‹ Histoire ancienneChapitre 76 sur 116 · VARANNE V · texte numérisé non relu

VARANNE V

Le fils d'Isdigertes se brouilla avec les Riomains^ et^ pour les combattre / s'allia ^ux Sarrasins , dont le nom se fit iconnaitré pour la première fois à cette époque.

\ PËROSE.

Le roi Pérose, attaqué par les Huns qui habitaient au nord^ de la Perse^ se laissa envelopper par eux^ et fut obligé de capituler. jOn aVait exigé qu'il se prosternât devant le roi des Huns 4 les mages lui conseillèrent d'exécuter cet ordre au lever du soleil, pour qu'il parût faire un acte de religion et non de bassesse. Pérose, irrité de ces humiliations, prit de nouveau les armes ; il espérait surprendre les' Barbares ; mais ils le battirent et le tuèrent.

VALÉUS.

Le fils, de Pérose fit de vain§ efforts pour vengei^ son père, et, ne pouvant, affranchir son pays du tribut imposé parlés Huns, il mofurut de chagrin.

CAVADte. '

. La fortuùe se 'montra d'abord plu^ favoral)le à ce monarqiie qu'à ses prédécesseiirs ; mais l'orgueil que lui inspirèrent ses vk».toires et sa passion désordonnée pour les voluptés le perdirent. Il publia uii édit insensé , qui, violant les lois de la justice <et de la pudeur, soumettait à ses caprices tontes les femmes de ses sujets. Les grands, jndi-

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gués, se révoltèrent, .renfermèrent dans une prison, et . donnèrent le diadème à un de ses parents , nomtné Z$imbàde fls s'assemblèrent ensuite pour délibérer sur le sort de leur captif : les avis étaient partagés ; les uns deinandaieid.la mort du roi, les autres voulaient le âaùver. L^un .lies plus emportés , montpâïit un canif, dit que si ce petit mstrument ^servait à frapper le tyran, il serait plu^ utile à la Perse que les cimeterres ûe vingt mille soldats. Malgré cette violente sortie , l'avis le plus humain l'emporta dans le conseil : on décida que le- roi serait enfermé , pour sa vie, dans une prison.

La reine » re^e libre , portait souvent des provisions à son époux; mais il lui était défendu de le voir. L'officier chargé cle sa garde s'enflamma pour la reine, lui permit d'écrire à son mari, et lui lit même la promesse de la laisser entrer dans la prison si elle voulait céder, à son amour. Le roi, informé de cette proposition criminelle, ordonna à sa femme de consentir à tout. La, reine obtint l'entrevue qu'elle désirait, et en proQta promptement pour revêtir le joi de ses habits. Sous ce déguise.ment, Cavade s'échappa de sa prison et se réfugia chez le roi des Huns , qui lui fit épouser sa fille et lui donna une armée, ^veé ces troupes, il rentra en Perse ^t promit des gouyemements à tous ceux qui embrasseraient les premiers sa cause : ces charges étaient héréditaires ; l'espoir de les obtenir ramena au roi presque tous les grands. Sa marche fut rapidje, il défit les rebelles, rentra dans sa capitale, fit crever les yeux  Zambade, envoya au suppUcé le^ conseiller qui avait opiné si hautement pour sa mort, et prit pour premier ihinistre Sésofe, ^mpagnon de sa fuite.'

Cavade profita des leçons du înalheur : mi^é du pouvoir, il n'en abusa pas, dompta ses passions, gouverna avec sagesse, et rendit à la Perse son ancien éclat.

Il pria l'enipereur Anastase de lui prêter l'argent liécessaire pour payer les secours qu'il avait reçus àxi m des Hniis.

3§0 PEUPLES d'Asie. [De J.-C. ssi-sso.]

Le refus de l'empereur aigrit le roi ; la guerre se ralluma". Cavade s'empara d'Amide.et conquit plusieurs provinces. Après ces victoires , il voulait que remperéur d'Orient adoptait un de ses fils pour le. placer sur le trône de Constantiuople. L'efl&*oi qu'inspiraient les armes du roi de Persç avait décidé la cour impériale àconsentir à cette proposition i on était près de conclure le b'aité; mais la signature en fut retardée par des difficultés de forme. Les circonstances changèrent, et Gavade, modérant ses prétentions, accorda la paix à l'empereur, qu'il contraignit seulement à lui payer un tribut.

Le roi de Perse, sentant sa fin s'approcher, désigna pour son successeur Cosroès, qui n'était pas l'aîné de ses fils. La confiance que lui inspiraient les talents et les grandes qualités dé ce jeune prince décidèrent son choix. La nation assemblée le confirma.

COSROÉS.

(^31 ans après Jésus-Christ)

' L'ambition active de Coôroès fut longtemps avantageuse à la Perse et désastreuse pour les Romains. Lorsqu'il ^es voyait attaqués par leurs voisins, il les menaçait et leur faisait acheter sa neutralité. Dès qu^il les voyait sans ennemis, il se tenait sur la défensive, et .encourageait par ses conseils et ses promesses les Huns, les Goths et les Sarrasins à renouveler leurs irruptions dans l'empire.

Par cette politique astucieuse, il trouva le moyen de reinplir en peu de temps ses trésors,. Lorsque Justinieà eut conquis l'Afrique, fl eiCigea de èe priiîce un tribut, prétendant qu'on lui devait une part dea fruits de cette conquête, qu'on n'aurait jamais pu faire, malgré le génie de Bélisàire, si la Perse n'ét?iit point restée neqtre. Il fatigua, durant un Icmg règne, ses ennemis par les querelles qu'il leur suscitait, et ses sujets par des levées d'hommes et des marches continuelles.

A la fin de sa vie, la fortune l'abiPuadonna. Il perdit une

bataUle contre les Romains^ ne (lût son saluf qu'à la fuite, et vit ses ennemis s'établir en quartiers d'hiver dans ses États: l'habitude des succès né l'avait point préparé aux revers; il ne put supporter sa défaite,, et mourut de chagrin, après avoir recommandé à son fils de ne jamais expoa/Br sa personne dans une action contre les Romains.

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