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DES EGYPTIENS

[es astres et les élémens , mais on adora même les animaux.

On commença vraisemblablement par le culte des astres ; le soleil , la lune , sous les noms d'Osiris et à'Isis, reçurent les premiers hommages. Le h œuf Apis , qui fut ensuite la principale divinité , était un taui'eau noir marqué de certaines taches.

Dilïérens animaux étaient encore regardés comme sacrés; mais les Egyptiens ne s'accordaient pas toujours sur ces objets de leur culte. Là, le crocodile était adoré ; ici , l'ichneumon , ennemi du crocodile ; là , le mouton , ici , la chèvre : des querelles religieuses naissaient continuellement de cette différence.

Quelques animaux étaient regardés comme immondes, surtout le porc. On abhorrait aussi la mer, par conséquent la navigation ; les Egyptiens avaient une horreur superstitieuse pour les étrangers , n'imaginant rien de beau , rien de bien que ce qui se pratiquait dans leurs pays : ce préjugé injurieux aux hommes en général , était évidemment contraire au bien public.

Les prêtres égyptiens avaient seuls la prérogotive de cultiver les sciences. Plus éclairés que le reste de la nation , ils gouvernaient le peuple et les rois. Un petit nombre de personnes étaient initiées à leurs mystères ; ils entretenaient, du reste , la superstition et l'ignorance, dont ils savaient profiter.

Les Egyptiens croyaient à la métempsycose^ ou transmission des âmes, c'est-à-dire qu'après la mort , les âmes passaient d'un corps dans un

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autre , et que la punition des crimes était le passage de l'àme dans le corps d'animaux immondes et malheureux. Parmi les anciens peuples , plusieurs ont eu cette croyance absurde.

Sciences et Arts. — Tous les peuples étaient encore , pour la plupart , plongés dans l'ignorance , que déjà les Egyptiens connaissaient et cultivaient les sciences et les arts. La géogi^aphie, l'astronomie surtout étaient l'objet de leurs études; l'architecture produisait en Egypte des monumens d'une grandeur et d'une solidité prodigieuses. Près du Caire, où jadis était 3Iemphis, subsistent encore trois pyramides^ dont la plus grande a deux mille six cent quarante pieds de circuit et cinq cents de hauteur perpendiculaire. Ces édifices gigantesques avaient été construits , dit-on, pour servir de tombeaux aux monarques égyptiens.

Les obélisques font connaître aussi de quoi les Egyptiens étaient capables ; ils en avaient construit plusieurs d'une seule pièce de cent quatre-vingt-dix pieds de haut.

Le lac Mœris, qui avait été creusé pour recevoir les eaux du Nil au moyen d'un canal de communication , était destiné à remédier à une trop grande ou trop faible inondation de ce fleuve. Cet immense ouvrage est plus digne d'admiration que de gigantesques et inutiles monumens , puisqu'il servit au bien public. On l'attribue à 3Iœris, qui régnait à Thébes , dans la haute Egypte, l'an 2040.

Les Egyptiens , qui connaissaient le cours des astres, divisèrent Tannée en douze mois; ce

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fui dabord une année lunaire de 354 jo^'i'S seulement^ ils trouvèrent enfin la véritable année solaire de 365 jours et quelques heuret^.

L'écriture des Egyptiens consistait d'abord en hléro^lrphes ^ ou emblèmes, c'est-à-dire en un grand nombre défigures qni repré5cntaier:t confusément les objets. Pendant long-temps mi ne connut pas d'autres moyens de peindie la pensée :, les prêtres égyptiens en conservèrent l'usage même après l'invention des caractèrtr fflpliab cliques, afin de pouvoir ainsi dérobes leur science au vulgaire.

Ekms le palais d'Osymaudias un des rojs pasteurs, était, dit-on, la plus ancienne bi— hliollièqae du monde, avec cette inscription : Remèdes de Vdme; il est probable toutefois que les ouvrages qui composaient cette bibliothèque n'avaient rapport qu'aux sciences ; car dicz les Egyptiens on ne trouve les vestiges d'aucune littérature régulière , ni les restes d'aucun tiiéâtre.

A quelque distance, au contraire, que l'on remonte dans l'histoire, on trouve en Egv'pte , non seulement les arts nécessaires, mais ceux de luxe et d'agrément. La peinture et la musique y élaient cultivées. Les fines élofîes, les broderies , les vases précieux , tout l'appareil enfin de la maj^nificcnce , attestent en ce genre les talens des Egyptiens.

I>VF.TïT[ONS, Découvertes. — On attribuait à Osîris l'invention de la charrue : c'est un des plus grands services rendus au gem-e humain, puisque l'agriculture peut être considérée

comme la source première de la prospérité des empires.

On doit encore aux Egyptiens de précieuses découvertes: l'usage du pain d'abord, puis Tusage du fer, qui était resté inconnu lorsque déjà oti employait le cuivre et l'argent ; enfin Pusage clu feu, c'est-à-dire le moyen de le conserver et de le reproduire , qui si longtemps fut

Ignoré des hommes.

Tant d"'utiles découvertes chez un ancien peuple, et dans un temps si éloigné de nous, invitent à quelques réflexions sur notre situation présente. Trop accoutumés à jouir des avantages qui se trouvent chaque jour sous nos mains, nous ne pensons pas aux miracles d''industric qu'il a fallu pour les produire, ni à la nuiliitude prodigieuse dhommes qui en ontété privés. Cependant ce qui nous paraît aujourd'hui si simple et si facile, ce qui Test devenu en effet par l'iiabilude, doit être admiré dans l'origine , soit comme un don précieux de la nature , soit comme le fruit dune industrie supérieure à la nature elle-même.

On ne pourrait sans injustice refuser aux E^^yp tiens le génie de finvention *, ils firent, ainsi que nous l'avons vu , de grands pas dans les arts et dans les sciences ; mais privés de eoût et de jugement ,ils s'arrêtèrent au milieu de la carrière sans pouvoir atteindre le but. Ennemis des étrangers , méprisant tout ce qu'ils ne pratiquaient pas, ils furent dès lors incapables de rien perfectionner, et après avoir été les précepteurs de la plupart des nations ^ ils

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restèrent au même degré de connaissances imparfaites.

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