LA "BARRIÈRE "DE LA SANTE
Je ne connais pas à Paris de quartier plus désert, malgré son nom fort engageant. Ou les Parisiens connaissent Tantiphrasej & savent que les Furies s'appelaient Eiuuénidcs, ou ils dédaignent les occasions qui leur sont offertes de se bien porter. Ah! il y a de l'espace, de l'air^ de la solitude par là, entre le Champ des Capucins & le boulevard Saint-Jacques! Eh bien! nous n'irons pas ! nous préférons nous entasser, comme harengs en caque, dans les quartiers bruyants & dans les rues malsaines !
A cela il n'y a rien à objecler : les Parisiens sont libres^ — du moins ils ont fait trois ou quatre révolutions pour l'être.
La rue de la Santé ell: donc une rue déserte, & la Barrière de la Santé, située à l'extrémité de cette rue^ était donc une barrière peu fréquentée, sinon par les
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parents ou amis des pensionnaires de l'Hospice Sainte-Anne j — & les pauvres n'ont presque pas de parents & pas du tout d'amis.
Il eft inutile d'ajouter que cette humble & mélancolique barrière n'était décorée d'aucune architecture à la Le Doux. A quoi bon^ en effet? Une grille suffisait : elle avait une grille^ mais voilà tout.