DES EGYPTIENS
raouterait à la plus haute anliquitt?. îls supposaient que les dieux avaient gouverné d'abord, et attribuaient à leurs divinités l'origine des lois, des arts et des sciences. Sans nous arrêter à de vaines conjectures, que la vanité ou Tignorance ont souvent enfantées, nous indiquerons eeulement les faits qui pai'aissent avoir le plus de vraisemblance.
ÉPOQUES REMARQUABLES
DEPUIS l'aNNe'e 2467 JUSQU^EN 525 AVANT J.-C. (Voyez le tableau, i*^" colonne. Egtptiebts. )
L'^an 24(37 avant J. — C. , Menés , premier BOi d'Egypte, rendit cette monarchie florissante. Il laissa, dit-on, trois fils, qui se partagèrent son empire. Apres Mènes, sV^coulcrcnt plusieurs siècles qui sont inconnus, et dans lesquels on place les rois pasteurs. On appela ainsi les Arabes, qui firent la conquête de TEgypte , et y régnèrent trois cents ans.
1645. — Vers cette époque, parut ?ur le trône le grand Sf'sostris , appelé aussi Séthos et RhaiDsès-le-Grand. Ce prince , conquérant et législateur, est le monarque le plus célèbre qu'aient eu les Egyptiens ; d'innombrables conquêtes illustrèrentses armes, mais sans produire de grands avantages pour ses peuples : il travailla plus efficacement à leur bonheur pendant les loisirs de la paix.D\nilesétablissemcns, des temples magnifiques, des canaux, des chaussées sur lesquelles on bâtit des villes , de bonnes lois
surtout, furent des raonumens plus durables de sa profonde sagesse.
L'apparition de Sésostris sur le trône d'*Egypte forme en quoique sorte une trace lumineusequi s'éteint bientôt après, pour faire place à Tobscurité profonde qui règne de nouveau pendant plusieurs siècles.
656. — L'histoire d'Egypte commence à s'éciaircir sous le règne de Psamméticiius: ce prince ouvre ses ports aux étrangers , et la nation entre en communication avec les Grecs.
Nécliao^ fils de Psammétichus , fit faire de grands progrès à la marine. On dit que par ses ordres des navigateurs phéniciens , partis de la mer Rouge, fiient le tour de l'Afrique et se trouvèrent à rembouchure du ]N il trois ans après leur départ. Ce prince avait commencé un canal de communication entre le ?sil et la mer Rouge \ mais cette entreprise, digne d'un grand loi , ne réussit point.
570. — Amasis détrôna Apriès, petit-fils de Néchao r l'Egypte fut heureuse sous le gouvernement de ce prince ^ il favorisa le commerce et attira les Grecs dans son royaume, où Solon et Pythagore vinrent s''instruire.
625. — PsAMMENiT , successeur d^-^masis, ne régna que six mois. Camhrse , roi de Perse, fils de Cyrus, le détrôna et soumit l'Egypte entière. Ce pays resta sous la domination des Perses jusqu'à la conquête de leur empire par Alexandre , roi de Macédoine , Tan 332 avant J.— C.
DES EGYPTIE>S. * 23
Gouvernement. — De temps immémorial , l'Egypte avait obéi à des rois. Mais les loi> étaient au-dessus du monarque et devaient lui servir de règles à lui-même. L"'ordre de sa cour, remploi de son temps , les mets de sa table, tout était fixé par des règles austères et invariables qui lui étaient rappelées chaque matin. Le pouvoir royal était restreint également par Tin— fluence du sacerdoce, qui dominait le souverain par l'autorité de la religion.
Les rois, comme les particuliers, étaient jugés publiquement après leur mort: s*'ils avaient mal vécu ou mal gouverné, on les privait de la sépulture.
On attribue à Sésostris la division de l'Eg^^'pte en trente-six nomes ou départemens , qu'il confiait aux hommes les plus dignes de commander.
Les terres étaient partagées entre le roi , les prêtres et les gens de guerre : le reste de la nation devait subsister de son travail. Ce partage inégal favorisait le despotisme et rendait les prêtres trop puissans.
Justice, Lois, Coutumes. — L'administralion de la justice était confiée à trente magistrats choisis dans les trois capitales du royaume, Héliopolls ^ Memphis et T hèles*. Pour éviter les séductions de Téloquence , les alfaires se discutaient par écrit : le président tenait une
* Heliopolis était la capitale de la basse Egypte , Memphis de la niojerme , Xhèbes de la liante.
26 HISTOIRE ArCCIENNE.
figure de la vérité dont il louchait celui qui gagnait sa cause.
Parmi les lois des Egyptiens, plusieurs sont remarquables par leur sagesse: non seulement on punissait de mort le meurtre volonlalre, mais celui qui avait pu rempccher et ne Tavait pas fait, était puni également. C'est ainsi que les lois veillaient à la conservation des citoyens.
L'infidélité des époux , regardée comme uti des crimes les plus nuisibles à la société, était rigoureusement punie.
Des marques d'infamie étaient la punition du soldat coupable de lâcheté, parce que l'honneur doit être le premier mobile des gens de guerre.
Les biens et non la personne du débiteur répondaient de la dette, ce qui empêchait les violences des créanciers.
Chaque citoyen devait, sous peine de la vie, justifier tous les ans de ses moyens d'existence.
Les professions étaient héréditaires sans qu'il fût permis d'en changer jamais. Celte coutume, qui éteignait toute émulation, fut plus nuisible qu'utile aux progrès en tous genres.
Malgré les lois si vantées des Egyptiens , de grands abus subsistaient encore , tels que le mariage entre frère et sœur, la polygamie, ou pluralité des femmes , permise à tous , excepté aux prêtres.
Religion. — Les premières idées d'un dieu unique s'étant efiacées , la religion des Egyptiens dégénéra en superstition absurde et fuueste-, non seulement ou déifia les hommes ,