‹ Histoire ancienne mnémoniqueChapitre 50 sur 103 · MILTIADE , GÉNÉRAL ATHÉNIEN · texte numérisé non relu

MILTIADE , GÉNÉRAL ATHÉNIEN

PREMIERE GUERRE CONTRE LES PERSES. (Voyez le tableau, 2® colonne.)

491. — Avant rrentreprcndre le récit de ce grand événement, il est essentiel de considérer ici quelle était à cette époque la situation de la Grèce.

Nous avons vu deux systèmes différens établir un grand contraste entre le gouvernement et les mœurs des Spartiates et des Athéniens. Malgré celte opposition constante, les deux république» avaient lait Pune et l'autre de grands pas dans la civilisation. Des villes nouvellement construites, de pompeuses cérémonies, des jeux célèbres , attiraient de toutes parts les étrangers dans la Grèce:, les arts adoucissaient les mœurs , d'éloquens discours retentissaient à la tribune, les écrits ingénieux des philosophes se lisaient dans les écoles publiques-, tout concourait , en un mot, h éclairer Pesprit et à élever les âmes chez ce peuple célèbre, dont le patriotisme, les talcns et le courage allaientbienlôt entrer en lutteavcc les forces immenses de FAsie.

l3o HISTOIRE GRECQUE.

Darius, fils d'Hystaspc, roi de Perse, possédail le vas te empire fondé par Cyrus 1,11 voulait retendre jiisqu^en Europe et se venger dVVlhènes^ qui avait envoyé des secours aux Ioniens soulevés contre lui. Cette coloniegrecque de FAsic- Mineure s'était adressée vainement aux Spartiates, un motif particulier avait seul déterminé les Athéaiens en leur faveur»

Le roi de Perse , qui avait reçu Hippias et projetai t de le rétablir, leur avait paru un enncm i digne de toute leur haine. Ils s'étaient donc hâté? de prendre parti contre le nionarque, en se joignant aux Ioniens révoltés contre lui,

Mais,raalgré les secours des Âthéniens,rîonic fut soumise, et Darius, vain([ueur sur ce point^ menaça aussitotlaGrèce: ce futalors qu'Athènes mit à la tète de ses généraux Miltiade , qui joignait à un caractère ferme et courageux Pexpérience de la guerre et des affaires. Son habileté, autant que sa haine pour les "Perses , lîxa le choix des Athéniens: Mardonius commandait les Perses.

491. — Première irruption des Perses dans L\ Grèce. — L'Ionie étant soumise, Darius envoie des hérauts en Grèce demander la terre et leau^ c^est-à-dire qu^on le reconnaisse pour maître. Sparte présidait aux afTaires publiques de la Grèce. Indignés d'une telle proposition ^ les Spartiates fout mourir deux des ambassadeurs : c'est le signal des hostilités.

Plus de cent mille Pci'^es passent la nier ^ guidés par Hippia?, qui les excite à la vengrance.

3* EPOQUE, D*^ SIECLE AV. J.-C. 1 j) l

L'ennemi se dirige sur TAltique el tout ccdcii SCS premiers efforts', la prise et l'incendie d.^E- RETP.iF. , dans rîlc d''Eiibée, rcsclavagc de ses habitans , qui sont envoyés en Perse chargés de chaînes, tels sont les résultats de cette première tentative.

490. — Bataille, de Marathon. — Encouragés par leurs succès , les Perses menacent A thènes du sort d'Erétrie* dans ce péril extrême, les Athéniens implorent le secours des confédérés. Sparte répond qu'une coutume religieuse empêche de se mettre en campagne avant la pleine lune \ les autres peuples consternés gardent le silence^ Platée seule envoie un millier de combattans : pour la première fois on arme les esclaves. I/armée des Perses était au moins de cent mille hommes, celle des Grecs de dix mille seulement^ mais finégalité des forces était un moindre mal peut-être que le partage du commandement entre dix générauxqui devaient commander tour à tour, et qui souvent différaient de plans et d''opmions. Au nombre de ces généraux étaient ^/r/^/iV/e , Themislocle et Miliiacle. Ce dernier présente un projet dont l'exécution demande un seul chef. Le vertueux Aristide renonce aussitôt à son jour de commandement, tous ses compagnons suivent son exemple et Ton marche à l'ennemi sous les ordres de Miltiade. I/habile général, maître de ses dispositions, suppléeau nombre par la valeur comme par la science militaire el remporte une victoire complète a Marvthox.

Hîppîas., qui sY'tait placé dans les rangs eit^

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nemis, fui tué dans le combat au moment ou il espérait sans doute asservir sa patrie,

La déroute des Perses fut complète^ repousses de toutes paris, iis furcntobligés decliercher un asile sur leur flotte, où le vainqueur les poursuivit les armes à la main. Un grand nombre de leurs vaisseaux avaient été pris ou incendiés.

A peine lecombatctait-il terminé, qu^in soldat, excédé de fati^gue, voulut porter à Atliène» la nouvelle d^un si grand succès: sans prendre le temps de quitter ses armes, il court, vole^ arrive, annonce aux magistrats la victoire , et tombe mort à leurs pieds.

Les Spartiates arrivèrent le lendemain de la bataille de Marathon, ils durent sentir combien était coutiaireàla raison , la coutume superstitieuse qui les avaitretardés,puisqu''elle pouvaitdans cette circonslaace , entraîner la ruine de leur pajs.

On rendit aux vainqueurs des hommages publics. Miltiade, qui avait mérité unerécompense particulière, en obliiïl une, digne de lui par sa noble simplicité: les A théniens placèrent sur un de; leurs portiques un tableau qui représentait la bataille de Marathon et où Ton voyait Mil-

Tl^DC PLACÉ A LA TFTE DES COMB\TTAN«.

489. — SiÉGE DE Paros. — Miltiade avait demandé une flotte pour aller punir les insulaires qui. trahissant rintérèt commun, s'étaient livrés auxPerses. Il o'empara sans peine de plusieurs îles de la Grèce, mai=; Paros lui opposa une vive résistance; blessé devant les murs de

celte ville , il fut contraint de lever le siège, et revint à Athènes avec sa flotte.

489. — Prison ET MORT DE Miltiade. — Victime (le ringratitude des Athéniens, Miltiade parut responsable du fâcheux résultat de sa dernière entreprise. On l'accusa de î'étre laissé gagner par Darius , et le peuple condamna à inortce mémchéros qui naguères avait sauvé la patrie. Quelques citoyens vertueux entreprirent vainement de prendre sa défense. Athéniens , s'écriaient-ils, souvenez-vous de Marathon'. Tout ce que purent obtenir ces généreux défenseurs, fut une commutation de la peine de mort, qui fut remplacée par une amende de chiquanle talens , somme égale aux frais de la llotte.

Dans l'impossibilité de s'acquitter, Miltiade nr>TA E>- prison, et bientôt après il BiouRUTde la blessure qu'il avait reçue au siège de Paros.

{.7mo/i, son fiJs , digne héritier de ses v^ertus et de ses talens, n'obtint la permission de lui rendre les derniers devoirs qu'après avoir ac~ quitté , par le moyen de ses amis , l'amende à laquelle son père avait été condamné. Dans la suite, les Athéniens honorèrent la mémoire de ce grand homme \ mais des regrets tardifs et d'inutiles larmes ne pouvaient réparer tant d'ingratitude et d''in justice.

I.a défaite des Perses à Marathon n'avait fait qu'irriter D^rn^j; méditant une vengeance éclatante , il avait résolu de marcher en personne contre les Grecs. Tout se disposait donc pour cette nouvelle expédition, lorsque la mort viul

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arrêter le monarque dans ses projets. Tl laissa le trône à son fils Aerxès.

Deux citoyens illustres , Aristide et Thëmistocle s'étaient distingués en même temps que j\Jiltiade, et devaient plus tard avoir une grande influence dans les a flaires de ^n Grèce. Aristide, d^ine vertu austère, d'une probité ir> réprochable , n'avait d'antre but ([ue d'être utile à son pays. Xliémislocle, au contraire, plein de feu, d'audace et d'ambition, prétendait moins à Testime qu'à lagloire,et peu scrupuleux sur les moyens de parvenir, il pouvait également Faire beaucoup de bien ou beaucoup de mal à sa patrie. Jaloux de tous succès qui n'étaient pas les siens, on le vit inquiet et rêveur après la bataille de JMaratlion; ses amis lui en demandaient la cause :Ah^ répondit-il, les trophées de Mdtiade ne me laissent plus de repos.

EXERCICES

SLR LE 5* SIÈCLE, ANNEE 49 t > etC.

MILTIADE, ATHENIEN.

Quel roi de Perse enlreprit la guerre contre Itv Grecs ' — Par qui fut-il cxcile ' — Comment Darius (leclara-t-il la guerre aux Grecs !^ — En quelle année '

— Quelle ville fut prise et brùlëe par les Perses ? — Quelle grande bataille fut gagnée sur les Perses ' — Quel fut le vainqueur de ^laralhon ? — Hippias ne <e trouvait-il pas a celte bataille ? — Que lui arriva-til? — Quelle fut la recompense de Miltiade ' — Quel siège entreprit Milliade ? — De quoi fut-il accuse'

— A quoi fut-il condamné ? — Où mourut-il ' — PonrqiKii Darius ne continua-t-il pas la guerre contre les Grecs ^ — Quel fut son successeur sur le trône de

IrruprinLe caex Lletrop.ne, li. Quai \ oit aii

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