1-30A
se partagèrent l'eifipire et admimstën^nt leurs provinces plus en monarques qu'en gouverneurs. On donna lallirace et les régions voisines à Lysimaque; la Macédoine et TÉpife, à Antipater; le reste de la Gfèce, à Cratère; Ptolémée, fils de Lagus, eut en partage l'Egypte ; Antigone, la Lycie, laPamphille et la Phrygie ; Cassândre gouverna la Carie ; Ménandre, la Lydie ; Léonat, la petite Phrygie; Néoptolème, r Arménie.
La Cappàdoce et la Paphlagonie résistaient encore aux Macédoniens sous le commandement d'Ariarathe. Ëumène fut'chargé de soumettre ces deux provinces et d'y com-. mander. Laomédon reçut la Syrie et là Phénicie; on donna l'une des deux Médies à Atropate, l'autre à Perdiccas. Le gouvernement dé la Perse échutaPeuoeste; laBabylonie, à Ar<!hon ; la Mésopotamie, à Arcésilas ; la Partbie et l'Hyrcanie^ à Phratapherne; la Bactriahe et la Sogdiane, à Philippe. Séleucus eut le commandement de toute la cavalerie; Cassândre, fils d'Antipater, celui de la garde royale. La haute Asie et les Indes restèrent sous le pouvoir des gouverneurs qu'Alexandre y avait établis.^
Tel fut le premier partage que depuis , changèrent les événements d'ime guerre longue et sanglante. L'Europe, TAsie et l'Afrique furent dédûrées par les armes de ces nombi'eux rivaux qui se détrônaient tour à tour, et l'immense héritage du héros macédonien, finit, comme oh le verra bientôt, par se. diviser en quatre mojiarchies principales, qiû succombèrent successivement &ous les armes de3 Romains, et devinrent des provinces de ce vaste empire. Rome, à son tour , après avoir vaincu et dominé toutes les nations civilisées, s'afifaiblit par l'abus de son pouvoir, se ruina par l'excès de ses richesses, et fut renversée par les barbares du septentrion .
Parmi lei généraux qui se disputaient les dépouilles de leur roi, Eumène seul montra plus de vertu que d'ambition. H resta attaché au parti d'Aridée et d'Alexandre, fils de Koxane. Ce gétiétal, né en Thrace, d'une famille ôb-
scare, s'était fait remarquer dès sa jeuacsse par ses rares qualités. Philippe se Tattacha. .Alexaudre lui. montra la même estime et la méi^e confiance. Il lui fit épouser la sœur de Barsine, la prepiière personne qu'il avait aimée en Perse; mais toute la famille de ce grand hoiiime était réservée au. malheur par le sort. Sisygambis, sa bellemère, fut si afiiigée de son trépas qu'elle ne put y survivre. Ses deux petites-filles , Statira, veuve d'Alexandre, et Drypatis, veuve d'Éphestion, ne tardèrent pas à la suivre au tombeau.
Roxane craignait que Statira ne fût enceinte, et qu'un fils qui auraithérité des droits de Darius et d'Alexandre ne détrônât le sien. Elle invita le&deux sœurs à venir chez elle et les fit mourir secrètement par les conseils et les secours de Perdiccas. Le premier trouble qui s'éleva dans l'empire vint des colonies grecques qu'Alexandre avait établies dans l!Asie supérieure. Les vieux guerriers qui les composaient n'habitaient qu'à regret ce pays. Ils se révoltèrent, et s'étant réunis au nombre de vingt mille hommes d'infanterie et dé trois mille de cavalerie sous le commandement de Philon, ils se préparèrent au départ. Perdiccas, prévoyant les suites d'une pareille entreprise, dans un moment' où tant de gens aspiraieut à l'indépen* dance, envoya Python avec un corps d'élite pour les cotn^ battre. Python essaya d'en gagner une partie afin d'augmenter ses forces et de se rendre lui-même indép^dant; mais les troupes qu'il commandait , plus obéissantes, que lui aux ordres de Perdiccas, combattifent les révoltés, les exteôftinèrent et égorgèrent même les trois miUe hommes qui\vîkient capitulé avec Python.
A. peu près en ce même temps, le peuple d'Athènes, dans l'ivresse delà joie que lui causait la mort d'Alexandre, secoua le jftug des Macédoniens, invita toutes les villes grecques à briser leurs chaiubs , et'» entreprit coiitre Antipater, malgré les couseils de P^ocion, une guerre appelée g^nerre Lamiaque* Tous les Grecs^ excepté les Tlié-
to8 PEUPLES D'ASIE. [Ar. L^I. #»t-8 W.]
baingr^ y prirent part ;Xéosthène les Gommandait. Alexandre, comme tous les conquérants, dépeupla ses États pour envahir les pays lointains. Antipatér, menacé d'une attaqué générale, né put réunir et armer quç quatorze mille îiômmes. Il avait écrit en Phrygié et en Ciliéîe à Léonat et â Cratère pour les inviter à venir à çon secours; et, sans les attendre*, il s'avança témérairement à la tête de sa petite armée pour combattre les Grecs , croyant sans doute qu*ils avaient perdu à la fois l'amour et Thabitude de la liberté, et que le nom seul des Maoédouieûs devait commander, la victoire. S^ flotte, composée de cent dix galères , longeait les côtes de la mer ; leB Thessaliens se déclarèrent d'abord pour lui,. mais ensuite ils se joignirent aux' Athéniens et kur donnèrent une forte cavalerie. L'armée des alliés était nombreuse et vaillante ; Antipater ne put soutenir son choc; vaincu dans un premier combat, il n'osa en hasarder un autre , et, ne pouvant se retirer sans danger en Macédoine, H se renferma dans la petite ville de Lami'a en Thessalie, pour attendre les secours qui devaient lui venir d'Asie^ Les Athéniens l'assiégèrent; Tattaque fut vive et la résistance opiniâtre. Léosthène, voyant ses assauts inutiles, bloqua la ville pour l'affamer. Les assiégés, privés de subsistances, fui'ent bientôt réduits à la dernière extrémité. Cependant ils firent encore une vigoureuse sortie, dans laquelle Léosthène reçut une blessure mortelle. Antipliileprit le cominandement des alUés. Sur ces entrefaites, Léonat accourut d^Asie pour, secourir les Macédoniens; mais les alliéaenipê'chèrent sa jonction et lui livrèrent blitaille. La cavalerie thessaliènne^/icommandëe par Menon, enfonça ses rangs ;• Léonat lui-même périt dans le combat. La phalange macédonienne se retira sur les hauteurs, et les Grecs vainqueurs lélevèrent un trophée sur le fehamp de bataille.
Antîpatér, privé d'espoir par cet -événement^ capitula, évacua la ville de Lanëa, €it se retira avec son armée et les débris de eeÙe de Léonat. Mais bientôt la fortime lui
[ftHrdèA aVé l.-C. 1 PJBftSES. Jldd
devint plud farorabtei.t La flotte de Macédoine 'battit cellB d'Âtiièaes. Cratère débarqua en Grèoe. Antipater, fortifié par son secours, liyj^ aux. alliés une bataille près de la ville de Cranon, et remporta une victoire complète* Les vaincu» proposèrent la paix. Antipater voulut traiter sépatémeai avec chaque ville. I^ar cette ruse, il divisa les alliésy qui se débandèrent et rentrèrent chacun dans son paya. ABtipa^ ter, profitant de cette désunion^ ndarcha sur Athènes. Son approche répandit le troublé dans la inUe< Lea Athéniens condamnèrent à miort Défnosthène, quileâ avait excités & la guerre; Phoclon, 6hçf de la répu}:tlique dans ces fatale» circonstances, fut obligé dé se rendre à discrétion, et de recèvoirdansies villes derAttiquedésg^nisottsétrangères^ Cent éitayens, qui s^étajient. déclarés, hautement poio* la guerre et la liberté, furent exclus de tous lea emplois. Démosthène fuyait pour éviter la niôrt ; Iféloquence de xié célèbre banni inquiétait encore Antipater. Il le poursuivit vivement. Démosthène, n'espérant pliis échapper à. ses ennemis, s'empoiflQmia.
Après ces victoires, Antipater donna sa fille à Cratère. Ce mariage resserra les lieils de leur amitié.
Les généraul d^ Alexandre js'étaient disputé entre eux 6es dépouilles mortelles, comme son empire. Mais enfin Ptolémée, arrivanit lui-même en Syrie, obligea se» collègues à remplir les dernières volontés du roi. Son coJrps fut porté en Egypte sous la conduite du général Aridée. Le cortçge était pompeux, eile char magnifique; les rayons des roues, dorés; Taitelage, composé de soixante-quatre mulets, qui portaient des couronnes d'or et des colliers.de pierreries. Sur un chariot on voyait un pavillon de dixbuit pieds de largeur sur douze de hauteur, soutenu par des colonnes d'or incrustées de pierrea^récieuses. On admirait des bas-reliefs qui représentaient les principales actions d'Alexandre. Les quatre an^s étaient remplis pai: des statues d'or; des lions, du même métal, semblaîeM défAAft rentrée dn {iaviUon, au milieu duquel on avait
300 PEUPLSS d'àsi£. [Av. h-C. ^n-^^Y
élevé nn trône composé des, liaétaux les plus précieux. Au pied du trône se trouvait le cercueil qui renfermait le corps.du roi. H était d*or, travaillé au marteau, et i^cmpli â-aromktes«t de parfums. Entre le trône et le cercueil on avait placé les armes dont le héros macédonien s'était si souvent et $i glorieusement servi. Tout le pavillon, couvert de riches étoffes, montrait à son sommet une immense couronne d'or qui jetait le plus vif éclat.
U» oracle annonçait que la ville qui conserverait les restes d'Alexandre deviendrait la plus riche et la plus florissante de la terre. Cette prédiction excitait l'ambition de tousJes gouyemcurs des provinces de l'empire. Perdiccas soutint vivement et vainement les droits de la Macédoine. Ptolémée même^ qui l'emporta^ voulant conserver à la capitale de l'Egypte les avantages prédits jar l'oracle, défendit de porter le corps d'Alexfittldre au temple de Jupiter Ammon. 11 le fit conduire à Memphis et déposer ensuite dans Alexandrie, où l'on bâtit, pour le renfermer, un temple superbe qui subsistait encore du temps de Léon l'Africain. Ce fut dans cette ville, fondée par Alexandre, qu'on lui rendit les honneurs divins^ -
La division qui existait déjà sourdement entre les successeurs d'Alexandre ne tarda pas longtemps à éclater. Perdiccas, après avoir battu, pris et tué le roi Ariarathe, pour établir Euméne en Capp.adocè, conçut le dessein d'épouser Cléopâtre, sœur d'Alexandre, qui habitait la ville de Sardes. On s'aperçut bientôt qu'il aspirait à la souveraineté de l'empire, dont la régence lui était conàée. Àntigone, Antipater, Cratère et Ptelémée se liguèrent ensemble pour s'opposer à ses projets.
Perdiccas, uni avec Euméne, le chargea de garder l'Asie. Il ajouta à séis gouvernements la Carie, la Lycie, la Phrjigic, et lui recommanda de surveiller Néôptolème, gouverneur d'Arméuiej qui commandait la phalange, .et dont il soupçonnait les ipfentions. Ces arrangements tenninés, U prit avec lui les doux cois Arldée^ qu'oa âp-
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pelait Philippe et Alexandre^ fils de Roxane^ et.il marcha en Egypte à la tète de soi» année.
Après son départ, Eumène. attaqua et battit Néoptolème^ qui se réfugia en Cilicie, où il'trôuva Antipater et Cratère arrivés. Antipater marchait au secours de Ptolémée ; il détacha Cratère et Néoptolème pour combattre Eumène. Ces deux généraux espéraient que les Macédoniens se rangeraient sous leurs drapeaux pli^t que de rester dans l'armée d'Eiimène, dont la majeure partie n'était composée que d'Asiatiques. Eumène sentit le danger de cette position ; il cacha à ses troupes les noms des généraux qu'il allait combattre, n'opposa aucun de ses Macédoniens à ceux de Cratère, et ne leur fit combattre que des troupes alliées thébaines ou athéniennes. La bataille fut rude ; Cratère y périt, après avoir fait des prodiges de valeur. Néoptolème et Eumène se joignirent, se prirent corps à corps, tombèrent de cheval sans se quitter; et combatturent avec acharnement et sans repos, jusqu'au moment où Néoptolème reçtit le coup mortel.
Eumène rendit de grands honneurs aux deux chefs ennemis qu'il avait vaincus, et qui avaient été autrefoiis ses eompagnons d'armes et ses amis.
Pendant ce temps Perdiceas était entré en Egypte; mais il éprjouva une résistance qu'il n'attendait pas. Sa sévérité, son orgueil irritaient les esprits. La douceur et les vertus de Ptolémée gagnaient tous les cœurs. Les Égyptiens prenaient les armes pour lui avec enthousiasme ; les Grecs venaient enfouie de toutes parts rejoindre ses drapeaux. Les soldats de PerdiccAs commençaient à déserter. Malgré ces dispositions il persista dans son dessein, et força 5es troupes de traverser à la nage un bras du Nil. Les Égyptiens le battirent ; il perdit au passage du fleuve deux.mille hommes dont la moitié sa noya et l'autre fut mangée par les crocodiles. *
Les ^lacédoniens irrités se révoltèrefit et égorgèrent Perdiceas dans £a tente, avec t#iis les^ amis qui Veïïtèti-
30Î PEUPLES B'AfilE. [At« l-G. dli«304.]
raient. Deux jours après. on apprit la victoire d'Eumèue sur Cratère' et sur Néoptolème. Si cette nouvelle fût arHvée plus promptement; elle eût pëut-étrè empècbé cette révolte si funeste à Ferdiccas et si favorable à ses ennemis.
Ptolémée, après un léger combati entra dans le camp royal; Tarrnée se prononça en l3a faveur. Il fit sig;ner an roi mineur un décret qui déclarait ennemis publics Eu* mène et cinquai^te généràu]^ de son parti. Ptolémée ne voulut point être régent ; il regardait les deux rois comme des fautômes, et préférait la possession de TÉgypte à une régenoe Hlusoire* ^
Oniiomma régents les générant Aridée et Pytàon ; mais ils ne le furent pas longtemps. Eurydice, femme du rui Philippe, intriguait contre eux et ne leur laissait pas de f ouvbir. Ils se démirent de leurs emplois, et Antipater fut déclaré seul régent de Tempire.
Celui-ci fit un nouveau partage des provinces, et en ex* dut tous les chefs qui avaient embrassé le parti de Ferdiccas et d'Eumène.
Le commandement général de la cavalerie donnait à Séleucus un grand crédit dans Tarmée-. Il eut dans le nou^ y(Bau partage le gouvernement dé Babyloné, etxlevintpar la suite, le plus puissant deis successeurs d'Alexandre.
Python obtint la Médie; mais Atropate, qui en était gouverneur, en conserva une partie et se rendit indépendant. Antipater retourna en Macédoine et envoya Antigone contre Eumène ; mais comme il ne s'y fiait pas entièrement, il chargea son fils Cassandrede commander sa cavalerie et.de le surveiller.
Ce fut ds^us ce temps que mourut Jaddus, grand prêtre de Jérusalem : Onias lui succéda (av. J.-G. 321).
Antigène Uvra eii Cappadoce une bataille à Eumène : celui-cîi trahi par ApoUonide^ fut battu et perdit huit mille hommes. Quelques jours après il s'empara du ttùp^ et le fit pendre. '
[8ti-adA ftY. J.«^] PERSBs. 303
Ë^mèné^ pressé ttvement^ lee renferma dans le ohàtnau de Nora, et y demeura bloqué. Pendant ce temps Ptolémée conquit la Phéuicie^ la Syrie et la Judée. Les Jui& de Jérusalem résistèi-ent : Ptolémée prit la ville d'assaut et em-^ mena deux eent mille habitants en Egypte. .
Le régent Aixtipatev étant tombé malade en Macédeine^ les Atbénietis mandèrent à Antigone qu'il devait sq hâter et venir s'emparer de la Grèce^ qui ne tenait plus qu'à ti^ fiiêux fil prié de rompre* L'Athénien Démade» q4ii avait ébrit cette lettre^ était ambassadeur en Macédoine. Cassan** dre s'y trouvait au^i; ce }eune prince^ ayant intercepté la dépèche, poignarda Démade et son fils en présence d'Antipater, qui vit ses habits couverts de leur sang«^ Antipater mourut après avoir nommé Polysperchon r^a;ent del'emT pire et gouverneur de Macédoine. Cassandre lui fut adjoint; mais conune il prétendait seul à ces deux emplois, il forma un parti contre Polysperchon^ et s'allia avec Ptolémée et Antigone^ dont le but était de détruire^ non-oulemenjt le régent, mais la régence et les rois, pour être indépendants et pour devenir souverains des portions de l'empire qu'ils gouvernaient*
Antigone paraissait alors le plus polissant de tous.' Il possédait les fiches provinces de l'Asie Mineure, commsandait une armée de soixante et dix, mille hommes, et coi^ voitait la succession d'Alexandre tout entière* Il ôta la petite Phrygie à Aridée et lUeliespont à Clytus. Le régent Polysperchon, pour fortifier son crédit et son autorité, rappela en Macédoine Olympias^ mère d'Alexandre, et lui proposa de partager le pouvoir suprême. Elle était retirée en Épire ; ' Eumèae lui conseillait d'y rester. Méprisant- cet avis, elle vint en Macédoine, brûlant dii désir de se venger et lie régner. Polysperchon, qui désirait se concilier l'opi~ mou et l'affection publique, rendit la liberté à Athènes et à toutes'les villes de; la Grèce. Les Athéniens, toujours ingrats, condamnèrent Phocion à 14 mort'; mais ils ne jouirent pas longtemps d'une liberté dont. Ùs usaient ^ mal.
304 PEUPLES ]>|âSI£. [Av. J.-a 3«MOA0
Gassandrc s'empara de leur ville et y établit Démétrius de Phalère pouç les gouverner.
Eumène cependant avait obtenu par un traité la liberté de sortir de Nora. Il leva une nouvelle année. L& r^ent,^ PolysperchoD^ lui envoya, au nom des rois, une commission de ^néralissime pour combattre Autigone et ses collègues^ révoltés contre l'autorité royale. Olympias ratifia cet acte ; mais lés officiers grecs refusaient d'obéir à Eumène, qu'un smcien décret déclarait ennemi public. Cet babile général, connaissant la superstitiojn de son siècle, raconta qu'Alexandre lui était apparu pour lui recommander de protéger ses enfants, et avait promis que bien qu'invisible, il présidérait toujours en personne le conseil qu'Eulâëne rassemblerait. Nul ne douta de la vérité de ce récit. On prépara dans la salle du conseil un trône destiné à l'ombre du roi, et tous les officiers obéirent sans résistance aux ordres xlonnés au.nom d'Alexandre.
Ëumèue marcba promptement en Syrie ; Antigone, qui commandait des troupes plus nombreuses , le força de se réfugier en Mésopotamie. 14 il invoqua vainement l'assistance de Séleucus et de Python. Les gouverneurs n'avaient élu des rois faibles que pour devenir indépendants. Ainsi ilis ne pouvaient seconder les projets du plus habile des capitaines d'Alexandre, qui seul voulait et pouvait afiermir l'autorité royale. Tout ce qu'il obtint de Séleucus, ce fut la liberté de passer librement jusqu'à Suze, Là il trouva Peuceste qui avait battu Python, et par son secours il se vit en état de marcher de nouveau pour combattre Antigone.
Depuis qu'Olympias résidait en IVÏacédoine, elle y jouissait d'une grande autorité dont .elle fit un cruel usagfe. Aridée ou Philippe n'était que l'ombre d'un roi; mais cette ombre, importunait encore une reine jalouse du pouvoir suprême. Elle le fit périr, envoya un poignard, une cordent une. coupe dé cigtë à la reine Eurydice, en lui laissant le ,iîhoix de c^s instruments (Je mort. Eurydice s'étrangla.
rSSi-SOâav. J.-C] PERSES. 305
après avoir' accablé d'hnprécAtîons cette femme inhumaine.
Nicanor, frère de Cassandre, et cent de ses amis, furent punis par des supplices de leur attachement àu,roi. Le sort des tyrans est de craindrp tous ceux qu'ils font trembler. La cruelle Olympias s'enferma dans la ville de Pydna avec le jeune roi Aluxaudre et Roxane sa mère, Déidamie, fille du roi d'Épiri, et Thessalonice , sœur d'Alexandre le Grand, ;;. ^
CasMîidre, informé de tous ces massacres, vint assiéger Pydna. Éatude accourait au secours d'Olympias; mais l'armée d'ÉpirOj indignée de voir son roi soutenir une cause si Oflieus^j se révolta, se déclara pour Cassandre, et détrôna sou SQuvei^ain. Le jeune Pyrrhus, fils d'Éacide, fut sauvé par^^es esclaves, qui conservèrent ainsi à la Grèce un grand 'èoBûme.
Cette^ révolution en Épire ne laissait jjjus à la reine de Macédoine d'autre appui que Polysperchon. Il arrivait pour la défendre ; mais Cassandre envoya contre lui Callas, qui gagna une partie de ses troupes et le contraignit de fuir en Asie.
Olympias, privée de tout appui, se vit obligée de se rendre. Les familles de ses nombreuses victimes l'accusèrent dans l'assemblée générale des Macédoniens ? personne n'osa la défendre ; elle fut condamnée à mort.
Cassandre lui proposa de s'embarquer secrètement sur ime galère qui la conduirait à Athènes*: il ne voulait pas la sauver ; mais son projet était de la faire périr sur la mer en perçant son navire, afin qu'on attribuât sa mort au courroux des dieux. Olympias refusa sa propositions et dit qu'elle ne fuirait point lâchement, qu'elle plaiderait sa cause devant le peuple, qui ne pouvait la condamner sans l'entendre. Cassandre, craignant cet éclat, chargea deux centé soldats de la tuer ; mais quand ils furent en sa présence, la fierté de ses regards, la majesté de sou rang, le souvenir du héros auquel elle avait donné le jour, les
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frappèrent de respect et de crainte. Ib ne pui'ent jamais lever leurs glaives sur la mère d'Alexandre, et se retirèrent sans avoir exécuté les ordres de leur chef.
Les parents de Nicauor et les autres victimes d'Olympias^ craignant de voir échapper leur vengeance^ se pré^ cîpitèrent dans Tappartement de^ reine et la poignar^ dèrent. j
L'amhitieux Cassandre ne croyait plus'Voîr entre le trône et lui que le jeune Alexandre et sa mèr<î Roxane ; mais avant de renverser cette faiblti harrièrej il cliercha les moyens de captiver Topinion publique. Pour rappeler les crimes d'Olympias, il fit de soknnelles et ma^^nifîqucs obsèques à Philippe et à Eurydice. Ce respect hypocrite pour lès rois ne tarda pas à se démeutir. U enferma le jeuuu Alexandre et sa mère dans le château d'Ainphipolis;oule3 y traita non en princes, mais en captifs. Polysperchon^ ff*" la tête d'im corps de troupes en Éolie, continuait de se dé- '/ fendre. Il força même Cassandre à se réfugier en Macé-^ doine-; mais son fils^ qu'on oomniîiit Alexandre^ abandonna son partie se joignit à Cassandre, et fut bieiitôt puiii^d£,sa trahison ; il périt dans un tunitilte à Sicyoue, , T^T
Le parti royal n'avait plus d'autitï soutien que le Èdèle Eumène^ qui résistait en -Asie aux efforts réunis d*Aatigone, de PythoB et de Sélencus, Cette guerre fut loiJg-^^ temps mêlée, pour les deux parti s , de revers et de sucééfe;/. enfin on en vint à une bataille décisive, Eumène y déploya sa valeur accoutumée ; mais Pences te, dont on avait jnaque-^là vanté la bravoure , abandonna son ami et prit la fuite.
Les soldats d'Eumène se révoltèrent contre lui. Il leur demanda la mort, qu'il préférait à la captivité : il ne put Pbbtenir, et ces lâches guerriers le hvrèrent à Antigone. Celui-ci hésita longtemps sur le traitement qu'il ferait à cet illustre prisonnier ; c'était un ancien ami, mais un redoutable rival.
Démétrius, fils d'Antigoue, parlait vivement en faveur
d'EtiinèDej fàmlMtita remporta wr la géaérattlé; Eamène fut taé dans sa prison. Délilrié d'ua tel concurrent, Antigone se crut le maître de l'empire. Il cassa plusieurs gouTemeurs^ en fit mourir d'autres^ et mèm^ Pydion^ gouverneur de Médie.
Séleoeus^ à la tète des proscrite, se sauva en Egypte^ et forma contre Antigone une ligue avec Ptolémée^ Lysima* que et Cdssmidre. L'Orient et la Grèce devinrent depuis ce moment un théâtre de carnage. L'Asie Mineure fut rava^ gée par Cassandre; le fameux Démétrius, fils d'AnUgonè^ et qu'on nomma Poliorcète (preneur de villes)^ se formait alors par des revers. Les troupes >de Cassandre^ plus nombreuses que les sienties^ l'obligeaient à de fréquentes re« traites. Babylone et Suze étaient conquises et pillées par Antigone^ qui s'empara de Tjr, de Joppé et de Gaza* Pto*» lémée^ après avoir conquis l'île de Chypre, tua le roi Nicoclës. La reine Axitia, les princesses ses filles et leurs ma* ris mirent le feu à leur palais pour s'ensevelir sous ses débris.
Le roi d'Egypte Hvra une grande bataille à Démétrios, et remporta une victoire complète qui entraîna la conquête de la Palestine, dé la Célésyrie et de la Phénicie. Démétrius répara bientôt sa défaite par un avantage signalé sur un lieutenant de Ptdémée. Cependant Séleucus eut Tau*^ dace de rentrer en Mésopotamie avec mille hommes. Cette entreprise hardie fut couroonée de succès; tous les peu* pies se déclarèrent pour lui. Il battit Nicanor et entra da^s Babylone. C'est de cette entrée que date la fameuse ère des Séleucides, que les Juifs appelèrent l'ère des Contratê^^ et|ed Arabes l'ère du BicornUi parce que Séleucus était si fort qu'il arrêtait un taureau en le saisissant parles cornes (av. J.-C. 311).
Antigone, secondé par Démétrius, son fils, continua vi-^ vement la guerre contre les alliés. La fortune lui fut quelque temps si favorable, qu'il fit perdre à Ptolémée toutes ses conquêtes^ et le força de se retirer en Egypte. Ses
306 PECULES D'aSU. IAt. J.-C SS1-30&.]
armes pénétrèrent jusqu'au centre de TArabie-Pétrée. Démétriiis marcha en vainqueur jusqu'à Babylone; il prit même un de -ses forts ; mais les excès que commirent ses troupes dans le pays redoublèrent l'attachement des habitants pour Séleucus.
Ces scènes de carnage furent interrompues parune paix ou plutôt par une trêve.
Ce traité donna la* Macédoine à Gassandre jusqu'à la majorité du fils de Roxane^ la Thrace à Lysimaque, l'Egypte à Ptolémée, l'Asie Mineure et la Syrie à Antigone, la Perse et la Médie à^Séleucus.
Les Macédoniens commençaient à se fatiguer de ces guerres continuelles , de l'ambition des. gouverneurs des provinces et de leurs discordes interminables.'Us éclataient de toutes parts en murmures et ne dissimulaient pas le projet qu'ils avaient formé de tirer de prison leur jeune roi, âgé alors de quatorze ans.
Cassandre, redoutant une révolution dont l'objjet était de lui donner un maître^ fit tuer secrètement, dans le château d'Amphipolis ^ le jeune Alexandre et sa mère Roxane.
Polysperchon^ qui commandait dans le Péloponèse, prit les annes pour venger son roi. U fit venir de Pergame dans son camp le jeune Hercule, âgé de. dix-sept ans, fils d'Alexandre et de Barsine, veuve de Meninou. Lorsqu'il fut ar^vé sur les frontières de la Macédoine , Cassandre lui demanda une entrevue. U hii représenta que son .entreprise, si elle réussissait, perdrait tous lés généraux et lui tout le premier; que le nouveau roi ne supporterait pas des sujets si puissants, et qu'il les punirait d'avoir si longtemps usurpé l'autorité royale. La vertu de Polysperchou n'était pas assez forte pour résister à la crainte et à l'ambition ; il céda aux conseils de Cassandre, et fit mourir Hercule et sa mère.
U ne restait plus de princes de la famille d'Alexandre. Les gouverneurs, indépendants, reprirent les armeç avec