‹ Histoire anonyme de la première croisade éditée et traduiteChapitre 54 sur 188 · Réflexions curieuses qui montrent combien l’opinion géné · texte numérisé non relu

Réflexions curieuses qui montrent combien l’opinion géné

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l’empereur exige le serment des chevaliers 3l

lui ni les siens ne trouvèrent moyen de leur nuire. En dernier lieu, tous les hommes de haute naissance qui se trouvaient à Constantinople furent assemblés ^ Dans la crainte d’être privés de leur patrie, après avoir tenu conseil et dressé des plans ingénieux, ils imaginèrent que les chefs de notre armée, les comtes et tous les grands, devraient prêter à l’empereur un serment de fidélité. Mais ceux-ci refusèrent en disant : « Ceci n’est pas digne de nous, et il nous semble juste de ne lui prêter serment en aucune manière. »

Peut-être arrivera-t-il encore que nous soyons déçus par nos chefs*. Que feront-ils en fin de compte? Ils diront que, poussés par la nécessité, il leur a fallu, bon gré, mal gré, s’humilier devant la volonté de l’empereur*!

Au très courageux Bohémond, qu’il redoutait beaucoup, car jadis il avait dû plus d’une fois décamper devant lui avec son armée^, l’empereur promit que, s’il prêtait serment sans se faire prier, il recevrait de lui, au delà d’Antioche, une terre de quinze journées de marche en longueur et de huit journées en largeur ; il lui jura que, s’il tenait fidèlement son serment, lui-même n’oublierait jamais le sien*. — Comment des chevaliers si braves et si rudes ont-ils agi ainsi? Sans doute étaient-ils contraints par une dure nécessité.

L’empereur, de son côté, promit à tous les nôtres foi et

raie jugeait sévèrement la conduite des chefs. Foucher de Chartres (I, 9, p. 332) explique, pour justifier le serment, que les croisés eussent été impuissants s’ils ne s’étalent conciliés l’empereur. Au contraire, Raoul de Caen (11, p. 6i2-6i3) développe les mêmes idées que l’Anonyme.

4. Allusion aux victoires de Bohémond sur les armées impériales pendant la guerre de Robert Guiscard contre l’Empire (io8i-io85), mais Bohémond lui-même avait fui devant Alexis à Larissa (Chalandon, Alexis Comnène^ p. 62-94).

5. L’Anonyme, bien informé de ce qui touche Bohémond, est le seul (avec ses imitateurs) à parler de ce traité secret. D’après Anne Comnène (X, ii, p. 97-98), Bohémond prêta serment sans difficulté et reçut de magnifiques présents, puis il demanda la charge de grand domestique d’Orient; Alexis lui fit une réponse dilatoire.

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32 COMES SANCTI EGIDII CUM IMPERATORE LITIGAT

tem dédit; juravit etiam quia veniret nobiscum pariter cum suo exercitu per terram et per mare et nobis mercatum terra manque fideliter daret ac omnia nostra perdita diligenter restauraret, insuper et neminem nostrorum peregrinorum conturbari vel contristari in via Sancti Sepulcri vellet aut permitteret*.

Cornes autem Sancti Egidii erat hospitatus extra civitatem" in burgo^ gensque sua remanserat rétro*. Mandavit itaque imperator comiti ut faceret ei homi* nium et fiduciam* sicut alii fecerunt^ Et dum imperator hec mandabat^ cornes meditabatur qualiter vindictam de imperatoris exercitu habere posset*^*. Sed dux Godefridus et Rotbertus cornes Flandrensis® aliique principes dixerunt ei injustum fore contra Christianos pugnare. Vir quoque sapiens Boamundus dixit quia, si aliquid injustum imperatori faceret et fiduciam ei facere prohiberet, ipse ex imperatoris parte fieret^. Igitur cornes, accepto consilio a suis, Alexio vitam et honorem juravit, quod nec per se nec per alium ei aufere consentiat*, cumque de hominio appellaretur®, non se pro capitis periculo id facturum respondit®. Tune gens domini BoamundiappropinquavitConstantinopolim-^*®.

[7.] Tancredus vero et Richardus de Principatu prop-

a. urbem C*, C-*. — b. fidelitatem C*. — c. mandaret C; mandasset A^. — d. potuisset C. — e. consentiret C. —

/. Constantinopoli B.

1. Le texte du serment de l’empereur n’est donné que par notre auteur.

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