‹ Histoire ancienne mnémoniqueChapitre 77 sur 103 · EPOQUE, 4* SIÈCLE AV. J.-C. 211 SUITE DU 4^ SIÈCLE AVANT J.-C · texte numérisé non relu

EPOQUE, 4* SIÈCLE AV. J.-C. 211 SUITE DU 4^ SIÈCLE AVANT J.-C

ROYAUME DE ^lACEDOlNÈ

PHILIPPE II, ROI DE Macédoine.

( Voyez le tableau, 4* colonne. )

359. — î.e royaume de Macédoine avait él^ fondé en 796, par Cavanus^ prince argien» Quoique les rois de ce pays prétendissent descendre d'Iîcrcale,lesGrcc3 ne regardaient point les Macédoniens comme de leur nation , el les traitaient de barbares. De|)uis plus de quatre cents ans que ce royaume subsistait , il avait presque toujours eu besoin de la protection ou dWlIiène^, ou de Sparte, sans avoir jamais participé à la gloire de ces deux républiques , mais un grand homme fait un î^rand peuple , a dit Condillac.Thcbcs venait de l'éprouver, et laMacédoineallaitenolTrirun nouvel exemple: elle dut également Péclat tardif dont elle brilla dans la Grèce, au génie de deux princes célèbres qui la tirèrent de son obscurité e-t étendirent au loin sa puissance.

Après la mort du roi Amjntas fT^(en 36i)), des troubles avaietit agité Ja ^Macédoine. Les Thébains , sous la conduite de Pélopidas, furent appelés alors pour les apaiser. A. yaul relatli la tranquillité en voulant la mainlenir,Pélopidas

avait emmené des otages à Thèbes , parmi lesquels se trouvailPniLippE, frère du roi Perdiccas.

Perdiccas étant mort, deux concurrens prétendaient lui succéder au préjudice de son fils, encore en bas âge. Philippe, âgé de vingt-quatre ans , et formé par les leçons d'Epaminondas , était encore à Thèbes. Voulant profiter d'une circonstance favorable à son ambilon, il prend la fuite , arrive en Macédoine, et s'empare da gouvernement, comme tuteur du jeune prince. Bientôt il LSTruocLAMÉ rxor, parce que les Macédoniens avaient besoin d'un hc tnme et non d'un enfant pour rétablir leurs affaires.

358. — Phalange macédonienne. — Jugeant qu'il ne pouvait affermir sa puissance que par la force des armes , le premier soin de Philippe fut de discipliner son peuple et de le former à la guerre •, les soldats sous ses ordres devinrent autant de héros. Il inventa la phalange , dont il avait trouvé le modèle dans le bataillon sacré de ïhébes. C'était un corps de six à sept millehommes,sur seize de profondeur, armés de longues piques tellement proportionnées, que celles de la dernière ligne débordaient de deux pieds celles de la première , leur réunion formait un rempart inaccessible à l'ennemi.

356. — Alternative de guerre et de paix. — Joignant à la science militaire une politique habile et peu scrupuleuse, Philippe employait sans examen tous les moyens propres à servir son ambition. Il faisait alternativement la paix, la guerre, selon qu'il y trouvait son intétét. Se

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jouant de toutes les promesses,il prétendait que Von amuse les enfants avec des hochets et les hommes avec des serments. Ses artifices toutefois réussirent si bien près des différents peuples de la Grèce, que loin de le redouter, ils le rendaient sans cesse l'arbitre de leurs querelles.

Des mines dW qu'il découvrit vers cette ëpoque, devinrent un nouveau moyen de servir sa politique ^ il acheta partout des partisans et des traîtres. Aucune forteresse n'est imprenable.^ disait-il, pourvu qu'un mulet chargé d'or puisse y monter.

348. — Conquêtes de Philippe. — Prise de PLUSIEURS villes. — Ce prince voulait étendre son royaume et surtout asservir la Grèce : sa politique habile devait le conduire à ce but.

Il s'empara d'abord à' Amphipolîs ., colonie athénienne , et par la possession de celte ville importante, il assure ses frontières du côté de la Thrace.

La Thessalie était opprimée par des tyrans, Philippe la délivra du joug sous lequel elle gémissait , et dès lors la cavalerie thessalienne jointe à la phalange lui donna une grande supériorité.

Il s'empara ensuite de Méthone., et perdit un œil d'un coup de flèche au siège de cette ville- Philippe voulait surtout posséder Olynthe ^ colonie athéuienne. La trahison lui livra cette place qu'il détruisit de fond en comble, malgré les secours que lui portèrent les Athéniens, excités par Démosthùne , célèbre orateur et l'en-

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nemi le plus redoutable du roi de Macédoine. Nul hommeneporta plus haut que Démoslliène le talent de Péloquence , et il serait parvenu sans doute à opposer une barrière insurmontable à Tambitieux Macédonien, s''il n''eût vécu dans un siècle et chez un peuple entièrement dégénéié.

347. — Guerre sacrée. — Poursuivant avec persévérance le plan qu^il s'était tracé,Pliilippc saisit Poccasion de pénétrer dans la Grèce : depuis dix ans environ, elle était ensanglantée par une guerre civile , qu'on Sippeh sacrée ^ parce qu''un motif de religion en fut la cause.

LesPliocéens, voisins du temple de Del plies, ayant labourc'quelques terres consacrées à A potion, les peuples du voi-inage avaient pris les armes pour venger le dieu. On se battait avec fureur. Sparte et Athènes unies aux Phocéens, étaient dan- un parti, Thèbes dans l'autre. Philippe, appelé au secours des Thébains , entra dans la Phocide, et ne trouvant point de résistance, il termina sans combat la guerre sacrée.

Ayant assemblé ensuite le conseil des Am— phyctions , il obtint la présidence de cette auguste assemblée, ainsi que l'intendance des jeux pythiques enlevés aux Gorinthiens. Il devint dès lors l'arbitre de la Grèce: c'était le but que se proposait son insatiable ambition.

346, elc — Nouvelles expéditions de Philippe. — Siège de Byzange. — De retour en Macédoine, Philippe se disposa à des expéditions nouvelles • il combattit successivement les Illyriens , les Thraces et les Péoniens,etc.5

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il vint ensuite assiéger ByzANCE^mais celte ville fut secourue par les Athéniens, sous la conduite de Phocion^ aussi grand général que sage philosophe et politique habile.

IN'egociatiom pour la paix. — Ayant contraint le roi de Macédoine d'abandonner le siège de Byzance , Phocion tenta vainement de traiter avec lui. Mais, selon l'habitude de Philippe , on négocia sans parvenir à conclure la paix.

338.— Nouvelle guerre sacrée. —Bataille deChéro>ée. — La superstition rallume bientôt une nouvelle guerre sacrée. L'habile 31acédonien , marchant toujours à son but, obtient le titre de généralissime des Grecs contre les profanateurs du temple. Bientôt il s'empare à''Elatée , la plus forte place de Phocide.

Thcbes menacée, propose aux Athéniens de s'unir à eux contre Philippe, dont Tambition devenait redoutable pour la Gr»'ce entière, Démosthène était pour la guerre, Phocion^ dont la bravoure était r';coniiue, se montrait partisan de la paix. Il faut y disait ce dernier, être les plus forts , ou rester les amis- de ceux qui le sont . . . Le conseil deDémostlicne prévaut néanmoins, et de toutes parts, on vole aux armes. Les deuxarmées s'étant rencontrées en Béolie, Philippe remporta une victoire éclatîinte à Chéronée sur les Athéniens et les Thébains réunis.

Le bataillon sacré de Thèbes fut enfoncé par le jeune Alexandre, et la déroute des alliés fut complète. Démosthène, qui jusque-

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là avait combaltu avec courage, partagea^ dit-on , la terreur générale. Pliocion avait été exclu du commandement par une secrète et basse jalousie -, ce fut encore une grande faute des Athéniens.

338. Traite AVEC LES Athe'niens ET lesThé- BAiws. — Philippe ajouta à la gloire de son triomphe par la manière généreuse dont il t raita les vaincus ; il renvoya les prisonniers d'Athènes sans rançon , renouvela Tancien traité et accorda la paix aux Thébains , en laissant toutefois garnison dans leur capitale.

Toute la Grèce s'éiant soumise, rien ne s'opposait plus à Pentière domination de Philippe, et pour celle fois enfin, le traité qu'il conclut avec les Athéniens fut solide et sincère ».

336. — Mort de Philippe. — Dirigé par une politique habile autant que par sa propre ambition , Philippe avait conçu l'idée d'une entrcprisiî nouvelle qui, en ajoutant à sa gloire, occuperait au dehors raclivité des Grecs. Ayant réveillé leur ancienne haine contre les Perse?, il se disposait à combattre celte puissance qu'il espérait renverser , lorsqu'au milieu de ses préparatifs , il fut assassiné publiquement par

1 (Voir le médaillon). Pour les traités qui précèdent, les mains sont rapprochées et non pasjointea afin d''jndiqurr le peu de sincérité et de solidité de ces traités. Pour le dernier seulement , les mains sont réunies afin de montrer que ce dernier traite eut plus d* solidité que les précédents.

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Pausanias^ jeune seigneur de ia cour, qui avait à se plaindre d\iiie injustice.

Ainsi mourutPmLipPE 11 , après un règne de vingt-quatre ans , et dans la ^"j" année de son âge. Egalement liabilc dans Ja paix et dans la guerre, ce prince unissait à une prudence consommée un invincible courage et mériterait d'être placé au rang des plus grands rois , s'il n'eut terni Téclat de ses brillantes qualités par des vices que lui reproche Ihistoire. Intempérant, dissimulé, souvent perfide, nul ne porta plus loin que lui les ruses d'une politique artificieuse-, il ne négligea rien du reste pour assurer le bonheur de ses peuples et la prospérité de ses états. Plusieurs traits de sa vie méritent d'être cités :

On lui conseillait un jour d'exiler un homme qui avait médit de lui: <j T'^onlez-vous donc ^ répondit-il, quil aille dire ailleurs ce qu'il a dit ici? »

La vérité loin de le blesser trouvait en lui, quelle qu'elle fût, un protecteur : un prisonnier qui allait être vendu , blâmait hautement le roi de son injustice: qu'on le mette en liberte\ dit Philippe, y'/g-norût/V que cet homme fût de mes amis.

Une femme, qu'il avait condamnée au sortir d'un festin, s'écria j'en appelle, à qui doncî" répondit le roi \ à Philippe à jeun , répliqua-telle ^ il examina de nouveau Taffaire, reconnut son injustice et la répara.

Elève d'Epaminondas , Philippe avait puisé à son école le goût des lettres et des arts, il

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fintroduisit dans son royaume, qui jusque-là inconnu et plongé dans une profonde ignorance, sembla tout à coup sortir d'une nuit profonde pour répandre au loin un éclat aussi vif qu'inattendu.

Lerègne de Philippe forme une é[)oque îrèsremarquablc dans Thistoire^ il cliarij^ca la face de la Grèce, prépara les triomphes d'Alexandre, et devint ainsi la première cause de cette grande révolution qui devait renverser le trône deCyrus, détruire la liberté dans l'Europe , et livrer le monde aux Macédoniens.

EXERCICES

SUR LE 4^ SIECLE, année Sog, etc.

PHILIPPE II , ROI DE MACÉdoI>'E.

Quel prince tira la Macédoine de son obscurité P

— En quelle année régna Philippe' — Comment fornia-t-il ses troupes !" — Ou' était-ce que la phalange ? — Quelle était la politique de Philippe ' — Rempofta-t-il de nombreuses victoires? — Comiuent désigne-t-on la guerre cpéll fit aux Grecs' — Pourcfiioi cetre guerre fut-elle appelée .sac/ ée .^ — Quelle ville a5siégea Philippe?^ La guerre sacrée se renbuvela-t-elle encore ? — Quel orateur Athffnlen était oppose à Philippe ?— Quelle bataille fut livrée par Philippe contre les Athéniens et les Xlit^>ains réu- :>is ' — Quel fut le vainqueur à Cheronée ? — CommeBt Philippe Iraha-t-il leS vaincus ? — Avec quel peuple ^rclta Philippe ' — Ce traité fut-il sincère '

— Les autres Tavalent-ils toujours été ? — Quelle expédition projetait Philippe ? — Comment mourut ce'priuce ' Avait-il travaillé au bonheur des peuples ? — ^Sonrè^ne formc-t-il une époque remarquable dans rhisloire ? — Citez quelques liaits de sa vie ?

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