‹ Histoire ancienneChapitre 70 sur 116 · ANTIOCHUS THÉOS · texte numérisé non relu

ANTIOCHUS THÉOS

(An da monde 3754. — Avant Jésus- Christ 350.)

Le nouveau roi, appelé au secours des habitants de Milet, les délivra de l'oppression de Timarque, qu'il vainquit et qu'il tua. On peut juger du malheuE des Milésiens par leur ^reconnaissance. Ils regardèrent comme un dieu le vainqueur du tyran, et la surnommèrent ^/i^05.

Le fameux Bérose, historien de Babylone et célèbre astrologue^ véôut sous le règne de ce prince. Son éloquence lui valut un singulier hommage : les Athéniens lui élevèrent une statue avec une langue d'or.

Ptolémée, roi d'Egypte, ayant accordé sa protection aux Lydiens révoltés^ chassa de Sardes Apamée^ sœur d'Antiochus. Le roi de Syrie prit les armes pour venger cette injure. Cette guerre occupant toutes ses forces, les provinces d'Orient, qui n'étaient plus contenues par des troupes, se soulevèrent. A^athoclès^ gouverneur de la Parthie^ avait outragé un jeune homme nommé Tiridate. Arsace, son frâ%, rassembla quelques amis, tua le gouverneur, arma le peuple^ chassa les Macédoniens^ et cette réTOlte amena une révolution générale. Arsace fonda le royaume des Parthes^ et devint la tige de la célèbre dynasti^es Arsacides (av. J.-G. 249}, qui domina l'Asie, et, seule dans l'univers, posa des bornés à la puissance romaine;

ITiéodote, jimitant Texemple d'Arsace, souleva la Bactriane, de soke qu'en peu de mois le roi de Syrie perdit toutes ,loô provinces de l'Orient au delà du Tigre. Ces événements se passèrent la quatorzième année de la première guerre^des Romains contre les Carthaginois. *

La guerre d'Egypte n'avait été marquée par aucune ac-

IzàQ-nù av. J.-c] p£RS£s: 317

tion^importaQte.Antiocluis était pressé de la.termiiier pour s'occuper plus libi*eme]it des aifaires intérieures de son empire. Ptolémée lui accorda la paix, en le forçant à épou-. ser Bérénice^, sa fiUe^ à répudier Laodice, à déshériter, ses enfants-du preiaiei: lit^ et à désigner pour ses successeurs les enfants qui naîtraient de ce nouveau mariage. Tout roi qui ne maintient pas son autorité dans ses Etats est nécesr sairement Tesclave ou la proie de Tétranger.

^Ptolémée amena lui-même sa fille à Séleucie. IlTaimait si tendrement que, tant qu'il vécut, il lui envoya en Syrie de Teau du Nil pour sa boisson. Heureux et fier de son triomphe, il croyait avoir assuré la gloire et le. bonheur de sa fille ; mais il oubliait que les traités arrachés par la force sont rarement solides. Ptolémée niourut deux an^ après cette alUance. Aussitôt Antiochus répudia, exila l'Égyptienne, et reprit Laodice, qui revint à Séleucie avec ses enfants, Séleucus et Antiochus liiérax.

Cette reine vindicative et cruelle^ n'oubliant.pas sojaiûr jure, quoiqu'elle eût été réparée, connaissant la faiblesse du r(À et redoutant un nouvel adOErput, Tempoisonna. Elle fit mettre dans son lit, après sa mort, Artimon, qui resr semblait parfaitement au roi diî visage et de la voix. Ce fftUX Aivtiochus appela près de lui les grands de la Syrie et de la Perse, leur recommanda d'une voix mourante Laodice et ses enfants, et dicta une proclamation qui donnait le trône à son fils aîné Séleucus. Lorsque cette atroce ^ comédie fut jouée, on déclara to niôrt du roi.

SiLEUeÙS CAXLINICUS.

(An du monde 3758. — Avant Jésus-Christ 246.)

Laodice régnait sous le nom de ses fils : cette femme implacable ne se crut pas encore asseai vengée par la mort dé sQii mari, et voulut faire périr Bérénice, qui s'était réfugiée, dans la ville de Daphné, Là ^ualheureuse reine assiégée n'aVait espoir que dans les secours que lui promettait spn

ISé

31% PEtJFLBS b'ASIE. [At.J.-^ 2&6^2S6.]

frère Jtolêmée Érergèté , qui accourait avec une ârméé pbuf la protéger. Ttfaîs la garnison de Daphné ouvrit sêit portes et livra Bérénice» Sa féroce ennemie la fit mourir avec tous les Égyptiens- de sa suite. Ptoiémée, arrivant trop tard pouf sauver sa sœur, sut au moins là venger» Les cHmes dont la cour de Syrie venait d'être le théâtre éxeitâieut une juste haiiie contre Làôdice, et un profond mépris pour Séletldusi

Les troupes d'Asie se joignirent â celles d'Egypte *. Laodice» abandonnée, exj^ia ses forfaits dans les supplices* Ptolétnée jB'emparâ rapidement de la Giliciè et de la Syrie, ir approchait de Babylone, et il aurait conquis tout l'Orient si îine sédition ne l'eût forcé de retourner en Egypte-. 11 y rapportia toutes les richesses qu'en avait enlevées Cambyse ; ce qui lui mérita le surnom d'Éverffète (bienfaiteur).

On donna l)ar dérisiob à Séleucus celui de CetWmictts (habile, astucieux). ,

Ce prince, profitant du départ de Ptolêniéé, partit avec une flotte pour soumettre les villes maritimes d'Asie qui s'étaietit révoltées. Cette flotte, battue par une tempête, périt sur les côtés, et le roj[ se' sauva presque seul. Tant de malheurs firent succéder dans le cœur dé ses sujets la pitié à la haine. Les villes rebelles se soumirent j et concliireiit avec lui un traité qu'on inscrivit sur une colonne de marbre. Ce monument existe .encore, et le comte d'Arun»dfel l'a porté en Angleterre.

Séleucus, ayanfrassembléûne armée, combattit en Phénicie les Égyptiens; mais il fut vaincu par Ptoïémée et poursuivi jusqu'à Antioche. Son frère Antiochus, surnommé Hiérax (épervier), parce-qiî'il était amWtieux et cruel, gouvernait alors l'Asie Mineure. 11 vint avec des troupes au secours du roi. L'union des deux frères décida Ptoïémée à faire une trêve de dix ans..

Séleucus avait promis h Antiockuô d'ériger son gôuvetnbment en royaume ; aprè&la trêve, il ne voulut plus tenft su parole. Lcs^ddux frères se déclarèrent la guerre, et

[M«»Ht^ aifc J.-C.1 PERSES. 3i9

se livrèrent bataille à Âncyre, en Galatie. Séleucus fut vaSicu ; mais Antiochus ne put profiter de ce succès. Les Gaulois qui servaient dans son armée conspirèrent contre loi^ et il se vit obligé de leur distribuer ses trésors pour ï^âcheter sa vie.

D'un autre côté^ Eumène^ gouverneur de Pergame, se révolta> battit ÂntioQbus et les Gaulois, maintint son iudé-» pendance pendant vingt années, et légiia ses États à son cousin Attale ^ qui prit le titre de roi.

I^ discorde des priooes de Syrie favorisait les révolutions et le tlémembrement de Fen^pire d -Orient. Antiocbus livra encore plusiem*s conibats ; complètement vaincu, il se réfugia en Egypte. Ptolémée Ty retint longtemps eu pris«|>. Il trouva enfin, par les intrigues d'une courtisane^ le moy^n de s^évader ; mais il fut attaqué el assassiné par dj^s voleurs sur la frontière d'Egypte.

Séleucusj délivré de cet ennemi^ tourna ses armes con^ Ire Arsace, roi des Partheâ, qui consolidait de joiir en jour . sa puissance ^ rétendait par des conquêtes. Après plu* sieurs efforts infructueux et des trêves aussitôt violées que conclues, il combattit en bataille rangée Arsace^ qui mit son armée eâ déroute et le fit prisonnier.

Au bout de six ans de captivité, il mourut chez les Parthes d'une chute dé cheval. Séleucus régna vingt ans. Sa femme Laodice^ sœur d'uu de ses généraux nommé Andromaque, lui avait donné deux fi.ls et une fille. Il maria cette fille à MithriJate, roi de Poht, et lui Téflà la Phrygie en faveur de cette alliance. Ses fils s'appelaient Séleucus et Antiochus. .

Séleutus régùa : les Syriens, inoqueurs, le. surnonimèjrent Céraunus (lé foudre), parce qu^il était faible d'esprit et de corps.

A cette époque, k république des Achéens se reniiait célèbre sous la conduite d'Aratus, et les Romains conimeneafent à se mèîer des affaires de la Grèce.

390 PEUPLES D'ASIE. [Ay. J.-C^ 33^32.]

SÉLEUCUS CéRAUNUS.

(An en monde 3778. ~~ Avant Jésns-Christ 226.)

Les crimes de Laodice, les défaites et la captivité de son fils, la guerre civile des deux, frères, la révolte d'Eumène, racoroissement de la puissance des rois de Bithynie, de Pont et des Parthes, enfin le mépris des Syriens pour leurs princesy semblaitet présager la<;httte du trône des Séleucides. Séleucus Céraunus aurait infailliUement. perdu sa couronne, sans la fermeté de son cousin Achéus, fils d'^ndromaqué, qui prit les rênes du gouvemement^'et rétablit Tordre dans l'État et la discipline dans Tarmée. Guidé par ses conseils, Séleucus, ayant laissé la régence à Hermias, marcha en Phrygie contre Attale qui voulait s'emparer, de toute TAsie Mineure. Cette entreprise, fut couronnée de succès; mais deux officiers du palais, ne pouvant supporter d'être gouvernés par Timbécile Céraunus, Tempoi^onnèrent et décidèrent Tannée à reconnaitre Achéus pour roi. Le généreux et fidèle Àchéu$ vengea sq^ prince, punit ses assassins, refusa la <:ouronue, et Tassura au piînce Antiochus, frère du feu roi • qui étsût alors à Babyloue, d'où ii partit pour se faire couronner à AntiofCShe.

. ÀNTIQCHUS LB. GRAND.

(An du monde 3782. — Avant Jésus-Christ 222.) ~

Lé nouveau roi. trop jeune encore pour gouverner par lui-même, ^ livra aux conseils dii régent de Syrie, Hermias, et le uomma premier ministre. On donna le gouvernement de Médie à Molon, la Perse à Ale^çaudre., TAsie Mineure à Acliéus ; Épîgène fut chargé du.conimandement général des troupes.

L'esprit d'indépendance était répafidu dans Tenipirn. Môloa et Alexandre, jaloux tTIJerniias, et méprisant la jeunesse du roi, se révoltèrent; ils se déclarèrent souverains de Médie et de Porso.

[Î2M87 »?. J.-C.) . FEESB^. . 321

Ëpiçène voulait qu'on marchât promptement contre eux pour étouffer cette rébellion dès sa naissance. Hermias, n'adoptant point ce sage avis^ perdit beaucoup de temps pour faire célébrer à Séleucus lesioces d'Antiochus avec Laodice^ fille de Ifithridate^ roi de Pont, il fit de grands préparatifs pour attaquer Ptolémée, et se , contenta d'en-- Yoyer des généraux contre les rebelles. Ces^officiers , -mal choisis et malhabiles^ furent battus. Épigène représenta de nouveau la nécessité de soumettre les révoltés et di^ les intimider par la présence du roi. L'opiniàti^e Hermias s'y opposa ; il confia l'armée à Xénétas/ Achéen^ brave guerrier^ mais qui n'avait jamais commandé. Ce général inex* périmentéy n'écoutant que son ardeur^ tomba dans une eifibuscade ; 41 se fit vaincre et tuer par les rebellés qui s'emparèrent de Babylone et de la Mésopotamie.

Om ne fut guère-plus heureux du côté de l^Égypte : les défilés du Liban étaient si bien gardés par Théodote , qui commandait les Égyptiens^ que l'aimée de Syrie ne put les franchir.

Aotiochus^ éclairé par tous ces revers^ se décida ^.malrcher Itti-q^ême contre les révoltés. Hermias fut obligé dé cédét^'â sa ^olbrité; mais^ par un reste de son fatal asce>ndant^ il reddit Épigène suspect et le fit exiler. Ne bornant pas là sa vengeance^ il fit glisser dans les papiers du banni une lettre qui contenait un projet de conspiration. Ayant ensuite ordonné une visite chez lui/ on découvrit cette lettre et l'on condamna à mort cet illustre général.

Antiochus, à la tète de son armée, passa le Tigre ; et, déployant celte valeur qui lui valut le surnom de Grande qu'on ne devrait accorder qu'à l'héroïsme guidé par la vertu, il remporta une victoire complète sur Molon^ qui se tua de désespoir.

Lorsque son frère Alexandre apprit cette nouvelle en Perse, il égorgea toute sa famille et se donna la mort.

Le roi soumit tout TOrient,^ et força même Artabazane, roi de Géorgie, à reconnaître son autorité et à lui payer

311 FEUPliBS D'ASIE. [Af. h-Gi SS24811

un tcibtit. Pieu de temps après> te mdjie LftiMIice ai^couëha d'oB fils* L'ambitieux Hermias^ qui perdait son empire sur Autiochus, conçut le projet de l'assassiner^ dans Tespoif de régnée sous le nom de son fils. Pltisienrs pei^ûfle^ étaient instruites du èomplot ; mais^au(!lune n'osait en pàt*-* leri tant était groodë la crainte qu'inspirait le premi^tiii'^ nistre.

Le médecin ApoUophaiie^ plus fidèle et pUis courageux^ ^apprit tout nu roi^ qui dissimula son ressentiment^ S'éloi^ gfii^ de l'armée^ mena Hermias arec lui daus tttie maison de plaisance^ et le fît assassiner au*ibnd d'un bois.

La mort de ce ministre perfide tépandit âne joie uni- Tèrsdte dans l'empire. Pour la première fois depuis Irih^t; ans^. on y coîicevait l'espôranee de voir ceitôer la faiblesse^ les désordres et les dissensions qui déchiraient la monar^» chîe. Antiochus rétablit la justice dans les lois et la tlgueur dans l'administration.* 0

Il soutint glorieusement la guerre contre le foi d^gypte, prit d'assaut Séleucie, s'empara de Damas, 'et conquit la Phéaicie et la Célésyrie. Après ayoir concy||^\|ne trêve de quatre mois, il donna ses Conquêt^i^AfflaB^^ .^ Thépdote, qui avait quitté le service d'Égypt^T^ , au sien. Là guerre recommença sur mer; Les sliceès «furent balancés ; mais, en Palestine, le roi battit complète-^ ment les* Égyptiens, que commandait un Grec nommé Nicolas, et se rendit maître de toute la Judée.

L'année suivante, ses armes fmrent moins heureuses ; il perdit une bataille à Raphia, près de Gaza. Cette défaite, qui lui coûta quatorze mille hommes,* rôWigea de se retirer à Antioche, et de signer un traité de paix par lequel il cédait au roi d'Egypte, la Palestine, la Phënicie et dette partie de la Syrie située entre le haut et le bas Liban , et qu'on nommait Célésyrie. Pendant cette malheureuse guerre, Achéus, oubhant son antique tidéhté et se trouvant trop mal payé de ses services, s'était révolté dans la Lydie. Antiochus marcha contre lui et le contraignit

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de 66 renfermer dage Savdes^ oft 11 de âéfei}4tt:ua an.

6a rt^îstaQce durait eçGore^ lorsque deux officiai^ crë^ tois, soutenant la mauyaise renommée dé leiu? nation; trahirent Açb^us^t le livrèrent au roi.. Ptolémée, qui le protégeait; a^it donné beaucoup d'argent à un autre Cretois ncrmçaé Bolis^ pour le faire évader. Le traître Bolig râvék le complot à Aiitîoclius^ qui fit trancher la tête A Aohéus. Il était sans doute GOupa})le ; meiis le roi pouvàitTii onhli^r . qu'il lui devait la couronna ?

Après cette expédition^ Antiochus porta ses armes. dans rOriènt, et reprit la Médie sur les Parthes. Il rentra dans ea supeii>e palais d'Ëebatane^ qui avait éinq eentâ toisesrde ek-cuit^ et dont les poutres, lestsolonneç, les lambris étaient orpés de riohes métaux et de pierres précieuses, les tuiles «t les briques, d'or et d'argent. ' ^

Le roi y trouva douze millions, condut la paix avec Arsace, et lui confirma la possession dé la Parthie et de l^yrr' eanie. -,

11 marcha ensuite dans Tlnde, d'où il tira de riches -tributs, et revint à Antioch^ après ciiiq ans de suocè3 et de triomphes. Il y apprit la mort de Ptolémée^ Phil<^.ator, qiii laissait le sceptre 4'Égypte dans les feibles mains d6 son fils Ptolémée Épiphéne, âgé dé cinq ans.

Aniioehus et Philippe , rGÂ de Macédoine, se liguèrent pour envahir et partager les États du jeune Ptolémée. Philippe devait posséder la Libye et l'Egypte, et Antiochns, la Palestine et la Célésyrie. La marche de Philippe fut retardée par la guerre que lui firent les Rhodiens et Attale, roi de Pergame. Là flotte de Rhodes battit celle de Macé^ doine. Les Romains déclarèrent à Philippe qu'ils défen^ draient Ptolémée , dont ils avaient accepté la tutelle. Paul-Émile vint en Ëgypte> et donna la garde du ï'oi à Arîstemène. Cet habile régent força Antiochus d^évacuer la Palestine et la Célésyrie, dont les troupes venaient de s-emparer. Pendant ce tdmps , Antiochus attaquait lui'iHème AUde ; mais la protedion des Romains sauva le

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roi de Pergame. Antiocb^s traita avec loi , retourna en Célésyrîe et en Judée^d'où il chassa les Égyptiens. On le reçut en triomphe à Jérusalem. Après cette victoire^ il conclut la paix avec le roi d'Egypte , en lui donnant sa . fille. Par ce traité, il promettait de rendre à Ptolémée la Célésyrîe et la Palestine lorsqu'il serait majeur, et quand il/aurait célébré scm mariage.

Les Romains , vainqueurs de Carihage , venaient de chasser Annibal d'Afrique. Délivrés de ce redoutable ailversake , ils tournèrent toutes leurs forces du câté de rOrient.

Flaminius remporta une grande victoire sur le roi de Macédoine , et répandit une joie universelle parmi les H Grecs en déclarant que Rome leur rendait leur antique libellé. Os étendirent la faveur de cette déclaration aux villes grecques d'Asie^ dont le roi de Syrie voulait s'emparer. Antiochus avait passé l'Hellespont et conquis la Thrace, voulant donner ce royaume à son second fils Séleucus.

n, reçut en Thrace une ambassade romaine. La république exigeait qu'il rendit sur-le-champ à Ptolémée ses conquêtes, qu'il laiss&t la liberté aux villes grecques^ et qu'il évacuât la Thrace. 0 répondit que Ptolémée serait satisfait à la conclusion de son maiiage; que les villes grecques devaient vivre, comme par le passée sous sa protection et non sous ceUe des Romains; qu'il gardait Lampsaque et Smyme par droit de conquête; que la Thrace, enlevée autrefois à Lysimaqua par Séleueus Nicator, était son héritage légitime ; qu'enfin il priait lés Romains de ne point se mêler des affaires de l'Asie, puisqu'il ne s'occupait pas de ceUes de l'Italie.

Fendant la durée de ces négociations, on répandit le bruit de la mort de Ptolémée. Antiochus s'embarqua promptement pour prendre possession de l'Egypte ; mais, en arrivant à Péluse, il apprit que la nouvelle était fausse^ et qu'une conspiration, tramée par Scopas contre la vie

pM-ia7 aViJ.-Ç] PBRSJBS. 325

du roi d*Égypte, ayait échoué. Déàmcerté par jcet événeniéut, il tourna ses aimes contre ille de Chypre ; une tempête dispersa sa flotte et l'obligea de revenir à Aujtioche.

Sou esprit, révolté de l'orgueil des Romains, mais effrayé de leur fortupe^et de leur puissance, hésjtait. Balancé par la crainte et par la colère, il flottait encore ^dans cette incertitude, lorsque le célèbre Annibal vint chercher un asile dans ses. États. L'arrivée de cet implacable en* nemi de Home décida Is^ guerre. Les Étdiens et les Lacédémoniéns étaient les seuls Gîrecs qui résistassent encore aux Romains. Nabis, tyran de Sparte, fut vaincu et tué. Les Étohens appelèrent Antiochus, qui vint témérairemebf à leur secours, n'amenant avec lui que dix mille hommes et cinq cents chevaux. Il s'empara promptement de Chalcis et d'Eubée, contre l'avis d'Annibal. Ce grand hpihme disait au roi qu'avant d'entrer en campagne il aurait dû envoyer des troupes sur la frontière dé Macédoine , pour contraindre Philippe à embrasser son parti ; qu'il fallait* tirer de nombreuse^ forces d'Asie, ftdre marcher une flotte pour ravager -les. côtes d'Italie^ et forcer les Romains a se tenb chez eux sur la défensive. 11 ajoutait qu'on devait d'autant plus croire à ses lumîèrcfs^ qu'elles étalent le produit de ses fautes et de son expérience.

Antiochus, ayeùglé par sa fortune passée , poussa ses conquêtes en Thessalie, dissipa un temps précieux dans les. bras des courtisanes de la Grèce; et son armée, imitant son-exemple, perdit dans les débauçh^ sa fdrt;e et sa discipline., .. '

, Le consul Acilius marchait contre lui. Les vents contriaires avaient retaurdé l'arrivéedes troupes d'Asie. Antiochus, réduit à la défensive, se retrancha dans le passàg^^ étroit des Thérmopyles. Gaton, Ueutenant d'Acilius, tpurnà sa positioa par le même sentier qui avait autrefois favorisé la marche de Xerxès et, de Brennus^ Les Romains for- ^cèreût les retranchements et- mirent l'armée, en déroute.

326 FBUPlSs D'ASIE. [Af. ir4L ni-187.]

Le rbî, Uessé d'un coup de pierre, prît la foîte et revînt presque seul en Asie.

L'amiral de sa flotte, Polixénide, fut battu par Liyius, et les Rhoçliens d^ent une autre flotte qae commandait Âxmibal.

Scipion, qu'on nomma depuis TAsiatique, choisi par le sénat romain pour terminer cette guerre, prit la route de TAsie par la Thessalie, la Macédoine et la Thrace. Son frère, Scîpion l'Africain , servait. sous hii. Antîoehus espé- " rait vainement ralUance et les sccom^ de Prusias , roï de Bitbyiye. Ce faible monarque, intimidé par Livius, se rangea ducôté des Romains. Polîxénide se battit encore contre la flotte romaine, mais Émfliùs lui prit ou brûla quarante vaisseaux.

Le roi de Syrie, affaibli par ses revers, ne montra plus ni courage ni prudence ; il retira les garnisons des forteresses qui pouvaient arrêter les Romains. Ceux-ci, profitant de cette faute, traversèrent VHelléspont sans crainte, et arrivèrent en Asie sans obstacles.

Lorsqu'ils entrèrent dans Rium, leur antique berceau, ils y célébrèrent des jeux en l'honneur des héros troyens : il leur semblait voir les ombres d'Hector et de Priam applaudir à la rentrée triomphante des Troyens dans leur patrie.

Scipion y i^eçut une ambassade d'Antiochtis , qui demandait la paix. Le consul exigea qu'il se retirât de toute la partie de l'Asie qui se trouvait en deçà du mont Tau-, rus. Le roi de Syrie avait autrefois connu Scipion l*Afrî^ cain ; profitant de leur ancienne liaison, il chercha à obtenir par lui dés conditions plus favorables. Scipion, alors malade, lui fit répondre qu'il ne pouvait lui donner qu^ùn témoignage d'amitié : c'était de Tinviter à mettre bas les armes, ou du moins à ne rieii entreprendre avant que sa santé lui permit de se rendre au camp de son frère.

Antiochus, révolté de ^arrogance romaine, n*écouta que jon ressentiment, et livra bataille aux Romains près de la ^

[UUSfM.h^] > PERSES. . 327

ville cle Magnésiev L*armée d^Antiochus se composait de quatFe-vfngt-dix mille hommes et àe cinquante-quatre éléphants. Celle des Romains ne icomplait que trente mille guerriers et seize éléphants. Le roi fondait ses espérances sur uii gfand nombre de chariots armés de faux qui précédaient ses colonnesj mais, loin de lui donner la victoire, ils causèrent sa défaite. Les archers romains épouvantèrent les chevaux qui traînaient les clïars ; ils retournèrent sur l'afmée des Syriens, et y portèrent le désordre. La cavalerie romaine en profita, et enfonça l'aile gauche; le centre et la phalange du roi .-

Pendant -ce temps, Antiochus battit Ifaile gauche des Rcùmains ; mais Émilius; arrivant avec une réserve , rétablit Tordre et mit le roi en fuite. Son ëàmp ïuf pillé. Les Romains tuèrent dans-cette journée cinquante mille hommes d'in£anterie et quatre mille de cavalerie. Antiochus courut à Sardes et dé là en Syrie. Il avait pris, pendant la bataille, le flls deScipion ^Africain, et le îui renvoya en le priant de s*intéresser à lui pour obtenir une paix supportable. On consentit à traiter, à condition qu'il évacuerait TAsie en deçà du mont Taurus ; qu^il donnerait vingt otages aux Romains^ qu'iHivrerait Annibal et Thoas TÉtolien, enfin qu'il payerait les frais de la guerre, et qu'il rendrait au roi de Pergame tout ce qu-il lui devait. Antiochus se soiunit à tout, et, pour trouver Targent qu'on lui demandait, il parcourut Tempire, laissant la régence à son ffls Séleùcus qu^il déclara son héritier.

Gomme il arrivait dans la province d'Élymaïde, il pilla le temple de Jupiter Bélus, dans lequel il comptait trouver un riche trésor. Le peuple, indigné de cette impiété , se souleva et lé massacra.

Ce prince> malgré ses fatites et ses revers, fut généralem&at regretté. Il s'était montré , pendant la plus grande partie de sofa règne, humain, clém.ent et libéral. Il avait rendu un décret par lequel il permettait à ses sujets, de ne poin^ obéir à ses ordonnances lorsqu'elles se trouveraient

328 PEUPLES D^AâTB. [A?. M.-C 487-175.J

contraires à, la loi. Jusqu'à l'âge de cinquante wa il fit admirer son gôîiie ; mais, depuis, cédant à la double ivresse de la glpira et des voluptés^ il finit avec honte un ré^e commencé avec faut d^éclat, - . ,

SÉLEUCUS PHÏLOPÂTÔR.

( An du monde 3817. — Avant Jésus-Christ 1 87< )

Le fils d'Antiochus le Grand ^lérita dWtrône, avili, d'au empire démembré^ du gouvernement d'une nation bumir Uée par ses défaites et forcée de payer un tribut de lûille talents aux Romains. Cette honte parais'sait-d'autfuxt plus douloureuse à supporter, qu'elle avait succédé à un grand éclat, et à une grande prépondérance. Séleucus n'a'i^ait pas un caractère propre. à releyer son pays d'ua tel abaissement; il n'était connu que par son amour pour son pèjre, c[ui lui mérita le surnom de PhilopaU>r. La difficulté cLe trouver l'argent exigé par les étrangers décida Séleucus à s'emparer dû trésor qu'on disait renfermé dans le temple de Jérusalem. Son ministre Héiiodore> chargé de cette expéchtion, voulut exécuter cette entreprise, malgré les remontrances du grand prêtre et les supplications des Juife: mais l'Écriture rapporte qu'au moment où il voulait entrer dans le temple, deux angesJe renversèrent de cheval, le frappèrent de Verges et le forcèrent d'abandonner son projet sacrilège.

Le roi envoya à Rome son fils, âgé de douze ans : son frère Antiocbus s'y trouvait déjà cpnune otage ; ils furent chargés tous d'eux d'ofi&ir au séuat un certain nombre de vaisseaux. La fierté, romaine ne daigna pas accepter ce présent et cette preuve delà lâcheté du roi de Syrie; mais on-fit avec lui, comme il le désirait, un traité d'aUianee eu plutôt de protection. Héliodore, revei^ù en Syrie , cfut que l'absence du frère et du fils du- roi oârait uue circonstance favorable â «on ambition pour monter sur la ùôae : il empoisonna Séleucus;

ANTJOCHUS ÉMPHANE. :

( An du monde 3829. — Avant Jésas- Christ 175. ]

eiéopàtre, reiue d'Egypte, et fijle d'AntioUhus le Grand, venait de perdre Ptolémée Épipbane , son mari. Elle régnait sous le nom de son flls Ptolémée Phîlo.métor, qui était né depiûs peu de temps. Cette reine ambitieuse prétendait ajouter à la couronne' de son fils celle de Syrie et de Perse, que lui disputait Héliodore, soutenu par un parti formidable. Antiochus; revenu* de Rome,^ apprit à Athènes •ces tristes nouvelles ; mais Eumènie, roiiie Pergame, lui iïonna des troupes ; avec ce secours il battit le» rebelles, mit Héliodore en fuites et prévint par la promptitude 'de ce succès Texécutiôn des projets de Glèopàlre. Il prit, dans cette circonstance, le surnom d'Illustré ou à'Épiphane. Ses sujets lui donnèrent plus justement celui d'Épimane (insensé, furieux).

Aba,ndonné aux vices les plus grossiers, il ne respectait ni son rang ni les convenances ; au mépris des coutumes et des moeurs nationales, il se mêlait avec, la populace , .et buvait, dans les tavernes; avec les matelots ^étrangers. Presque toujours revêtu de la toge romaine, il ofiensait les Perses et les Syriens eiî imitant à Séleucie et à Antioéhe 4es usages de Rome. Souvent il briguait sur la place publique un emploi d'édile ou de tribun,- et en remplissait les fonctions. Quelquefois, couronné de pampre et de roses, il se promenait dans les riies, cachant sous sa robe des pierres qu'il jetait à. ceux qu'il rencontrait* ïl déposât le respectable grand |>rètre Onias, et mit à sa place l'intrigant Jason : ce fut là première et méprisable cause des malheurs de la Judée. " '

Cléopàire, reine d'Égypté, venait de mourir. Les Égyptiens exigeaient qu'on cédât à leur joi la Syrie et la Palestine. Antiocliuç envoya dqs ambassadeurs à Alexandrie, sous le prétexte de féliciter son neveu Philométor sur sa majorité, et dans, l'intention réeUc de prendre d'exactes

330 PEUPLBB D'ASŒ. [AT,J»<CI7l46i.]

informations relativement aux forces et aux projets de la cour d'Egypte. Profitant promptement des lumières qu'A en tira, il marcha contre les Égyptiens, et les battit assez complètement, près de Péluse," pour leur ôter la possibilité de rien entreprendre centre la Syiûe et la Palestine.

Lorsqu'il se trouvait en Judée, les députés de Jérusalem accusèrent et convainquirent en sa présence Ménélas, successeur de JasQU, d'une foule de crimes , d'exactions «t d'actes de tyrannie ; mais les ministres du roi^ qui étaient gagnés, renvoyèrent Ménélas absous, et firent mourir .aea accusateurs. L'année suivante, Antiochus remporta une nouvelle victoire sur Ptolémée Phitométor, son neveu : il le fit prisonnier, s'avança jusqu'à Memphis , et se rendit ïnaltre de toute l'Egypte, excepté de la villo d'Alexcmdrie.

n traita d'abord avec douceur le jeune roi captif, dont il se disait le tuteur, et, par sa feinte modération , il sâ concilia l'affection des Égyptiens. Mais lorsqu'il se fut emparé, de tput le pays, il le pilla et Je ravagea sans pitiés

Tandis qu^il s'occupait de cette conquête, on répandait en Palestine le. bruit de sa mort. Cette nouvelle causa tant de joie dans Jérusalem, que le peuple célébra cet événe« ment par des fêtes, Jason^ réfugié en Arabie, revint s'emparer du temple et en chassa Ménélas. Antiochus, furieux de cette révolte, accourut en Palestine, prit Jérusalem d'asaaut, la livra au pillage, tua quatre-vingt mille hommes, vendit quarante mille habitants, profana le sanctuaire, emporta les trésors du temple, et revijit à Antioche, chargé des dépouilles d'Egypte et de Judée, .

Les habitants d'Alexandrie, voyant Philoonéior prison** nier, donnèrent le trône à son frère, cadet, qu'on ncmimait Ptolémée Physcon. Antiochus saisit ce prétexte poiur rentrer une troisième fois dans l'Egypte : H battit l'armée de Physcon près de Péluse, et marcha contre Alexandrie pour m faiiv le sié'pfc. Les députés des différents États de la Grèce employèrent on vain leur entremise ; il continua sa marche en faisant des réponses évasives à leurs propoai-

lâ7{HWaV,l»^.l PiBftSïS. 331

tions de paix. Les RhQâiens rayant pressé pins vivement d'cTtplîquer ses desseins, il déclara (ju'où^'obtt^ndrait la paix qu'en rendant le trône à qiilométor. Sa fausseté était évidente ; car il retenait toujours ce prince dans les ferj, et né songeait qu'à s'emparer de sa couronne. Ptolémée Pbyscon et Cléopàtre, sa sœur, avaient imploré la protec* tion des Romains. Pliilométor, las dé son esclavage, et parfaitement éclairé sur les projets de son oncle, trouva moyen de s'échapper et de venir à Alexandrie. Oléopâtre le réconcilia avec son frère Physcon, et ils conviiirent tous deux de régner ensemble. Leur réconciliation. enlevait à Antioclius tout prétexte de guerre' : ill^ continua, cependant ; et> cessant de masquer son ambition, il répondit aux ambassadeurs des deux [Ptolémées et des États de la Grèce qu'op n'obtiendrait la paix qu'en lui cédant l'île de Chypre^ Péluse et toutes les terres qui sont le long du NU.

Sur ces entrefaites, Rome, qui ne voulait pas que le roi 4iB Syrie accrût sa puissance par de si importantes conquêtes, envoya des ambassadeurs en Egypte. Popilius, ancien ami d'Antiochus, était à la tête de cette ambassade. Le roi, dès qu'il le vit, lui présenta la main : Popilius, refusant 4|V joinfre la sienne, lut le décret du sénat qui lui ordonnait à» faire la paix, de se retirer et d'abandonner ses prétentions sur l'Egypte. Antiochus demanda quelque temps pour,4élibérer : le fier Romain, traçant alors avec sa baguette,un cerde autour du roi, lui défendit d'en sortir avant d'avoir donné une réponse décisive. Le faible Antiochus obéit et souscrivit à tout. Il eut ensuite la bassesse de mander au sénat qu'il était plus glorieux de son obéissance que de toutes ses victoires. On, lui répondit qu'il agissait sagenient et qu'on lui en s^aurait gré.

Les hommes les plus lâches sont toujours les plus cruels. Antiochus, contraint de sortir de l'JÈgypte, se vengea avec fureur sur lesfaibles Juifs des sacrifices que lui arrachait la force romaine. Tyrannisant les esprits etlesconscieiices, il voulut contraindre tous les habitants de son empire à ne

33i FBWLES B^ASDB. [At. J--C l75-l6Ac]

professer que la leligioii des Grecs. 11 proscrivît le ciilté du dieu d'Israël, et fit massacrer tous ceux qui célébraient le sabbat. Pour consolider salyrannie^ on construisit une fortéresse au milieu de Jérusalem. Le temple de Salomon^pro- Capé^ fiit consacré à Hercule^ et celui de Samarie à Jupitear. . Toute la Judée tremblante obéissait avec effroi.. Uiie famille courageuse donna l'exemple dé la résistance à Toppression : les Machabées^ préférant le martyre au parr jure, se, laissèrent eourageus^nent mutiler ^ torturer. Ils rendirent en expirant un noble hommage aji Dieu du ciel et de la terre, sous les yeux d'Antiocbùs qu'ils firent toembler sur son trône en lui annonçant la vengeance divine.

Bientôt un aptre Juif, nonmié Mathatras, accompagné de ses vaillants fils, se retire sur les frontières d'Aralûe, rassemble et fait révolter tous les Hébreux en élat de-porter les armes. Les premières victoires dç Judas Machabée Faniiueut le courage de ses concitoyens, et rendent l'espéraiice à sa patrie : il bat les généraux d'Antiocbùs, metelïi fuite plusieurs de ses arméeSjr brise les idoles , rétablit le culte de rÉternel,;et rentre triomphant dans Jérusalem.

Anfîochus^ furieux de tous ces revers, rasseip^làit^ nouvelles trçupes ; mais il manquait d'argent, parce qù^ avait épuisé tous ses trésors pour imiter fasliieusernÀit à Daphué les jeux olympiques de la Grèce. .

. Dans ce même temps, Artésias, roi d'Arménie, s'^ffciEinchissait de son joug. La Perse lui refusait* des stdbàâesj tout était bottleyersé dans i'emi lire, et les peuples, indignés, bravaient la puissance d'un monarque qui méprisait leurs mœurs, vîolaiUeurs lois et outrageait leur religion, n chargea LyslasWe la régence du royaume, envoya en Palestine Macron et Nicanor, et marcha lui-même en Ar^ méuie. Sea armes furent heureuses contre Artésias; il le^ vaiiiquit et le fit prisonnier. Mais, enorgueilli 'par le succès, il eiifra en Perse et voulut piller Élymaïde : les habitants le repoussèrent et le forcèrent â*'se retirer à Ecbatane. Là U apprit la nouvelle défaite de ses généraux en

IWWMav.J.^] PBUSBS. 333

Judée. Sa fureur alors ne connut plus de bôrqes ; il jura d'exterminer tous les Juifs, et partit pour exécuter luimême ses projets de dostructîoD, Mais tout à cpup il se vit attaquer par un mal violent qui déchirait ses entrailles. Sôiichîiriot, dont il précipitait là course, se brisa; sa chute aggrava sa maladie ; son corps tomba en putréfaction, et il mourut en reconnaissant Tétendue de ses crimes et la justice des vengeances du ciel. Il chargea Philippe, son fréi'c, de la régence pendant la minorité de son fils , âgé de neuf ans; et lui donna sur Fart de régner des instructions aussi sages que sa conduite avait été insensée.

ÂNTIOCHUS EUP^TQR.

(An du monde 384Ô. .— Avant. Jétus-Christ 164.)

Les intentions du feu. roi îie furent pas suivies. Lysias tenait les rênes du gouvernement et refusa de les céder à Phihppe. *

Démétrius, fils de Séleucus Philopator, demeurait toujours à Rome en otnge. Il ^yait vingt-trois ans quand il apprit là mort d'Antioohus Épîphano , son oncle. Comme il était fils du frère aîné'dé ce roi, il prétendit au trône ; mais ou n'écouta pas ses réclamations , et l'ambition du sénat romain, qui voulait dominer l'Asie, préféra un roi mineur à un prince en âge de régnef ,

La république reconnut donc Antiochu§ Eu|>ator, et lui envoya des ambassadeurs, dont le chef se nommait Octavius. L'objet de cette ambassade était moins d'honorer le roi que d'àlFaiblir graduellement sa., puissance , sôûs prétexte dé surveiller rjexécution des traités. Les discordes civiles ne sont que les maladies des empires ; mais Tinterventîïfc des éfrangers cause leur mort et leur déshonneur. Lysias, toujours battu par les Juifs, conclut avec eux unç/^ paix qu'ils rompirent bientôt . Judas remporta une nouvelle vietpite contre Timothée, et lui tua trente mille hommes. Le régent, coi^uisant avec lui le jeune roi, entra en Palestine, et fit le- srége dç^Jérusafem, qui était

334 ' PEUFLliS P'àSIE. [Ay. L«G..itlt-i5Q»3

près de sudconiber, lorçqu^ôn apprit que Philippe yepait de s'emparer d'Antiocbe, dans le^ dessein d'enlever la régence à Lysias.^Le régent accorda la paix aiixJuif&,.et revint en Syrie avec Antiôchus. Philippe fut vaincu et tué.

Cependant les ambassadeur» romains, arrivés en Syrie, trouvèrent qu'Aptiochus avait plus de vaisseaux et d'éléphants que le traité ne le portait. Loin de ^e borner i des plaintes, ils.fir.ent insolemment brûler les vaisseaux et tuer les éléphants qui dépassaient, le nomhre permis. Le peitple, indigné, se souleva , massacra l'ambassadeur Octavius, et les Romains soupçonnèrent JLysias d'avoir ordonné cet assassinat. On fit d^humbles excuses à Rome : le sénat n'y répondit pas; il érigea une statue à Octavius. Son silence et ce monument glacèrent de crainte la cour dé Syrie. ^ .

Démétrius crut alors pouvoir* renouveler ses sollicitations ; elles ne furent pas accueillies. L'historien Polybc, ami du jeune prince, lui conseilla de soutei^r ses droits avec son épée. 11 suivit son conseil, partit de Rome, sous le prétexte d'une j)artie de chasse, s'embarqua à Gstie, et arriva sans obstacles à Tripoli de Syrie. Le sénat ne lui n;iontra ni cotirroux ni faveur; mais il envoya (îracchus et Lentulus en Syrie pour observer' les suites de cette expédition. Les Syriens, voyant arriver Démétrius, et le croyant appuyé par Rome, se révoltèrent, prêtèrent Lysias^et Antiôchus, et les livrèrent à ce prince qui les fit égorger. Démétrius ordonna aussi la mort de Timarque et d'Héraclide, deux anciens favoris d'Épiphane, qui gouvernaient et opprimaient Babylone. Les^ Babyloniens, délivrés de leur tyrannie,, donnèrent au nouveau roi le titre de So^er, (sauveur). ' ' ^

DÏÉMÉTRIUS , SOTER.

(An du m^nde 3842. — Ayaut Jésus-Christ 162.)

La guerre contre les Jui& conÉ^nuait toujours : Judas venait nouvellement dç vaiacre et de tuer Nicaaor; mais

{450-145 wr. J.-C.] PERSES. 335

Cfe héros de la Palestine périt dans un autre combat. Ses frères héritèrent dé sa puissance, de sa gloire et de sa fortune.

Les Romains les protégèrent. Démétrius, craignant leur ressentiinent) rappela son général Bacchide;, et laissa forcément quelque rçpos à la Judée.

Quelque temps après, il rétablit sur le trtne de Cappàdoce Holopherne» qui en avait été chassé par Ariarathë/ L'ingtat Holophërne forma une conjuration contre son protecteur. Démétrius la découvrît, mais ne put en punir l'auteur j il se trouvait appuyé par Ariaràthe , par le roi d'Egypte, par Altale, «t par Héraclide et Timarque , qui, échappés à la mort, s'étaient retirés à Alexandrie.

Les princes, ligués avec les rebelles, opposèrent à Démétrius un jeune aventurier nommé 6da, qu'ils firent passer pour un fils d'Anfioehus Épiphane : ils l'envoyèrent à Rome, et obtinrent en sa faveur un décret du sénat. .

L'imposteur arriva en Palestine, y trouva des troupes, , et prit le nom d'Alexandre avec lé titre do roi. Démétrius rechercha l'alliance de Joiiathas, priûce des Juifs, ef lui offrit le commandement de son armée. Alexandre, de son côté> ayant envoyé à Jonathàs de riches présents et une couronne, obtint la préférence. Les deux rois se battirent. Alexandre, vaincu dans un premier combat, se ré-^ leva par les secours des Romains et des Juifs , et se vit bientôt en état de livrer une nouvelle bataille. Démétrius, vainqueur à l'aile qu'ilcommandait/ poursuivit trog^ vivement l'ennemi :Je reste de sph armée jwrit la fuite. . Forcé lui-même de se retirer, il tomba dans une fondrière, où on le perça à coups de flèches.* Son règne n'avait duré que douze ans.

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