s’agit des postes occupés toujours à Antioche par les
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l80 AD HIERUSALEM PERGIT RAIMUNDUS
Videns autem Raimundus quod nullus seniorum voluisset causa ejus ire in viam Sancti Sepulcri, exivit nudis pedibus^ de Marra xiii® die intrante januario et pervenit usque Capharda^ fuitque ibi per iii dies^. Illic adjunxit se cornes Nortmannie® comiti Raimundo. Rex autem Cesaree** multotiens mandaverat per suos nuncios comiti Marre et Capharde quod cum eo pacem vellet habere et de suo precium ei daret et christianos peregrinos diligeret fiduciamque faceret, quia quantum continet ejus imperium peregrinis non esset offendiculum et mercatum de equis et de corporalibus alimentis daret gaudenter.
Exîerunt autem nostri et venerunt hospitari juxta Cesaream* super fluvium Farfar® ; cumque vidisset rex Cesaree contubernium Francorum tam^rope civitatem hospitatum esse, doluit animo et jussit illis devetari mercatum, nisi discederent a civitatis confinio. Crastina vero die misit cum illis duos Turcos, suos videlicet nuncios, qui eis monstrarent fluminis vadum eosque conducerent ubi invenire possent ad capiendum®. Denique venerunt in vallem quamdam subter quoddam castrum ibique depredati sunt plus quam quinque animalium milia et satis frumenti atque alia bona, unde valde fuit refecta tota Christi milicia. Tamen illud castrum reddidit se comiti eique dédit equos et aurum purissimum et juraverunt sua lege^ quod peregrinis nil exinde fieret mali*^; fuimusque ibi per vdies®. Egressi
a. nobilissimus cornes Normanniae Roberlus A^, A^, C^, C*. — b. Caesaream A^, A^y C^, C^. — c. nihil deinceps facerent mali C», a.
troupes de Raimond, le palais de lagi-Sian et le château de la Mahomerie, desquels Bohémond ne tarda pas à les expulser. L’Anonyme omet ici l’épisode si dramatique de la destruction des murs de Marra par le bas peuple, indigné des discordes des chefs (Raimond d’Aguilers, 14, p. 271).
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MARCHE DE RAIMOND SUR JÉRUSALEM (l3 janvier lOQQj l8l
Puis Raimond, voyant que nul des seigneurs ne voulait, à cause de lui, prendre la route du Saint*Sépulcre, sortit de Marra nu-pieds’ le i3 janvier et parvint à Capharda^, où il demeura trois jours Là, le comte de Normandie vint se joindre au comte Raimond. Le roi de Césarée^ avait mandé souvent au comte par ses envoyés à Marra et à Capharda qu*il voulait vivre en paix avec lui, qu’il lui donnerait de son avoir, qu’il honorerait les pèlerins et leur jurerait sa foi, que dans les limites de sa domination ils ne recevraient aucune offense et qu’il assurerait volontiers le ravitaillement des chevaux et la nourriture corporelle.
Les nôtres partirent et vinrent prendre leurs quartiers près de Césarée sur le fleuve Farfar*. Le roi de Césarée, voyant le camp des Francs établi si près de la cité, fut mécontent et ordonna de leur refuser le ravitaillement s’ils ne s’éloignaient de l’enceinte de la ville. Le lendemain, il envoya avec evBc deux Turcs, qui lui servaient de messagers, pour leur montrer le gué du fleuve et les conduire où ils trouveraient bonne prise®. Ils arrivèrent dans une vallée dominée par un château et ils razzièrent plus de cinq mille bêtes, pas mal de blé et d’autres denrées, ce qui permit de refaire les forces de toute Larmée chrétienne. La garnison du château se rendit au comte et lui donna des chevaux et de l’or fin, puis jura par sa loi^ qu’il n’adviendrait aucun mal aux pèlerins; et nous fûmes là pendant cinq jours^. Nous en partîmes pour aller tout
1. Afin de montrer qu’il reprend le pèlerinage interrompu. Cf. Raimond d’Âguilers, 14, p. 272.