‹ Histoire anonyme de la première croisade éditée et traduiteChapitre 148 sur 188 · QUO MODO MARRA EXPUGNATA SIT · texte numérisé non relu

QUO MODO MARRA EXPUGNATA SIT

murum et ascenderunt peream multi milites et pediies siatimque ascenderunt super murum. Saraceni igitur tam robuste invaserunt illos et“ per murum et per terram, sagittando et spiculando comminus* cum suis lanceis, ut multi ex nostris, timoré perterriti, demitterent se per murum.

Tamdiu vero illi prudentissimi viri qui remanserant in muro sufferebant illorum persecutionem quamdiu^ alii, qui subter castrum erant, foderunt murum urbis^. Videntes vero Saraceni quod nostri fodissent murum, statim timoré perterriti inierunt fugam in civitatem. Hoc totum factum est in die sabbati, ad horam vesperi, occidente sole, xi® die intrante decembri. Boamundus igitur fecit per interpretem loqui Saracenis majoribus ut ipsi cum suis mulieribus et infaniibus aliisque substantiis mitterent se in unum palacium quod est supra portam ipseque defenderet eos de mortali sentencia^.

Intraveruntvero omnes nostri in civitatem et quicquid boni invenerunt in domibus et in foveis^, hoc unusquisque ad suum continebat proprium*^. Facto autem die, ubicunque reperiebant quemquam illorum, sive masculum sive feminam, occidebant. Nullus angulus civitatis deerat vacuus Saracenorum cadaveribus vixque poterat aliquis per vias ire civitatis nisi calcando super Saracenorum® cadavera. Boamundus denique illos quos jusserat in palacium inirare apprehendit illisque abstulit omnia que habebant, videlicet aurum, argentum aliaque ornamenta; alios vero fecit occidi, alios autem jussit conduci ad vendendum Antiochie-^'^.

Mora autem Francorum fuit in ilia urbe per unum

a. et omïs dans A^y B, C. — b. cominus A^y A^y B, C. — c. quousque C. — d. retinebat ad suum opus C. — e. mortuorum C. — f, in Antiochiam Ay C*.

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MARRA PRISE d’assaut (ii décembre 1098) 177

autre échelle, la dressèrent rapidement contre la muraille : beaucoup de chevaliers et de piétons y montèrent aussitôt et escaladèrent le mur. Mais les Sarrasins les attaquèrent avec une telle vigueur, sur le mur et sur le sol, en lançant des flèches et en pointant contre eux de tout près avec leurs lances, que beaucoup des nôtres, frappés de terreur, se jetèrent du haut du mur.

Pendant le temps que ces vaillants hommes, restés au faîte de la muraille, supportaient les attaques, ceux qui étaient sous le château sapèrent le mur de la ville ^ Les Sarrasins, voyant que les nôtres avaient sapé leur muraille, furent saisis de terreur et s’enfuirent dans la cité. Tout ceci eut lieu le samedi, à l’heure de vêpres, au coucher du soleil, le II décembre. Bohémond fit dire par un interprète aux chefs sarrasins de se réfugier, eux, leurs femmes et leurs enfants, avec leur bagage, dans un palais situé au-dessus de la porte et s’engagea à les préserver de la mort^.

Puis les nôtres pénétrèrent tous dans la ville, et tout ce qu’ils trouvèrent de quelque valeur dans les maisons ou les cachettes 3, chacun d’eux se l’appropriait. Le jour venu, partout où ils découvraient un ennemi, homme ou femme, ils le massacraient. Pas un coin de la cité qui fût vide de cadavres sarrasins, et à peine pouvait-on circuler dans les rues de la ville sans marcher sur ces cadavres. Bohémond saisit ceux à qui il avait donné l’ordre d’entrer dans un palais, leur enleva tout ce qu’ils possédaient, or, argent et autres parures, fit tuer les uns et conduire les autres à Antioche pour y être vendus^.

Les Francs s’arrêtèrent dans cette ville pendant un mois

1. Le château de bois ayant été approché des murailles, pendant que les chevaliers restés sur le mur tenaient les Sarrasins en haleine, les sapeurs, protégés par le château, ouvraient une brèche au bas de la muraille.

2. L’Anonyme paraît avoir résumé les termes de la capitulation.

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