SÉLEUCUS NIC.4T0R
« {An du monde 3700. , — Avant Jésus-Christ 304 . V
SéleucuB , jouissant du repoâ que lui donnait la paix, agrandit et embellit la ville qu'il avait bâtie sur TOronte, et qu'il nomma Antioche , par tendresse pour bod père Antiocfaus et pour son fils qui portail le même nom, Ël^e devint la capitale de l'Orient. Il bâtit encore d'autres ville3» savoir : Séleucie^ dans levoisinage de Babylone, dq^t elle hâta la ruine ; Apamée^ du noni de sa femme, fille d'Artabaze, satrape de Pçrse» et Loadice, en mémoire de sa mère. Il accorda dans toutes ces villes beaucoup de privilèges au juifs, qui lui avaient donpé de grands secours. Aussi modéré dans la prospérité que ferme d^ns le malheur, il eut, la générosité de relever la fortune de Démétrius, qui, après avoir pri^ tant de ville«, ne trouvait dV silq dans aucune. Athènes même, qui lui devait Sft liberté, venait de lui fermer honteusement ses portes. Séleucas épousa Stratonice^ fille de Démétrius, et se ligua avec lui contre Lysimaque pour donner quelque apanage à son beau-père.
Démétrius, loin de payer ce bienfait par une juste reconnaissance, abandonna bientôt son gendre. Ayant perdu sa femme Phila, sœur de Cassandre, il se raccommoda avec Ptoléméey et épousa sa fille Ptolémalde.
L^roi d'Egypte lui céda, en faveur de cette alliance, Chypre, Tyr, 8idon et même la Cilicie: e^tte dernière province appartenait de droit à Séleucus, qui deviut son ennemi.
Gassandre, le plus barbare des successeurs d'Alexandre, mourut alors d'hydropisie. Il laissait trois fils qu'il avait eus d'une sdeur d'Alexandre, nommée Thessalonice. . L'alné; Philippe, ne survécut pas longtemps à son père. Antipater, le second, voulait lui succéder ; mais Thessalonice favorisait, à «on préjudice, le troiiûème.de ses fils.
342 PEUPLES B'ASIE. [A^r, J.-C. S04-284.]
nommé Alexandre. Antipater^ furieux de cette intrigue, assassina sa mère, Alexandre, voulant la venger, implora le secours de Pyrrhus, roi d'Épire, et de Démétrius, qui, après avoir perdu ses nouveaux États en Asie, était descendu dans la Grèce, avait pris Athènes et vaincu les Lacédémoniens.
Antipater perdit une bataille, et s'enfuît enThrace, où il mourut. Llugrat Alexandre, craignant ses protecteur^, voulut renvoyer Pyrrhus en Épîre et se défaire de Démétrius; celui-(â le prévint et le tua.
Ainsi, toute là famille du.conquérant de l'Asie périt de mort violente. Les Macédoniens placèrent Démétrius sur le trône; mais, peu satisfait de ce patrimoine d'Alexandre, il ne dissimula pas son.projet de conquérir la Grèce et TOrient. Il fut attaqué par Lysimaque et par Pyrrhus, qui le vainquirent si complètement, qu'il se vit obligé de se déguiser en soldat et d'échapper à la mort par la fuite.
On déclara Pyrrhus roi de Macédoine ; il céda une par. tie de ce royaume à Lysimaque,
Démétrius, rentré en Asie, leva des troupes et fit quelques conquêtes. Séleucus lé battit et s'empara de sa personne. Lysimaque exigeait sa mort; Séleucus lui conserva la vie. Mais, forcé de languir dans la captivité et de renoncer à toute ambition, il s'abandoiina aux vices, et moiurut dans la débauche, à cinquante-quatre ans. La veille de sa chute, il se berçait encore des songes de la gloire : dépourvu de SCS États et réduit à commander une poignée de soldats , il surveillait la confection d'un manteau magnifique où l'on avait brodé la carte de l'empire d'Alexandre, dont il méditait la conquête.
Son fils Antigène, plus peureux que lui, rassembla ses amis, leva des troupes, conquit la Macédoine, et y établit sa race, qui posséda ce poyaume jusqu'au règne de Persée, que les Romains vainquirent et réduisii*ent en servitude.
Le bonheur dont jouissait Séleiucus, et qu'il devait plus encore à ses vertus qu'à ses exploits, fut quelque temps
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troublé par un violent chagrin. Antiocfbus^ son fils^ plongé dans une mélancolie profonde^ s'aicheminait lentement au tombeau. Personne ne pouvait expliquer le genre et la cause du mal qui le cousumait. Le médecin Érasistrate, remarquant l'agitation qu'éprouvait le jeune prince lorsque la reine Stratonice, sa belle-mère, s'offrait à ses yeux^^ découvrit le secret de son cœur et de sa maladie ; mais, aussi prudent que pénétrant, il usa d'une sage précaution pour communiquer sa découverte au roi, et lui dit que la femme de son médecin était Tobjet de la passion d^Antiochus, et serait probablement la cause de 3a mort. Séleucus, brûlant du désir de sauver son fils, offîdt tous ses trésors à Érasistrate pour l'engager à répudier sa femme et à la céder au prince.
Le médecin, après avoir résisté quelque temps, décou- ^ vrit par degrés au roi la vérité tout entière, en l'invitant à prendre pour lui-même le conseil qu'il lui avait donné.
Le roi, réduit à la nécessité de renoncer à sa femme ou de perdre son fils, sacrifia l'amour conjugal à l'amour paternel, rompit ses liens avec Stratonice, et lui permit d'épouser son fils.
Depuis la mort d'Alexandre, une amitié constante unissait Séleucus à Lysimaque. A l'âge de quatre-vingts ans, ils se brouiUèrent et se déclarèrent la guerre. Séleucus reprit la ville de Sardes, dont Lysimaque s'était emparé, et lui livra ensuite bataille en Phjygie. Lysimaque fut vaincu et tué. Séleucus se rendit maitre de ses États. Il restait ainsi le seul des capitaines d'Alexandre, et, comme il le disait lui-même, le vainqueur des vainqueurs. Il prit alors le titre de Nicatar (victorieux). Sii mois après, s'étant mis en route pooir conquérir là Macédoine, il périt assassiné par Ptolémée Céraunus.
Séleucus régna vingt ans depuis la bataille d'Ipsus, et trente et un, si Fon date son règne de l'ère des Séleucides. On le regretta dans l'Orient qu'il avait conquis et pacifié. lu.es Athéniens lui payèrent un juste tribut d'éloges..Loin de
cpntribuer, comme ses collèfçues, ftleur oppifepsipn, il Ifem* avait renvoyé génorcusemeut la bibliothèque (Jorjt-X^rxès s'Otait emparé.
ANTÏOCHUS SÔTER.
(Ail du wfmde StSU), r^. Àv^iit lésus-Cbri«t 984.)
I^rsqijfi Lysimaque périt eu t^b^ygie, dans lecop^bftt 9»^ lui avait livré ^leucus^ il laissa le trône 4e Tbraea f^'^§§ (ils ^t la régence à Arsinpé^ sa femme. Ptolép^e Çéramiuf » ck^ssq d^ sop pay§ par les Égyptiens, était te frère d'^rsijioé. U «ejéfijgiaeiiThrace, qm, confof ipémpnt^^ux saïBUfs 4e l'Asie et de l'JVfriqù^, il engagea sa ^œw à l'éppnser, promettant d'être le tuteur et l'appui de ses enfeptsj fii^i», aprèj^ le iQoriage, ^§ssa^9iQ^le9 jeun^s prinpe§ Lysl.maque pi Philippie^ exila la rejQe en S^mothrace, pppta sur l^^ trône, et, ainsi que qous TayoQs rapporté, gt périf .ai^c pprfidie Séleuci^s, qui était eutré (en Tl^r§(P# Pfti]QI»^ PP"^quérant.
Tous cps le^imes If^i attirèrent bii^ntôt uncb^UF^enlftiissi imprévu que*mérité.
Ia G^ule, trop peuplée, envoyait alors dans toute l'ISurope des colonies guerrières qui cberçbaieQt dans les pay$ les .plus éloiguiés de nouvelles richesses, une np^yellQ gl^ii^ et une nouvelle patrie. Les Gaulois entrèrent en Tbra^e. Céraunus voulut en vain les repousser; ils le battirent, le tuèrent, pillèrent le pays, passèrent THellespont, entrèrent pn Asie, où ils exercèrent beaucoupde brigandages, et cpu- Jtro^tèrent une alb^ce ayecNicomède , i:ol de pi^iynijs. Par ce. traité,, ils obtinrent la pos^essiop4§ cptte partie de l'Asie Mineure qu'on appela depuis JSal^tie. ^
Antiochus, en montant sur le trône de son père, 6e|wuya foroé de soutenir la^nerre en Thraçe.etep Asie. contre les Ganlgis, et en Macédoine contre Antigone', fils dp Démé.trips. Les Gaulois avaient fai^uQ.eiQvask>udans Ce royai|;n)e; naais Spstl^èpe les en eliassa. Après quelques cpmbats dopt
te Btiécèiâ i'ëslâ ïhiéoifi] AUtideJitià fit lApatx^ lâisdêllë Maod;'^ doine â Antigone, cftlui fit épouser une fille qu'il avait eue de Stratonice, nommée Philœ. Débarrassé dfe cette glièri^e^ le roi de Syrie marcha contre les Gaulois qui dévastaient l'Asie. Il leur livra batailla, remporta sur eux une victoire complète, et en délivra le pays. Cette action glorieuse hii mérita le surnom de Soter ou ^auveuf.
Dans ce temps, Pyrrhus entreprit la conquête de l'Italie. Il s'acquit d*ftbord une grande renommée par plusieurs victoires; maië ilfut obligé de céder à la fortune des RomainS; Il avait épouvanté ritalie, tyrannisé la Sicilfe; et, semblable à la plupart des conquérants, qui ne savent point borner leur ambition, il perdit toiit le fruit de ses exploite, et se vit obligé dé rentrer en Épire. Uii tel royaume était trop petit poui* un si grand nom. Il attaqua Antigone, le battit, et lui enleva presque toute la Macédoine*
Les Lacédémonienâ s'étant déclarés? contre Itii, il entra dans leur pays et fit le siège de Sparte; mais il y fut blessé, et ne put forcer les murailles d*une ville que défendaient de braves guerriers et de éages lois. Il ô'eh éloigna et.mar- (îha Contre Argoa. Cette expédition termina sa vie. En sor* tant de cette ville, sfes troupes se trouvèrent pêle-mêle avec les Argiens dahs Une rue étroite; Pyrrhus s'étant attaché à combattre un jeune et vaillant Grec qui osait arrêter «sos pasj la mère du jeUne soldat, qui voyait avec désespoir le danger de son' fUs près de périr sous ses ^^eux, jeta de la fenêtre où elle éta^t une forte tuile sxir la tête du roi et le tua.
Ainsi, pdr Un jeu du dort, la main d'une pauvre femme abattit ce héros, dont le nom, retentissant dans l'Asie et dans l'Europe, avait porté l'épouvante à Babylone, à Sparte et à Rome.
AntiochUs Sqter vit son règne troublé par les séditions. Un de ses généraux, nommé Philitère, se révolta en Lydie, et résista avec succès à son souverain. Son fils aine forma une conjuration contre lui ; le roi l'envoya au supplice. Il
316 PEUPLES d'ASIE. [âv. I.-C. 350-346.]
mourut lui-même peu de temps après^ et laissa le sceptre à un autre fils qu'il avait eu de Stratonice, et qui se nommait comme lui Antiocbus.