‹ Histoire ancienneChapitre 85 sur 116 · ARGOS · texte numérisé non relu

ARGOS

Ses rois. — Origine do nom d'Àrgèt. ^ Histoire de Danaé; ^ iCaissanqe d'UercuIe. — > Ses exploits.

Les rois les plus comrns qui gouvernèreut cette contrée . futeùt Inachus, Phoronée^ Apis^ Argus^ CFiasas> Phorbas^ Triopas, Grotopus, Stbéûéliis^ Gélonor, Danaus> Lyucée, Abas, PrsBtus et Acrisius; de celui-ci provinrent Persée, Eurysth^, Hercule.

Inachus, victime d'une révolution en Egypte, fonda la première colonie en Grèce. Le règne^de Phoronée, son successeur, marque Tépoque la plus ancienne delà civilisation grecque. Ce prince établit dans la nouvelle ville d'Argos le culte des dieux et ]eslois égyptiennes. Il s'empara de toute la presqu'ile du Péloponèse. Apis donna sou nom à la partie de Cette presqu'île qui se nomma longtemps Apiè, Xtgus fut le premier qui attela de^ bœufs à la cbarrue. La ville d'Argos, embellie par ses soins, prit et conserva son nom. Criasus y éleva un temple à Junon. Inachua fut le père, de la fameuse lo. Un prince du pays, nonimé Jupiter, enleva cette princesse, et la conduisit eh Egypte., où elle fut, dit-on, adorée sous le nom dlsis. Les poètes, Ornant cette aventure des couleurs de la fable, dirent que le maître des dieux, étant devenu amoureux d*Io, la transforiiia en génisse pour la soustraire au courroux de Junon.

Lorsque le roi Gélanor gouvernait TArgolidé, Égyptus. régnait en Egypte. Êgyptus avait cinquante fils; il Voulait It^s unir aux cinquante filles de son frère Danaûs. Celuirci rejeta cette uiiîon, et s'enfuit en Grèce. Ayant rassemblé ses amis et quelques aventuriiers, il se niit à la tète des Argiens, mécontents de leur roi, et s'empara du trône de Gélanor. Le roi d'Egypte, opiniâtre dans ses desseins, troubla bientôt sop frère dans son nouveau royaume. Il envoya en Grèce une armée soUs les ordres de ses cinquanta fils, fit le siège d'Argos, et força Danaûs à consentir au

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mariage J)rojeté : mais le cruel roi d^irgos, dont la haine s'était accrue par cette violence, fit assassiner ses neveux parleurs femmes, la nuit de leurs noces. Hypermnestre seule sauva son mari Lyucée, qui s'échappa ains^i des embûches du tyran, vengea ses frères et régna. .

Acrisius et Prajtus, fils jumeaux de Lyncée, se disputèrent le trône. Acrisius |l'emporta et donna la. ville de Tyrinthe en apanage à Prœtus. * >

Acrisius fut père de Dàiiaé. Un oracle l'avertit que l'en'faut qui naîtrait d'elle le tuerait. Pour éviter ce malheur,, il enferma sa tille dans une tour; maisî un prince voisin, nommé Jupiler, séduisit les ga^^des, entra dans Ja prison , enleva Danaé et l'épousa; elle donna naissance à Persée. Ce héros combattit les monstres des forêts, tua une reine d'Afrique, nommée Méduse, dont Taspect, dit la fable, pétrifiait ceux qui la regardaient, L^ princesse Andromède fut délivrée par lui d'un ravisseur, dont les poètes ont fait un monstre marin. Enfin Persée, disputant le prix auxjeut funèbres de Thessalie, accomplit involontairement l'oracle, et tua son grand-père Acrisius d'un coup de palet.

Dans le même temps, Pélops^.fils de Tantale, roi de Lydie, vint en Grèce poiji éviter la^ vengeance de Tros, roi des Troyens', qui lui faisait la guerre parce que Tantale avait enlevé un de ses enfants, nommé Ganymëde. Pélops ayant remporté lé prix des chars aux jeux de Pise ou d'O*. lympie, épousa Hippodàmie, fille d'(JKnomau8, roi de cette contrée. Il succéda à son beau-père, se rendit maitré d'une, partie du Péloponèse, qui prit son nom, et fut la chef do la race des Pélopides.

Persée, ne pouvant plus si^portër le séjour d'Argos/depuis qu'il avait tué son grand-père, transporta le siège, de ses États à Mycène, et régna cinquante-huit ans (an du m. 3992. — Av. J.-G. 1012). Ses enfants se partagèrent son royaume : Anaxagoras, l'un d'eux, s'établit à Argos et eut des successeurs.

SthénéluSj qui avait épousé une fille de Félops, resta à

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Hycâie, et laissa son sceptre à son fils Enrysthée, dont les enfâHts- furent tués par cenx d'Hercule. Persée avait eu deux autres enfants : Alcég, père d'Amphitryon, et Ûecttjon, père d'AIcméne. Le mariage d'Alcmène et d'Amphitryon devînt la source des grandes querelles qui éclatèrent par la suite entre les Pélopides et les Héraclfdes.

Âlcmène, que les poètes font aussi mère d'Eurysthée^ cédant à Tampur d'un prîiîce voisin, nommé Jupiter^ donna naissance au fameux Hercule. Gehéros^ doué du plus grand courage et d'une force merveilleuse/ signala sa jeunesse piir des victoires remportées sur des monstres et des brigands. Le roi Eurysthée, jaloux dé sa renommée, le chargea de plusieurs entréprises périlleuses^ espéMnt ^*il y trouverait la mort.

flereulcj poursuivi par le courroux de Junon et par la haine d'Eurysthcc; remplit la terre du bruif de son nom. On croît générafemént <ju'ii a existé dans différentes coiftlrées plusieurs Hercules ; on trouve dans presque tous les pays des traces* de leurs exploits^ qu'on attribua dans la ajukè au seul Hercule fils d'Àlcmène' et d'Amphitryon. Hercule, le premier des demi-dieux, extermina, TRt-on, le lion de Némée, le taureau de Crète, le sanglier d'Érymanth'e et rhydirè djB Leme. Il tua Busiris, roi d'Egypte, qui faisait massacrer- les étrangers, et terrassa le roi^ Libye^ Antée,- dont là vengeance s'exerrait sur ceux qu'il avait vaincus à la hitté. Sa massue écrasa les géants de Sicile et les centaures de Thessalie. Après avoir purgé la terre de brigands, il en fixa les limites à Cadix, qu'on appela les colonnes d'Hercule. La fable dit qu'il ouvrit les montagnes pour rapprocher les nations, qu.'il creusa des détro'ts^pour confondre les mers, et que les dieux durent â son secours leur triomphe sur les géants appelés Titans. Son histoire est un tissu de fables. Les poètes lui ont nùribiié toutes les grandes actions dont on ignorait les auteui-s; mais il a existé certainement un véritable Her-

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cale, célèbre par sa force et sa yaleur, puisqne sa race a- .subsisté et régné longtemps dans la Gfeœ.

EXPEDITION DES argonautes; ^

(An du'jnonde âVsa. -^ Araut Jésus-Christ I3l9.) But de cette ex{>éditio)i. — ta toison d*or. — Moct d*Hercule.

Les courses et les travaux de ces illustres aventuriers n'avaient pas toujours pour objet la sûreté du pays, la des- Wiction des monstres, la protection de l'innocence et la punition des brigands. Le but de cette espèce de chevalerie erraùte, que h'éclairàît point une religion pure et vraie ,. était souvent l'enlèvement de quelques belles princesses où le pillage Je quelques riches cités.

La Cordiide passait pour un pays très-ôpulent ; sa capitale renfermait, dit-on, un trésor que la fable transforma en toison d'or, gardée par des dragons. Le -bruit des richesses de la Colchide excita la cof idité des héros grecs.

Jason était un prince de Thèssâlie: son oncle Pélias^.qni s'était emparé du tr6ùe, détermina ce jeune guerrier à tenter cette expédititm contre. Colchos', espérant qu'il y périrait. Les hommes les plus vaillants dfe la Grèce, Hercule, Oïlée, Télamou, Castor, Pollùx, Thésée, Philoctèté, Argus et plusieurs autres furent ses compagnons, j^rgus se chargea de la construction du navire qui devait les porter. Leur navigation fut heureuse. Médée, fille d'^Ëtas, roi- de Colchide, seconda. leurs efforts. Séduit par Jason, elle lui livra les trésors de son père et s'enfuit î\yec lui. Au retour de cette expédition. Hercule continua longtemps ses brillaritsexploits; mais ce superbe vainqueur lui-même, vaincu par l'amour^ fila pour la reine Ompfrale, et conçut une grande pasMon pour Déjanire, qu'il époiisa. Cette princesse, dans un accès» de jalousie, lui donna un breuvage qui le rendit furieux. Ne pouvant supporter ni cal-

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mer ses violentes douleurs^ Û fit dresser un Mchier au sommet du mont OËta^ se précipita an milieu des flammes et y périt. La fable dit que ses- entrailles étaient brûlées par une robe empoisonnée que Béjanire avait reçue de son rival Nessus, prince de Thessalie, etqu'on appelait Centaure^ parce que les Thessalieiis furent! les premiers Grecs qui dressèrent et montèrent des chevaux.

Lsl mort d'Hercule n'éteignit point la haine d'Euiysthée; il chassa dii Péloponèse les enfants de ce hérqs ; mais ils y revinrent bientôt^ le défirent dans un combat et le tiièreàt. Trois ans après, Hellène,, leur aihé| fut vaincu par un roi de Tégée et périt. Ses frères se dispersèreut^ans la Grèce, où ils furent connus sous le nom d'Hêraclides.

Eurysthée étant mort» Atrèè, son oncle niàtemël et ûls de Pélops, prit possession du Péloponèfie,' ef foàda la dynastie des Pélopides, doùt les passions, les crimes et les malheurs remplissent encore le mppde d'affreux souvenirs. Atréei fameux par ses .cruautés, conçut la plus violente haine contre Tbyeste, sqn frère^ qui avait séduit sa femme EuA)pe; il le chassa de Myçène; Payant ensuite rappelé d^ns jsa patriej et dissimulant son courroux pour mieux assui^r sa vengeance» il feignit de se réconcilier avec lui, assassina secrètement Son fiLs Pélops, et servit à ce' mal-, heureux père, dans un festin, les membres cle son fils.

Plisthçne, fils-et successeur-d'Atrée,iut le père du célèbre. A^amemnon. Ce. monarque acquijt une grande puissance, et tous les Grecs l'élurent pour leur chef lorsqu'ils entreprirent la guerre de Troie. On verra, dans la suite "de cette histoire, la mort funeste d'Agamemnon, qui périt soùs le poignard de sa femme, fut vengé par son fils Oresfe, et laissa son palais rempli de crimes, et son royaume de troubles. Tisamène et j^enthile, fils d'Qreste, vaincus par les Héraclides, se virent chassés de leur patrie, où la ^race des Pélopides cessa de régner. ;

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