‹ Histoire ancienneChapitre 77 sur 116 · HORMISDAS III · texte numérisé non relu

HORMISDAS III

(580 ans après jësus^Christ.)

Le fils de Cosroès, faible, superstitieux et livré à tous les vîcse», croyait qu'il pourrait sans danger suivre le torrent; de ses passions, parce que les mages lui avaient assuré qu'il réussirait dans toutes ses entreprises, et que ses projets, quels gu'ils fussent, seraient constamment protégés par le ciel. Ses débauches et ses caprices excitaient un mécontentement universel. Varrau, un de ses plus braves généraux, reçut,en combattant contre les Romains, un léger échec. Le roi lui écrivit une lettre insultante et lui envoya des habits de ^emme. On pardonne les rigueurs et non les affront» : le général se révolta et fit partager son ressentiment à Tarmée, qui se souleva. On pilla les palais et les domaines du monarque;, on ouvrit les prisons. Un prince du sang, nommé Bindoès,. que le roi avait chargé de fers, brisa ses chaînes, se mit à la tête des rebelles^ força les portes de Ctésiphon, capitale du royaume, et pénétra dans le palais. Le roi était sur son trôné ; à la vue des révoltés, il donna ordre d'arrêter le prince rebelle ; mais la garde immobile n'obéit point à ce commandement.

Bindoès arracha lui-même la tiare du roi, et le fit jeter en prison. L'infortuné monarque réclama un jugement de la nation et plaida sa cause devant une assemblée générale, avec une chaleur qui commençait à émouvoir en sa faveur les esprits ; mais Bindoès, après avoir retracé le tableau^es injustices, des débauches, des excès et des exécutions^arbitraires qui excitaient l'indignation du peuple

352 PEC^SS d'ASIE. [Dé J.-t. 500-628.]

cputre Hormisdas^fit sentir avec force aux grands coi9tHen il serait imprudent à eux* de rétablir sur le trône un monarque, injurié, qui aurait taiit de motife de vengeance contre ses sujets. Cette crainte entraîna les opinions ; le roi fut condamné à une prison perpétuelle, et on M gassa un^er rouge devant les yeux, pour le mettre hors d'état de régner»

Hbrniisdas' demanda pour dernière grâce à l'assemblée de ne point donner lé trône à son fils Cosroès, qui devait, selon lui, faire le malheur <]e son peuple. Il pria les grands de niettre à sa placé un autre de si^st epfants, qu'on afispelait Hormisdas, dont le caracière étaît^ doux et humain. Loin d'écouter les vœux du roi captif, les grands couronnèrent Gosroès et firent motirir le jeune Hormiédas et sa mère, l^e vieux roi, désespéré, ne pouvait contenir ses"^ murmures et sa douleur ; le barbare Gosroès le fit assassiner.

COSROÈS II.

(5dO ans «près Jésu8<»Christ )

Le général Varrail, aii lieu de se soumettre au rpi, persis^ dans sa rébellion, et jura de punir un prince parricide, que ses cringies renduient indigne de régner sur len Perses. Gosroès le combattit, fut vaincu et obligé de se réfugier chez l'empereur d'Orient. Varran victorieux s'empara de Gtésiphon; mais, lorsqu'il se vit maitre de la capitale, se dépouillant de tout masque de vertu et de modération, il fit niêttre en prison-le prince Bini^feès, se revêtit des ornementa royaux, et voulut se placer sur le trône. Les grands, irrités de cette audace, formèrent une conjuration contre lui, délivrèi^ût Bindoès et attaquèrent l'usurpateur dans son palais. Mais il repoussa vaillamment leurs efforts, les dispersa et en fit périr une partie par les armes et l'autre par les suppUces. Bindoès évita la mort et se sauva fti Médie, où il leva des troupes. Gosroès vint le joindre à la tète d'une armée que l'empereur Mau^ce lui avait donnée. Àprèi cette jonction, lé roi livra bataillé à

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Vairau, le^battit et- remonta sur le trôrieu. Varran, obligé de îwiTj termina sa vie chez les Huns^ qui Tassassmèreut.

Jusqu'à ce moment, voulant se concilier ramiliéderempereur d'Orient, Cosroès s'habilliait à la romaine, et inontrait beaucoup de tolérance et même de bienveillance pgur les chrétiens ; mais: il changea de conduite dès qu'il se vit maître de l'empjre. .

Narsès, général de l'empereur Maurice, avaiVpiij^samment contribué à son rétablissement. Eii se séparaut de lui, il crut pouvoir, lui recommander, d'un ton qui rappelait Tantiquc fierté romaine, 'de prouver toute sa^ie la reconnaissance qu'ildevait aux Romains, maîtres dû monde.* Le roi de Perse, pour rabattre.son orgueil, lui traça le tableau réel de la "situation de cet empire^ miné par la corruption, déchiré par les discordes intestines et de tons côtés envahi par des Barbares. Il mesura lès progrès de cette décadence, et prédit Tépoqne précisç de fa chute avec tfint de justesse, qu'il passa par la suite aux yeux des Grecs pour un grand astrologue.-

La paix dura quelque temps çntre les deux royaumes; mais, dès que Cosroès apprit l'assassinat et la mort de l'empereur Maurice, il djéclara la guerre aux Romains. Cette fameuse guerre comment la seizième année de son règne.

Là fortune favorisa constamment ses armes : ses victoires furent-nombreuses et rapides. En neuf ans il conquit la Mésopotamie, la Syrie, la Palestine) la Cappadoce, l'AridÇnie et la Paphlagonie^ Après avoir pris ^ntioche, il s'empara de Jérusalem, envoya en Perse le patriarche, profana le saint sépulcre, emporta la vraie croix, et vendit quatre-vingt-dix mille chrétiens aux Juifs de ses États, qui les égorgèrent tous. Il soumit ensuite l'Egypte, et revint en Perse pour combattre, l'empereur d'Orient, Héraclius. Ce prince, aussi sage que vaillant, proposa d'abord la paix au wi de Perse. Mais Cosroès répondit insolemment qu'il ne ferait aucim traité tant que l'empereur et

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ses sujets n'auraient pas abjuré le culte du dieu .crucifié, et embrassé la religion des mages.

Héraclius piinit cette brutale arrogance par une victoire, et proposa de nouveau la paix. Gôsroès, enivré de sa fortune passée, et ne pouvant croire qu'elle Teût abandonné sans retour, rompit toute négociation, et livra une se^nde bataille, dans laquelle îl fut défait et perdît cinquante mille bommes. Après ce revers, comme il soupçômiait un de ses généraux, nommé Sarbate, de l'avoir trahi, il écrivit à un autre chef de l'arrêter et de le faire mourir. Les Romains, ayant intercepté la lettre, la donnèrent à Sâr- . bâte, qui joignit à son nom, dans l'ordre du roi, les noms de quatre cents officiers de marque. Il communiqua ensuite cette pièce à rarmée.'Tous les officiers désignés se crjirent proscrits, se révoltèrent et entraînèrent da^s leur rébellion une grande partie des troupes.

Dans ce même temps, Cosroès avait voulu désigner pour son successeur le plus jeune de ses fils, nommé Merdazâs. Siroès, l'aîné de ses enfants, irrité de cette préférencie, se joignit aux révoltés, et l'empereur Héraclius donna promptement la plus grande force à leur parti, en rendant la liberté aux Perses priècmniefs, à condjition qu'ils se join- ^draient aux rebelles.

L'insurrection devint générale. Cosroès, affaibli par l'âge, se laissa prendre et fut déposé.. Siroès^ digne d'un tel père, le fit enchaîner dans un cachot, où il était exposé aux regards du public. On l'y garda cinq jours, ne le nourrissant que de pain et d'eau. Chi tua ensuite devant lui son^ls Merdazas. Enfin Siroès doiina l'ordre de le faire mourir à coups de flèches.

Telle fut la fin de Cosroès : parricide, il périt par un parricide ; son règne, (fUï avait duré trente ans, offre aux hommes la preuve que lès grands crimes, malgré l^éclat dont peut les couvrir quelque temps la fortune, attirent toujours la vengeance du ciel, qui, pour être tardive, n'en est que plus terrible.

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