ACCORD ENTRE BOIIÉMOND ET RAIMOND I7I
duc Godefroi, le comte de Flandre, le comte de Normandie et les autres seigneurs se séparèrent de l’assemblée et se retirèrent à l’endroit où est la chaire de saint Pierre*, afin de prononcer un arbitrage entre les deux. Puis, craignant que la marche vers le Saint-Sépulcre ne fût troublée, ils refusèrent de proclamer ouvertement leur décision 3. A la fin, le comte de Saint-Gilles déclara : « Avant que la route du Saint-Sépulcre soit abandonnée, si Bohémond consent à venir avec nous, tout ce qu’auront approuvé nos pairs, c’est-à-dire le duc Godefroi, le comte de Flandre, Robert de Normandie et les autres seigneurs, j’y consens fidèlement, sauf en ce qui concerne ma fidélité à l’empereur®. »
Bohémond approuva entièrement ces paroles et tous deux jurèrent entre les mains des évêques que la marche vers le Saint-Sépulcre ne serait jamais troublée par eux d’aucune manière. Alors Bohémond tint conseil avec ses hommes, afin de garnir le château de la haute montagne en hommes et en vivres*. De même, le comte de Saint-Gilles tint conseil avec les siens pour garnir le palais de Gassian l’amiral® et la tour élevée sur la porte du pont du côté du port de Saint-Siméon®, — pour les garnir, dis-je, en hommes et en vivres qui pussent durer longtemps.
[38.] — Cf. y Appendice, p. 221.
une on:{ième partie. Sous n avons pas tenu compte de cette subdivision que rien ne justifie et qui ne figure pas dans A*.
1. Dans le chœur de la cathédrale où était conservée la chaire de saint Pierre.
2. Afin d’éviter une guerre entre Bohémond et Raimond. D’après Raimond d’Aguilers (14, p. 267-268), ils faillirent en venir aux armes, à la grande indignation des croisés qui menaçaient de détruire Antioche.
3. La conférence aboutit donc à un compromis provisoire qui laisse la question en l’état, ce qui en fait un succès pour Bohémond.
4. La citadelle d’Antioche où ses hommes tenaient seuls garnison.