LA "BARRIÈRE DES %A TS
Son nom eit toute son hiftoirc : il eft courte elle ne sera pas longue.
Quoi qu'en prétende le respeclable J. de La Tynna^ en son vivant membre de la Société académique des sciences, de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, & propriétaire-réda6leur de VAlmanach du Commerce, on peut très-bien, & sans longue-vue, « découvrir la cause du nom de cette barrière, » qui eft celui de la rue qui y conduisait. 11 suffit pour cela de se rappeler l'état d'abandon dans lequel était, il y a soixante-dix ans^ le quartier de la Roquette, — un véritable désert. Or les déserts qui avoisinent les villes ont pour habitants naturels les ratSj qui y trouvent aisément à vivre & même à s'engraisser. Le révérend J. de La Tynna n'avait donc pas vu l'armée de rongeurs que contenait l'Éléphant de la BaftillCj — cet
lyb Les 'Barrières de Taris
autre cheval de Troie ? Maintenant^ il peut se faire que je me trompe; il eft m^ême certain que je me suis trompé en affirmant ce que je viens d'affirmer avec tant de conviclion, — ce qui eft le plus vraisemblable ayant, en ce monde, l'habitude d'être le moins vrai. Et puis je me souviens à temps du premier nom de la rue aux Rats : c'était Rue Lair ou Rue de l'Air. Vous vovez d'ici la pente... Batignolies vient bien de Batifolium !
Avec tout cela^ j'ai oublié de vous dire que la Barrière des RatSj ornée d'un bâtiment à deux pénftyles de quatre colonnes chacun^ était fermée depuis longtemps déjà lorsque arriva le i" janvier 1860.