‹ Histoire anonyme de la première croisade éditée et traduiteChapitre 113 sur 188 · KERBOGA MENACÉ PAR SA MERE DES PIRES MALHEURS · texte numérisé non relu

KERBOGA MENACÉ PAR SA MERE DES PIRES MALHEURS

Certainement, si tu commences la guerre contre eux, tu en retireras un grand dommage et la honte, tu perdras beaucoup de tes fidèles chevaliers, tu abandonneras tout ton butin et tu t’enfuiras saisi de terreur. D’ailleurs, tu ne mourras pas dans cette bataille, mais au cours de cette année car Dieu, dans sa colère, ne juge pas de suite celui qui l’a offensé, mais, au moment voulu par lui, il en tire une vengeance éclatante, et voilà pourquoi je crains qu’il ne te juge digne d’un châtiment sévère. Tu ne mourras pas, dis-je, mais tu vas perdre tout ce que tu possèdes à présent. » Remué jusqu’au plus profond de ses entrailles, Courbaram, à ce discours maternel, répondit : « Très chère mère, je t’en supplie, qui t’a dit tout cela de la race chrétienne, que leur Dieu les aime tellement, qu’il ait en lui une telle puissance pour combattre, que ces chrétiens nous vaincront devant Antioche, qu’ils s’empareront de nos dépouilles, qu’ils nous poursuivront après une grande victoire et que je dois mourir dans l’année de mort subite? »

Sa mère lui répondit avec tristesse : « Très cher fils, voilà plus de cent ans que l’on a découvert dans notre livre * et dans les écrits des païens que la gent chrétienne nous attaquera et nous vaincra partout, qu’elle régnera sur les païens et que notre race lui sera soumise, mais j’ignore si tous ces événements doivent se produire maintenant ou plus tard®.

(octobre 1101-1102) à Khoï, dans TAzerbaïdjan [Recueil des historiens des croisades; documents arméniens^ t. I, p. 39).

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