PRINCIPUM ERGA BOAMUNOUM PROMISSA
urbem concedamus**. » Qui omnino prohibuerunt et denegaverunt dicentes : « Nemini dimittetur hec civitas, sed omnes equaliter habebimus illam; sicut equalem habuimus laborem, sic inde equalem habeamus honorem. » Itaque Boamundus auditis his verbis, pau> lominus subridens protinus recessit.
Non multo post audivimus nuntios de exercitu* hostium nostrorum^ Turcorum, Publicanorum*^, Azimitaruîn^'* et aliarum plurimarum nationum* statimque adunaveruDt se omnes majores simul tenueruntque concilium^, dicentes quoniam : « Si Boamundus potuerit adquirere civitatem aut per se, aut per alios, nos una libenti corde ultroei donamus, eo tenoreut, si imperator venerit nobis in adjutorium et omnem conventionem nobis, sicut promisit et juravit, attendere voluerit, nos ei eam jure reddemus; sin autem, Boamundus eam in sua habeat potestate-^^. »
Mox itaque Boamundus cepit humiliteramicumsuum cotidiana deprecari petitione, promittendo humillima, maxima et dulcia in hune modum : « Ecce vere modo tempus habemus idoneum in quo possumus operari
a. urbem dono concedamus A^y B. — b, de adventu exercitus O, C*. — c. Publicanorum, Ângulanorum -4 * ; Agulanorum B et dans Tudebode, p. 55, et V « Hist. belli sacri », p. ig6. — d. Anizitarum B; azimatorum A*. — e. gentilium quas numerare neque nominare nescio A*, B, C*, C*. — /. in suam habeat potestatem 4, B.
I. Une armée envoyée par le sultan de Perse (Kharezm) et commandée par l’émir de Mossoul, Kerb<^ga, marchait au secours d’Antioche et, sur sa route, avait assiégé inutilement Edesse. La nouvelle arriva aux croisés peu de jours avant la capitulation de la ville (Anselme de Ribemont, 2* lettre, dans les Epistulae et
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PROMESSES DES PRINCES A BOHÉMOND (mai IOqS) Io3
la cité, soit par lui-même, soit par d’autres, concédons-lui sa possession d’une voix unanime. » Mais ceux-ci refusèrent et s’y opposèrent en disant : « Nul ne recevra la possession de cette cité, mais nous l’aurons tous à part égale; nous avons supporté tous les mêmes travaux, nous recevrons tous le même honneur. * Bohémond, a ces mots, sourit légèrement et se retira aussitôt.
Peu après, nous reçûmes des nouvelles de l’armée de nos ennemis*, Turcs, Publicains, Azymites* et autres nations. Aussitôt nos chefs se réunirent et tinrent conseil® en disant : « Si Bohémond peut acquérir la cité par soi-même ou par d’autres, nous lui en faisons don bien volontiers, à cette condition que, si l’empereur vient à notre secours et veut observer la convention qu’il nous a promise et jurée, nous lui remettrons la ville de droit, même dans le cas où Bohémond l’aurait en sa possession^. »
Bientôt Bohémond commença à presser son ami humblement par des demandes quotidiennes, lui promettant toute espèce d’égards et d’avantages en ces termes : « Voici venir le moment favorable où nous pourrons accomplir le bien que nous avons résolu : que mon ami Pirrus m’accorde
chartaey p. i59)et, d’après Albert d’Aix (IV, 14, p. 398-399), sept jours avant l’arrivée de l’armée turque devant la ville, soit le 28 mai.
2. Les Grecs appelaient « Azymites > tous ceux qui usaient de pain azyme pour l’Eucharistie, comme les Latins, les Maronites, les Arméniens. C’est de ces derniers qu’il est question ici.