‹ Histoire ancienne mnémoniqueChapitre 45 sur 103 · LYCURGUE, LÉGISLATEL-R DE SPARTE · texte numérisé non relu

LYCURGUE, LÉGISLATEL-R DE SPARTE

(Voyez le tableau comparé^ i""^ colonne •).

8'^6. — Sparte ou LACÉDÉMONE.-Aprcs avoir longtemps obéi à des rois, la plupart des étals de la Grèce (ainsi que nous l'avons vu) avaknt adopté successivement le gouvernement républicain. Sparte , qui conservait encore son ancienne monarchie , allait à son tour recouvrer son indépendance.

Depuis le retour des Héraclides, en 1 12g , deux princes de cette famille devaient occuper ensemble le trône de Sparte^ mais le partage de la royauté , source continuelle de discussions, déchirait un état dépourvu de bonnes lois: un sage législateur pouvait seul y remédier; on le trouva dans Lycurgue, fils duroi Eunone.

Un noble désintéressement lui avait fait refuser le trône pour le conserver à son neveu , fils de son frère Polydecte. Accusé d'ambition malgré cetteconduite généreuse, il s'étaitéloigné pour détruire un injuste soupçon. Après avoir voyagé en Crète, pour étudier les lois de Minos, il parcourut l'Asie et l'Egypte, observant avec soin les gouvcrnemensde cesdifférens peuples, et se préparant ainsi à réformer celui de Sparte.

' A chaque personnage indicpé dans un médaillon , on devra montrer à relève. la place qu'occupe ce même personnage dans le tableau général ou tableau compaié. 10

ïo6 HISTOIRE GRECQUE.

L'absence de Ljcurgne fit bientôt senlir le besoin qiron avait de ses talens et de ses vertus pour remédier aux désordres qui se multipliaient chaque jour • il fut rappelé: de retour à Sparte, après dix: années d'absence, il se mit à la tête du gouvernement comme tuteur du jeune prince ( le roi Charilai'is ).

866. — Legislatiot"^ de Lycuroue ' — Voulant réparer les maux causés par ranarcliie, Lycurgue proposa une réforme entière du gouvernement; mais afin d'assurer le succès de son entreprise , il eut recours à Tappui des dieux, îl se crut, ou plutôt il se dit inspiré- Toracle de Delphes, consulté selon Pusage, déclara que le gouvernement établi par Lycurgue serait le plus parfait qui ait jamais existé. Dès lors rien ne s'opposa plus à l'exécution de ses grands desseins.

La royauté subsista, mais avec peu de pou- -vo'w : la souveraineté devait résider de fait dans le peuple ; un sénat fut créé ^ il était composé de vingt-huit membres , ce corps placé entre LE PEUPLE ET LE ROI balançait leur pouvoir respectif.

Dans la suite, on créa cinq autres magistrats nommés éphorcs. Choisis par le peuple, ils en étaient les protecteurs. Les sénateurs et les rois même étaient soumis à leur autorité. Quelques historiens attribuent à Lycurgue l'établissement

• On se rappellera que les mois en gros caractères, serrent ici d*'indicalion pour porter les ycu:^ sur le médaillon.

tle CCS magistrats redoutables^ d'autres, avec plus de vraisemblance, le croient postérieur d'environ cent trente années.

Pour établir une parfaite égalité parmi les citoyens, Lj'curguc fit un parlagc égal des terres, et afin de bannir les richesses et le luxe , il substitua une monnaie de fer aux monnaies d'or et d'argent dont jusque-là on avait fait usage.

866. — Education militaire. — Un des principaux objets de la civilisation de Lycurgue fut de former des sujets pour l'état -, abandonnant aux esclaves la culture des terres, tous les citoyens furent destinés au m.étier des armes. Sparte était en quelque sorte un camp , où lesenfans ,dèsleurbas âge, étaient exercés àla fatigue , à la douleur et à une prompte obéissance. Ayant à remplir les mêmes devoirs, tous étaient formés aux mêmes b.abitudes.

L'éducation des femmes élaitpresqucaussi sévère que celle des hommes : elles s'exerçaient également à la lutte, à la course et a lancer le javelot : animées elles-mêmes de l'amour de la patrie, leur premier soin était de l'inspirer à leurs enfans.

* — Repas publics. — Lycurgue ordonna que tous les citoyens mangeraient à des tables publiques-, les rois mêmes furent soumis à cette loi , afin de rendre l'égalité plus sensible.

On admettait les enfans à ces repas publics, où une extrême frugalité était prescrite -, c'est ainsi qu'ils se formaient à la tempérance et s'instruisaient en écoulant. Lorsqu'ils entraient dans

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la salle , un vieillard leur disait , en leur montrant la table d'abord, la porte ensuite : Rien de ce qui se dit ici ne sort par là.

On les interrogeait souvent sur les choses les plus importantes. Que pensez-vous de cet homme., de cette action F On exigeait qu'ils répondissent promptement, en peu de mots et d'une manière judicieuse- par là ils contractaient riiabitude du laconisme., c'est-à-dire d'un langage clair , précis , plein de feu et de noblesse. Les prières des Spartiates étaient brèves comme leurs discours, ils demandaient aux dieux défavoriser les gens de bien.

Mœurs. — On méprisait le célibat à Sparte :, il privait deshonneurset des soins qu'on devait rendre à la vieillesse.

Les vertus des Spartiates avaient un mélange de barbarie ; ils faisaient périr, au moment de leur naissance, les enfans difformes dont ils n'avaient aucun service à espérer. Pour accoutumer les autres à la douleur , on les déchirait HCoupsdevergesurrauteldeDiane, quelquefois même jus,qu''a la mort. Les Spartiates traitaient aussi les Ilotes ou Hélotes., leurs esclaves, de la manière la plus révoltante. En un mot, ils ne connurent point cette modération qui caractérise la vraie sagesse.

Religion. — Moins superstitieux que lesautres Grecs, ils avaient un culte conforme à leur gouvernement. Les statues de leurs divinités, même celle de Vénus, étaient toutes revêtues d''une armure , afin d'inspirer le courage militaire. Lycurguc toutefois n'avait armé les Spartiates

a EPOQUE-, 9 SIECLE AV. J.-C. 1 OQ

que pour leur défense, et leur avait interdit le5 conquêtes, voulant borner leur ambition à être libres et à protéger les peuples opprimés.

854« — Mort de Lycurgue. — Après avoir surmonte de grands obstacles pour faire admettre ses réformes dans le gouvernement , Lycurgue songea aux moyens de consolider cette grande entreprise.il déclara qu'il allait consulter Toracle de Delphes, et fit jurer aux Spartiates ([u'ils exécuteraient ses lois jusqu'àson retour. L'oracle ayant répondu , dit-on , que Sparte , en les observant , deviendrait la ville la plus heureuse et la plus illustre du monde , Lycurgue envoya cette réponse aux Spartiates et se relira ensuite dans l'Île de Crète , ou il se LAISSA MOURIR DE FAIM : Ics Spartiatcs restèrent ainsi liés par leur serment.

Les circonstances de la mort de Lycurgue sont accompagnées de ce merveilleux que les Grecs ont trop souvent mêlé à leur histoire ^ elles sont donc évidemment incertaines. Ce que nous devons considérer comme réel ,* cVst que Lycurgue avait créé une constitution et plus sage et plus solide que toutes celles qui existaient alors dans la Grèce.

EXERCICES

SUR LE 9^ SIECLE, année 876 etc.

Lycurgue, LEGISLATEUR DE Sparte.

A quel peuple appartient Lycuri^ue ? — Dans <iuel siècle a-l-il vécu ? ■ — En quelle année donna-

t-il des lois aux Spartiates ? — Quel fut le gouvernement eïabli par Lycurgue? — En qui résidait la }>rincipale puissance , dans le peuple ou dans e roi? — Quel genre d'éducation recevait la jeunesse? — Dans quel but? — L'éducation des femmes ctait-elle aussi sévère que celle des hommes ?

— Que^ sentiment les mères cherchaient-elles à inspirer à leurs enfans ?

Dans quel but Lycurgue avait-il établi l'usage des repas publics ? — Les enfans y étaient-ils admis ? ■ — De quel langage leur donnait-on Thabilude ?

Quelles étaient les mœurs des Spartiates? — Comment traitaient-ils leurs enfans? — Leurs esclaves?

— Quelle était leur religion ?

En quelle année mourut Lycurgue ? Où mourut-il?

— Que raconte-t-on de sa mort et des obligations qu''elle imposa aux Spartiates ?

Tandis que Lycurgue donnait des lois à Sparte , quelle était la situation d^^thènes ? — La république de Thèbes était-elle connue alors ?

Nota. Pour répondre à ces dernières questions, ou devra consulter le tahleaii comparé.

La suite des événemens ajant été interrompue pendant le Scelle 7^ siècle. Les principaux faits de cette époque n'ont pas été' retraces dans des médaillons, mais seulement sur le tableau comparé des principaux états de la Grèce, Ainsi, pour Fétude du 8® et du 7® siècle , il sera indispensable d^ avoir sous les yeux ce tableau.

Après Lycurgue, rhistoîrc de ia Grèce est

longtemps stérile en événemens remarquables.

INous indiquerons seulement ici les faits les plus

importans de cette époque.

En 791 av. J.'C, Caranus fondele royaume

de Macédoine. Depuis ce prince jusqu''à Philippe IF, vingt et un rois occupèrent sans gloire le trône de Macédoine.

En 776 avant J.-C. , les jeux olympiques furent rétablis dans la Grèce ^ ces jeux se célébraient tous les quatre ans près dOljmpie, dans le Péloponèsc.

Les olympiades ^ ou intervalle de quatre années d'une fête à l'autre,' servirent, depuis Tan 776, à régler la chronologie de riiistoirc grecque , c'est-à-dire à calculer le temps d'après le nombre d'olympiades.

L'histoire d''Alhènes. pendant une période de plusieur5siècles,n'o(rrequ''une suite continuelle de désordres et de dissensions intestines. Depuis la mortdcCodrus,en 1093, unarchonte perpétuel et héréditaire avait gouverné l'état;

En 754 Tarchontat devint électif et sa durée fut réduite à dix ans.

En 743 commença la première guerre entre JesMesséniens et les Spartiates; après avoir duré vingt ans, cette guerre se termina à l'avantage des Spartiates.

En 684- — Ees Athéniens, toujours plus jaloux de leur liberté , créèrent neuf archontes au iieu d'un , afin que Tautorité, partagée entre plusieurs, devînt moins redoutable. L'archontat futréduilà une année.

En 625, le • Spartiates et les Messéniens combattirent de nouveau. On dit qu'après une dé-

faite, l'oracle ayant ordouné aux Spartiates de demander un général aux Athéniens, ceux-ci leur envoyèrent, comme par insulte, le poète Tjrtée ^ boiteux, contrefait et méprisé dans sa patrie: maisavec des dehors repoussans,Tyrtée possédait un talent sublime. Ses chants guerriers excitent l'enthousiasme des soldats , les conduisentà lavictoire, etbientôtles Messéniens en fuite sont contraints d'abandonner leur pays. Ils se réfugièrent en Sicile , et bâtirent la ville de Messène , aujourd'hui Messine.

Pendant ce temps , les troubles intérieurs avaient continué à Athènes: de bonnes lois pouvaient seules y remédier •, les Athéniens le sentirent, et en 624, ils choisirent pour législateur Dracon^ homme vertueux, mais trop sévère. Regardant la moindre faute comme un crime, il établit la peine de mort pour tous les délits sans exception. Ceslois sanguinaires, qu'un excès de rigueur rendait impraticables, tombèrent bientôt d'elles-mêmes. Mais le moment approchait où les Athéniens allaient recevoir d'un grand homme une législation plus douce et plus appropriée à leur caractère.

3* EPOQUE , 8" ET 7* SIÈCLE. AV. J.-C. Il3

EXERCICES

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