Cf. Apocalypse
b. Foucher de Chartres (I, 10, p. 333) et Étienne de Blois (lettre, dans Epistulae et chartae, p. 143} parlent de magnifiques présents faits par l’empereur à tous les chevaliers et aux simples piétons.
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PUGNA AD DORYLAEUM
prima die qua recessimus a civitaie*, venimus ad quemdam pontem® ibique mansimus per duos dies. Tercia autem die, priusquam lux cepisset oriri, surrexerunt nostri et, quia nox erat, non viderunt tenere unam viam, sed sunt divisi per duo agmina et venerunt divisi per duos dies*. In uno agmine fuit vir Boamundus et Rotbertus Nortmannus et prudens Tancredus et alii plures ; in alio fuit^ cornes Sancti Egidii et dux Godefridus et Podiensis episcopus et Hugo Magnus comesque Flandrensis* et alii plures.
Tercia vero die irruerunt Turci vehementer super Boamundum et eos qui cum ipso erant^. Continuo Turci^ ceperunt stridere et garrire ac clamare excelsa voce, dicentes diabolicum sonum nescio quomodo in sua lingua*. Sapiens vir Boamundus videns innumerabiles Turcos procul stridentes et clamantes demoniaca voce, protinus jussit omnes milites descendere* et tentoria celeriter extendere. Priusquam tentoria fuissent extensa, rursus dixit omnibus militibus : « Seniores et fortissimi milites Christi, ecce modo bellum angustum est undique circa nos. Igitur omnes eant*^ viriliter obviam illis et pedites prudenter et citius extendant tentoria »
a. quandam civitatem O. — h. in alio fuit . et alii plures
omis dans — c. Turci videntes nostros C®. — d. erant A^.
1. Le 28 juin d'après Raimond d’Aguilers (3, p. 240) et Anselme de Ribemont (lettre 1, dans Epistulae et chartae., p. 145), le 29 d’après Foucher de Chartres (I, n, p. 334). En revanche, tous les textes placent la bataille de Dorylée le 1*' juillet. Les diver> gences proviennent de ce que les étapes ne furent pas les mêmes pour toutes les bandes.
2. Ce détail montre la pénurie des renseignements dont dispo* saient les croisés. Raimond d’Aguilers (3, p. 240) accuse Bohé-
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BATAILLE DE DORYLÉE (l*^ juillet IO97)
Le premier jour de notre départ de la ville nous atteignîmes un pont et nous y restâmes deux jours. Le troisième jour, les nôtres se levèrent avant l’aurore et, comme il faisait encore nuit, ils n’y virent pas assez pour tenir le même chemin et se partagèrent en deux corps, qui furent séparés par deux jours de distance 2. Du premier corps firent partie Bohémond, Robert de Normandie, le sage Tancrède et beaucoup d’autres; dans le second corps étaient le comte de Saint-Gilles, le duc Godefroi, l’évêque du Puy, Hugue le Mainsné, le comte de Flandre et beaucoup d’autres*.
Le troisième jour, les Turcs attaquèrent violemment Bohémond et ses compagnons^. Aussitôt les Turcs commencèrent à grincer des dents, à pousser des huées et des cris retentissants, répétant je ne sais quel mot diabolique dans leur langue*. Le sage Bohémond, voyant ces innombrables Turcs poussant au loin des clameurs et criant d’une voix démoniaque, fit aussitôt descendre les chevaliers de leurs montures® et dresser rapidement les tentes. Avant que les tentes fussent dressées, il répéta à tous les chevaliers : « Sires et vaillants chevaliers du Christ, voici que de tous côtés nous attend une bataille difficile. Que tous les chevaliers aillent donc droit devant eux avec courage et que les piétons dressent prudemment et rapidement les tentes^. »
mond de s’être écarté avec témérité. Albert d’Aix (p. 328-329) voit dans cette division une nécessité de ravitaillement.
3. Anselme de Ribemont et Foucher de Chartres placent le comte de Flandre dans la division de Bohémond.
4. Le nom du champ de bataille, Dorylée, aux environs d’Eski- Cheïr actuel, n’est donné que par Anne Comnène (XI, 3, p. iii). Raimond d’Aguilers et la Chronique de Saint-Pierre du Puy (p. 163-164) l’appellent Campus Floridus, le « Champ-Fleuri ».
5. Probablement le cri de guerre traditionnel : k Allah akbar » (Dieu est grand!), dont Raoul de Caen (40, p. 636) fait « Allachibar ».
6. Le mot descendere dont se sert ici l’Anonyme est employé plusieurs fois par lui dans le sens de « descendre de cheval ».
7. Rien ne montre mieux le rôle subordonné dévolu aux piétons dans les armées de cette époque.
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PUGNA AD DORYLAEUM
Postquam vero hoctotum factum est, Turci undique jam erant circumcingentes nos dimicando et jaculando® et mirabiliter longe lateque sagittando. Nos itaque,. quamquam* nequivimus resistere illis neque sufferre pondus tantorum hostium, tamen pertulimus illuc una* nimiter gradum. Femine quoque nostre in^illa diefuerunt nobis in maximo refugio, que afferebant ad biben* dum aquam nostris preliatoribus et forsitan semper confortabant illos pugnantes et defendentes^ Vir itaque sapiens Boamundus protinus mandavit aliis, scilicet comiti'^ de Sancto Egidio et duci'^Godefrido et Hugoni Magno atque Podiensi-^ episcopo aliisque omnibus Christi militibus quod^ festinent et ad bellum citius approximent, dicens : « Et si hodie luctari volunt, viriliter veniant**. » Dux itaque Godefridus audax et fortis ac Hugo Magnus simul venerunt prius^' cum suis exercitibus, episcopus quoque Podiensis prosecutus est illos una cum sua exercitu et cornes de Sancto Egidio cum gente magna juxta illos®.
Mirabantur ergo nostri valde unde esset exorta tanta multitudo Turcorum et Arabum et Saracenorum* et aliorum quos enumerare ignoro, quia pene omnes montes et colles et valles^ et omnia plana loca intus et extra undique erant cooperta de ilia excommunicata generatione. Facta est itaque sermo secretus inter nos laudan-
a. jaculando ac spiculando B. — b. quamquam omis dans A®, C*, O. — c. ilia die A^. — d. egregio comiii A^, B, C®. — e. inclito duci B. — /. honestissimo Podiensi B. — g. quo A^y B, C. h. A la suite de ce mot, B ajoute : Qui omnino prohibentes, deludentes illos et dicentes : « Verumtamen hoc fallacium est totum. b Nam nos credebamus jam illos esse tam pudentes quod amplius auderent se erigere et praeliari nobiscum. Ce passage se retrouve dans Tudebode, p. 25-20, et dans V « Hist, belli sacri », p. 182. C'est une interpolation manifeste reposant sur une tradition suspecte démentie par Raimond d'Aguilers
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BATAILLE DE DORYLÉE (l*^ juillCt IO97) 47
Quand tout ceci fut accompli, les Turcs nous entouraient déjà de tous côtés, combattant, lançant des javelots et tirant des flèches à une distance merveilleuse. Et nous, bien qu'incapables de leur résister et de soutenir le poids d’un si grand nombre d’ennemis, nous nous portâmes cependant à leur rencontre d’un cœur unanime. Jusqu’à nos femmes qui, ce jour-là, nous furent d’un grand secours en apportant de l’eau à boire à nos combattants et peut-être aussi en ne cessant de les encourager au combat et à la défense*. Le sage Bohémond ne tarda pas à mander aux autres, c’està-dire au comte de Saint-Gilles, au duc Godefroi, à Hugue le Mainsné, à l’évêque du Puyetàtous les autres chevaliers du Christ, de se hâter et de marcher rapidement au combat, leur faisant dire : « Si aujourd’hui ils veulent prendre part à la lutte, qu’ils viennent vaillamment^. » Et le duc Godefroi, connu pour son audace et son courage, puis Hugue le Mainsné arrivèrent d’abord ensemble avec leurs troupes, puis l’évêque du Puÿ les suivit bientôt avec sa troupe et, après lui, le comte de Saint-Gilles avec une armée nombreuse 3.
Les nôtres se demandaient avec étonnement d’où avait pu sortir une pareille multitude de Turcs, d’Arabes, de Sarrasins et autres, impossibles à énumérer, car toutes les hauteurs et les collines et les vallées et toutes les plaines, à l’intérieur et à l’extérieur, étaient entièrement couvertes de cette race excommuniée. 11 y eut entre nous un entretien intime,
(f. 240} et Anselme de Ribemont (Epistulae et chariae, p. 145). —
I. venerunt prius omis dans C*. — k. Sarracenorum A^, A^, C*. — l. et valles omis dans A^ et A^.
1. Mention intéressante des femmes qui suivaient les bandes de croisés. Cf. Albert d’Aix, II, 34, p. 317 et Sag.
2. Contrairement à l’interpolation (p. 46, note h), acceptée par Bongars, qui parle d’une hésitation des croisés à venir au secours des leurs, Anselme de Ribemont {Epistulae et chartaey p. 146) et Raimond d’Aguilers (4, p. 240) montrent les chefs croisés se hâtant aussitôt vers le champ de bataille.
3. Cf. Anselme de Ribemont, lettre citée {Epistulae et chartaey
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TURCI CLADEM ACCIPIUNT
tes ac consulentes atque dicentes : « Estote omnimodo unanimes in fide Christi et sancte Crucis Victoria'*, quia hodie omnes divites, si Deo placet, effecti eritis. »
Continue fuerunt ordinate nostrorum acies. In sinistra parte fuit vir sapiens Boamundus et Rotbertus Nortmannus* et prudens Tancredus ac^ Rotbertus de Ansa et*^ Richardus de Principatu; episcopus vero Podiensis venit per alteram montanam, undique circumeingens incrédules Turcos in sinistra quoque parte equitavit fortissimus miles Raimundus, cornes de Sancto Egidio. In dextera vero parte fuit dux' Godefridus et acerrimus miles Flandrensis cornes et Hugo Magnus et alii plures quorum nomina ignore.
Statim autem venientibus militibus nostris, Turci et Arabes et Sarraceni et Angulani-^* et omnes^ barbare^* nationes dederunt velociter fugam per compendia montium et per plana loca. Erat autem numerus Turcorum, Persarum, Publicanorum Sarracenorum, Angulanorum aliorumque paganorum ccclx milia, extra Arabes, quorum numerum nemo scit nisi solus Deus^ Fugerunt vero nimis velociter ad sua tentoria, ibique eos diu morari non licuit. Iterum vero arripuerunt fugam nosque illos persecuti sumus occidendo' tota una die
a. vexilli Victoria B. — b. comesque Normannie Roberius C. — c. ac honestissimus miles B. — d, et inclitus B. — e. honorabilis dux B. — /. Augulani A^. — g. omnesque A®, O; et omnes omis dans A^ et C*. — h. barbarice A*. — occidenies A B.
1. Sur le rôle d’Adémar de Monteil dans cette bataille, voir la Chronique de Saint-Pierre du Puy, p. 163-164.
2. On ignore s’il s’agit d’un peuple ou d’un corps de troupes ainsi désigné à cause de son armement. Au ch. xxi, l’Anonyme
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DÉFAITE DES TURCS (l«f juillet IO97)
dans lequel, après avoir loué Dieu et pris conseil, nous disions : « Soyez de toute manière unanimes dans la foi du Christ et dans la victoire de la sainte croix, car aujourd’hui, s’il plaît à Dieu, vous deviendrez tous riches. »
Sur-le-champ nos batailles furent ordonnées. A l’aile gauche étaient le sage Bohémond, Robert de Normandie, le prudent Tancrède, Robert d’Ansa et Richard du Principal ; l’évêque du Puy dut s’avancer par une autre hauteur, afin de cerner les Turcs incrédules ^ A l’aile gauche aussi chevauchait le très vaillant chevalier Raimond, comte de Saint-Gilles. A l’aile droite étaient le duc Godefroi, puis le vaillant chevalier qu’était le comte de Flandre et Hugue le Mainsné et plusieurs autres dont j’ignore les noms.
A l’approche de nos chevaliers, les Turcs, les Arabes, les Sarrasins, les Angulans^ et tous les peuples barbares s’enfuirent aussitôt rapidement à travers les défilés des montagnes et les plaines. Le nombre des Turcs, des Persans, des Pauliciens^, des Sarrasins, des Angulans et autres païens s’élevait à 36o,ooo, sans compter les Arabes, dont nul, si ce n’est Dieu, ne connaît le nombre^. Ils s’enfuirent avec une vitesse extraordinaire jusqu’à leurs tentes, mais ils ne purent y demeurer longtemps. Ils reprirent leur fuite et nous les poursuivîmes en les tuant pendant tout un jour; et
les montrera entièrement couverts de fer. De même Guibert de Nogent, V, 8, p. 189-190.
3. Bien que l’Etat des Pauliciens ait été détruit en 872 par Basile I", leurs doctrines se sont perpétuées en Europe dans celles des Bogomiles et, en Asie, dans un certain nombre de sectes, telles que les Christopolites de Phrygie, mentionnés au xi* siècle (voir le témoignage d’Euthymios Zigabenos publié par Cumont dans la B^^antinisclie Zeitschrift^ ann. 1903, p. 582); persécutées dans l’empire, ces sectes s’étaient réfugiées en territoire musulman. Les Pauliciens (sous le nom de Publicani) sont mentionnés par Etienne de Blois dans une de ses lettres {Èpisiulae et chartae, p. i5o).
4. Chiffre sans valeur, de même que celui d’Anselme de Ribemont (lettre dans le recueil des Epistulae et chartae, p. 145), qui donne 260,000 Turcs. La formule a dont nul, si ce n’est Dieu, ne connaît le nombre » est courante dans la langue ecclésiastique.
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DE TURCORUM VIRTUTE
et accepimus spolia multa, aurum, argentum, equos, asinos, camelos, oves et boves et plurima alia que ignoramus et, nisi Dominus fuisset nobiscum in bello et aliam cito nobis misisset aciem\ nullus nostrorum evasisset, quia ab hora tercia usque in horam nonam perduravit hec pugna. Sed omnipotens Deus, pius et misericors, qui non permisit suos milites perire nec in manus inimicorum incidere, festine nobis adjutorium misit. Sed fuerunt illic mortui duo de nostris** milites honorabiles, scilicet Godefridus de Monte Scabioso* et Willelmus Marchisi filius, frater Tancredi, aliique milites et pedites quorum nomina ignoro.
Quis unquam tam sapiens aut doctus audebit describere prudenciam, miliciam et fortitudinem Turcorum? Qui puiabant terrere gentem Francorum minis suarum sagittarum, sicut terruerunt Arabes, Saracenos et Hermenios, Suranos* et Grecos. Sed, si Deo placet, nunquam valebunt tantum quantum, nostri*. Verum tamen dicunt se esse de Francorum generatione et quia nullus homo naturaliter debet esse miles nisi Franci et illi^. Veritatem dicam quam nemo audebit prohibere : certe, si in fide Christi et Christianiiate sancta semper firmi fuissent et unum Dominum in trinitate confiteri voluissent Deique filium natum de virgine^, passum et resurrexisse*^ a mortuis* et in celum ascendisse suis cernentibus discipulis-^ consolationemque*’ Sancti Spiritus perfecte misisse* et eum in celo et in terra regnantem
a. de nostris omis dans A^, C*; ex nostris fi, C*, C®. — b. Suranios A^; Surianos fi. — c. virgine matre A^y fi, C*, C*. — d. resurgentem fi; même leçon dans Tudebode, p. 28^ et dans V « Hist. belli sacri », p. i83. — e. tertia die a mortuis fi; même leçon dans V « Hist. belli sacri », p. i83. — f. discipulis ascen-* dentem fi; même leçon dans V « Hist. belli sacri », p. i83. — g. ac deinde consolationem fi. — h. mittentem fi; même leçon dans Tudebode, p. 28, et dans V « Hist. belli sacri », p. i83.
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