‹ Histoire ancienne mnémoniqueChapitre 76 sur 103 · La REPUBLIQUE DE TllEDES , juSqu'lci · texte numérisé non relu

La REPUBLIQUE DE TllEDES , juSqu'lci

obscure et en (juelque sorte oubliée, n'avait exercé aucune infiucnce dans la Grèce. L'air épais de la Bcotie était regaidé comme peu favorable au développement du génie, il était réservé à EpAMI^ONDAs et à Pélopidas d'illustrer h jamais un pays jusque-là stérile en grands hommes et en grands talens.

Egalement distingués par leur valeur, ils brillèrent néanmoins par desqualités dillérentes: PÉLOPIDAS, riche , généreux, uniquement occupé des afFiires publiques , excellait dans tous les e-xeupices du corps, ses seuls délassements.

p]pAMiN0NDA5 , pauvpc, désintércssé , exempt d^anibilion, n'aimait que les lettres et la philosophie ; mais , excellent citoyen avant tout, il était prêt à sacrifier ses goûts et même soa existence au bien de la patrie.

* — Ces deux grands hommes , quiCrcntà la

fois la gloire et le bonheur de Thcbes , e't aient unis par une amitié s1kg£re qui ne finit qu'avec leur vie.

382. — Prise de la citadelle de Thèbes. — Sparte avait recouvré son empire sur la Grèce ; mais êllerexerçait tyranniquemenl. Phchidas , un de ses généraux, conduisit des troupes en Tlirace ; passant près de Thèbes , où deux factions entretenaient la discorde, il profite de cette division , et propoàeà Tun des chefs de le seconder ^ mais , tandis que les Thébains , sans défiance, célèbrent les mystères de Cérès, Phébidas s'empare par surprisé de la citadelle: cet acte de violence en pleine paix2 était un attentat horrible contre la foi publique.

On se plaignit à Sparte, et le jugement porté dans cette afïaire fut bien étrange: les Spartiates condamnèrent Phébidas à une amende , et décidèrent que l'on mettrait une garnison dans la citadelle de Thèbes,

3^8. — TnÈBrs de'livrée par Pe'lopidas. — Animés du désir de la vengeance , quatre cents Thébains du parti populaire s'étaient réfugiés à Athènes, toujours favorablea la démocratie. Un décret de bannissement les irrita davantage.

1 (Voyez le médaillon). Les hranches de lierre indiquentrunion d'Epaminondas et de Pélopidas.Ces branches se terminent de chaque côte aux embltmes qui indiquent leur mort , afin d^indlquer que leur amitié ne cessa cju^avec leur vie.

2 \Jolwier placé en avant de la citadelle indique qu'elle fut prise en temps de paix.

Pélopidas élaitau nombre des bannis : quoique très-jeune encore, sa puissance, ses richesses, et surtout ses vertus , le mettaient au premier rang des citoyens ^ il entreprit de délivrer sa patrie.

Suivi de douze compagnons fidèles, il pénètre StCRÈTEMEM DA^S LA VILLE , OU il s'élait

mcnagcdes intelligences. Les magistrats oppresseurs sont massacrés ^ on invite le peuple à être libre; bientôt enlin arrive une armée athénienne, suivie de tous les bannis. La citadelle est assiégée , et les Spartiates sont forcés de la rendre. Epaminondas, qui était resté dans la ville, contribua puissamment au succès.

371. — Bataille de Leuctres. — Quelques tentatives de rapprochement entre les républiques rivales n'avaient eu d'autres résultats que d'animer déplus en plus les différents partis. Thèbes était menacée par la Grèce entière : pleins d'espoir , néanmoins , les Thébains marchent avec enthousiasme au-devant de l'ennemi. Epaminonûas commande l'armée, Pelopidas est à la tête du bataillot* sacre, troupe formidable, composée de trois cents jeunes guerriers , qui s'engageaient par serment à se défendre jusqu'au dernier soupir.

Avec des forces bien inférieures à celles des alliés , EpAMINO^DAS croit devoir attaquer l'enrnemi, et suppléant au nombre par le talent et le courage, il remporte a Leuctres une victoire complète et décisive. Jamais les Spartiates n^avaient perdu Tant de monde. Leur roi Cléombrole fut tué dans raction.

Ce triomphe éclatant mit fin à l'empire que Lacédémone exerçait dans la Grèce. Thèbes dès ce moment eut la prééminence.

370. — Invasion desThédains dans lePélo- PONÈSE. — Comme une partie des alliés se détachaient de la ligue, lesThébains pénétrèrent facilement en Laconie et y portèrent le ravage. Agésilas défendait Sparte ^ Epaminondas aur'\it pu s'en emparer \ mais ne voulant pas détruire une ville si célèbre , il se contenta d'affranchir les Messéniens qu"'elle opprimait, et se retira couvert de gloire.

Pour cette expédition du Péloponèse, Epaminondas avait gardé le commandement quatre mois au-delà du terme prescrit -, on en fit à son retour un sujet d''accusation. Il se défendit lui-même en disant qu''il acceptait volontiers la mort si on voulait lui laisser toute la gloire de ses dernières actions, et déclarer qu^il les avait faites sans Paveu de la république. On Padmira au lieu de le condamner.

365. — Combat en Thessalie. — Mort DE Pe'lopidas. — Tous les états de la Grèce n'avaient pas cessé de voir avec inquiétude les succès d'une république dont la gloire leur portait ombrage ^ ils se réunirent de nouveau contre elle, et celte dangereuse confédération rechercha mcrae l'appui du roi de Perse. Mais Pélopidas , député par les Thébains près à''Artaxerxès , parvint à déconcerter les projets de ses ennemis.

Après avoir obtenu des succès dans une expédition en Thessalie contre Alexandre,

3* EPOQUE , 4* SlÈCLLE AV. J.-C 10']

tyran dePhères, PL''o[)i(Ja3 était tombé entre les mains de son enntnii. Délivré ensuite par Epaminondas, et bmlanl de se venger , il s'exposa de nouveau dans un combat pour tuer le tyran de sa propre main*, mais, atteint LUI-MÊME d'un Coup mortel, il expira de ses blessures tandis que ses troupes remportaient la victoire.

La perte de ce liéros porta la désolation dans Tarmée et parmi les citoyens. D'unanimes regrets furent un hommage éclatant rendu aux services et aux vertus du libérateur de la patrie.

363. — Bataille DE Mantine'e. — Mortd'E- PAMiNONDAS. — La gucrre s'étant rallumée entre les ïhébains et leurs rivaux , Epaminondas fait encore une tentative contre Sparte; mais, forcé de se retirer dans la crainte d'être investi par deux armées , il est poursuivi par l'ennemi, qui le rencontre à .Mantine'e. Là, combattant avec le talent d'un grand capitaine et le courage d'un héros, Epaminondas remporte UNE viGToiBE mémobadle , mais qui devait être le terme de ses jours et de la gloire de Thèbes.

Blessb MORTELLEMENT , Ics médecins déclarent qu'il doit mourir quand on retirera le javelot dont il estpercé. II s'informe alors du succès de la bataille, et apprend que les Thébains ont triomphé. Eh bien ^ dit Tillustre guerrier, jna vie est assez longue ,• je meurs sans avoir jamais été vaincH.,. A ces mots , il arrache lui-même le fer de sa plaie et expire aa même instaat.

Ses amis lui avaient lémoigné le regret quM ne laissât pas d'enfant. Leuctres et Mantince m'en tiendront lieu ^ répondit-il, et ne laisseront pas périr mon nom. Ciccron place Epaminondas au premier rang des grands iionunes dont la Grèce shonore.

La république de Thcbfs , qui venait de jouer un si grand rôle par Papjaiition de Pé— LOPiDAS et d'EpAMi>0NDAS , rctomba dans l'obscurité dès qu''elle fut privée de leur appui. Les Thébains ou Béotien-» reprirent et conservèrent la réputation de peuple stupide, et cette puissance s''évanouit, comme elle s^élait élevée, en un moment.»

Nous ajouterons ici quel(jues observations sur rétat de la Grèce depuis la mort d'Epaminondas jusqu^au règne de Philippe, roi de Macédoine.

La bataille de Mantinée avait inspiré aux Grecs le désir de la concorde qu^ils n'auraient jamais dû rompre s'ils avaient écouté leurs véritables intérêts. Ils se réunirent pou" que chaque viile conservât sa liberté. Sparte voulantopprimerlesMesséniens, n'entra point dans cette paix générale -, elle envoya des secours ^xï\ Ei^rptit^ris Té\o\iés contre le roi de Perses. Agésilas^ plus qu'octogénaire, fut chargé de diriger cette expédition, qui n''eut aucun succès. Ce prince , jusqu'au dernier instant, passionné pour la guerre , mourut en Afrique,

1 Voyei le tableau comparé, 5^ colonne.

3' EFOQrZ, 4* 5ILCLE AT. j.-c. 2og

eu il fat jeté par Ici veoti au moment où il venait de s'embarcjuer pour revenir à Sparte»

Les beaux jours de la Grèce étaient passés Mins retour : Taraour de la patrie , qui avait impiré de si erandes choses, était éteint dans .loui les cœurs. Les jeux . les cnurscs de char, les représentations theàlraîes c'.afenl devenus l'unique occupation d'un peuple animé jadis des piu5 nobles sentimens : de toutes parts enfin s'annonçait une dccadence totale. Danâ cet élût d'alTacblissemenr^ il ne fallait donc pour subjuguer les Grecs qu'un prince aussi h-ibile politique qu'illustre guerrier, et bientôt il devait paraître.

Ailiènes toutefois possédait encore deux hommes distingués par leurs taleus : l'un était Démoîthènes et l'autre Pfiocion. Nous les verrons Tun et l'autre combattre le roi de Macédoine, dont la puissance allait eilacer celle d'Adiènes et de Spa;te.

EXERCICES

SUR LE 5* SIÈCLE, ANNEE 382 , CtC. PKLOPIDAS. ÉPAMINONDAS , THÉBAINS.

La republique de Tlièbes nV'tail-elle pas restée jusqu*'alors obscure et oubliée ? — A (jui dul-elle son illustralion? — Quelle fut la cause de la guerre entre les Spartiates et les Tliébains? — Coinmenl Pélopidas dc'livra-t-il sa patrie ? — Qu^elle bataille célèbre gagnèrent ensemble Epamiuondas et Pèlopidas? — Comment mourut Pèlopidas? — Quelle victoire nouvelle remporta Epaminond.is ? — Où mourut ce héros ? — Comment mourut-il ? — Après la mort de Pèlopidas et d'Epaminondas, que devint la republique de Tlièbes ? — Quels hommes distingues possédait alors Athènes? — ( Phocion et Démosthène), (Voyez ici le tableau compare.)

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