‹ Histoire anonyme de la première croisade éditée et traduiteChapitre 102 sur 188 · L’auteur se trouvait donc dans la suite de Bohémond · texte numérisé non relu

L’auteur se trouvait donc dans la suite de Bohémond

4. L’emploi de la première personne montre que l’Anonyme faisait partie lui-même de cette troupe.

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108 TüRCI FUGATI A FRANCIS TRUCIDANTUR

Tune innumerabilis fragor mirabiliter resonabat per totam urbem. Non adquievit Boamundus his, sed ilico imperavit honorabile vexillum deferri sursum coram castello^ in quodam monte; omnes vero pariter stridebant in civitate. Summo autem diluculo audientes illi qui foris erant in tentoriis vehementissimum rumorem strepere per civitatem, exierunt festinantes et viderunt vexillum Boamundi sursum in monte celerique cursu properantes venerunt omnes et per portas intraverunt in urbem et interfecerunt Turcos et Saracenos quos ibi reppererunt", extra illos qui fugerant sursum in castrum*; alii vero Turcorum per portas exierunt et fugientes vivi evaserunt*.

Cassianus^ vero, dominus illorum, dédit se omnimodo fuge cum aliis multis qui erant cum eo et fugiendo pervenit in Tancredi terram* non longe a civitate. Fatigati vero erant equi eorum miseruntque se in quoddam casale® et mersi sunt in unam domum*. Cognoverunt ergo eum habitatores illius montanee, scilicet Surani et Hermenii, et confestim apprehenderunt eum truncaveruntque caput illius et tulerunt ante Boamundi presentiam, ut inde mererentur libertatem accipere^, Balteum quoque ejus et vaginam appreciaverunt lx bizanteis*.

a. reperierunt C®. — b. Fatigati . unam domum, phrase omise

dans C'.

1. 11 s’agit de la citadelle d’Antioche, située au point le plus élevé de l’enceinte, sur les pentes du mont Cassius. Les croisés ne purent s’en emparer.

2. L’Anonyme omet les tentatives que ht Bohémond pours'em> parer de cette citadelle et au cours desquelles il fut blessé (Foucher de Chartres, I, 17, p. 343, et Raimond d’Aguilers, 9, p. 252).

3. Ce récit de la prise d’Antioche concorde avec les détails don-

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MASSACRE DES TURCS (3 juiD IO98)

A ce moment, une immense clameur résonnait dans toute la ville. Bohémond ne perdit pas de temps, mais il ordonna que sa glorieuse bannière fût arborée sur une éminence en face du château^ Au point du jour, ceux qui étaient encore dans leurs tentes entendirent la rumeur immense qui retentissait dans la ville. Étant sortis à la hâte, ils virent flotter la bannière de Bohémond sur une hauteur; aussitôt entraînés par une course rapide, ils pénétrèrent dans la ville à travers les portes et massacrèrent les Turcs et les Sarrasins qu’ils rencontrèrent, à l’exception de ceux qui parvinrent à fuir dans la citadelle du haut* : d’autres Turcs sortirent par les portes et durent leur salut à la fuite*.

Cassian^, leur seigneur, se mit aussi à fuir avec beaucoup d’autres qui étaient à sa suite et, en fuyant, il parvint dans la terre de Tancrède*, non loin de la cité. Comme leurs chevaux étaient fatigués, ils pénétrèrent dans un casai* et se réfugièrent dans une maison. Mais ils furent reconnus par les habitants, des Syriens et des Arméniens, qui saisirent aussitôt Cassian et lui coupèrent la tête, qu’ils portèrent à Bohémond, afin d’obtenir leur liberté^. Le ceinturon et le fourreau de son cimeterre furent vendus soixante basants*.

nés dans la lettre des princes à Urbain II {Epistulae et chartae^ p. 162) et dans la chronique de Raimond d’Aguilers (9, p. 25i-252).

4. Cassian, transcription de lagi-Sian, Jaghi-Seian, Yâgi-Sian (Âboulfeda, dans le Recueil des historiens des croisades; historiens orientaux, t. I, p. 3 et 863). c.mir d’Antioche et beau-père de Roudwân, prince d’Alep (voir H. Derembourg, Ousâma-ibn- Mounkidh. Un émir syrien au premier siècle des croisades, 1889, p. 229).

b. La « terre de Tancrède » désigne certainement la région située à l’ouest de l'enceinte gardée par Tancrède et non les villes acquises par Tancrède en Cilicie.

6. Le a casai » est un village habité par des tenanciers et entouré de terres. Après la conquête franque, le casai devint une subdivision du fief (voir Rey, Colonies franques de Syrie, p. 24!).

7. Sur la mort de lagi-Sian, mêmes témoignages d’Anselme de Ribemont, de la lettre des princes à Urbain II et de Raimond d’Aguilers (voir p. 109, n. 3).

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