Ce conseil de guerre eut lieu vraisemblablement le 29 mai
4. L’Anonyme est le seul à donner le texte précis de cette convention importante, véritable compromis entre les projets ambitieux de Bohémond, qui ne parait plus se soucier des droits de l’empereur, et la résistance des autres princes, surtout Raimond de Toulouse, qui veulent réserver les droits impériaux comme une barrière aux projets de Bohémond. Albert d’Aix (IV, 16, p. 400) cite simplement le fait. Raimond d’Aguilers (8, p. 25o) le place en janvier et dit que Raimond de Toulouse refusa de faire aucune promesse.
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104 ANTIOCHIAM BOAMUNDO PIRUS TRADIT
quicquid boni volumus; ergo adjuvet me nunc amicus meus Pirrus. » Qui, salis gavisus, ait se ilium adjuvare omnino sicut agere deberet. Nocte iiaque veniente proxima*, misit filium suum caute pignus Boamundo, ut securior fieret de introitu urbis, misitque" ei verba in hune modum : ut in crasiinum omnem Francorum gentem summoveri* faciat^et quasi Saracenorum terram depredari* vadai, dissimulet-^ ac deinde celeriter revertatur per dextram monianam « Ego vero, ait, ero intentione erecia prestolans ilia agmina eaque recipiam in turres quas in mea habeo potestate ac custodia. » Dein Boamundus jussit celeriter ad se vocari quendam servientem® suum, videlicet Malam Coronam, eique precepii ut quasi preco commoneret Francorum maximam gentem quaiinus fideliter prepararet se in Saracenorum ituram^ terram ; factumque est ita. Credidit itaque Boamundus hoc consilium duci Godefrido et Flandrensi comiti, comiti quoque de Sancto Egidio atque Podiensi episcopo"*, dicens quia : « Favente Dei gratia, hac nocte tradetur nobis Antiochia*. »
Ordinaia sunt denique hec omnia : milites tenuerunt plana et pedites montaneam; iota nocte ambulaverunt et equiiaverunt usque prope auroram® ac deinceps ceperunt appropinquare ad turres quas ille pervigil* custodiebat. Confestim descendit^ Boamundus et precepit omnibus dicens : « Ite* securo animo et felici concordia et ascendite per scalam in Antiocham, quam statim
a. misit quoque 5, C. — â. praeconiare atque sum-
movere B; même leçon dans Tudebode, p. 56 ; sub voce praeconia moneri dans V « Hist. belU sacri », p. ig6. Cf. Baudri de Bourgueily p. 55, et Guibert de Nagent, p. i86; sumoneri A^; summoneri C*, C®. — c. faciat omis dans A^, A^; faceret C^. — d. quod in B; même leçon dans Tudebode, p. 56, et V « Hist, belîi sacri », p. ig6. — e. depraedare B. — /. dissimulans B. — g. itura A^, B, C, — h. vigil A^, B. — i. ascendit B {le contexte
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KIROUZ LIVRE ANTIOCHE A BOHÉMOND (2-3 juin IO98) I05
maintenant son aide. » Celui-ci, enchanté, déclara qu’il l’aiderait comme il devait le faire. La nuit suivante il envoya à Bohémond son propre fils en otage, afin de lui confirmer qu’il lui livrerait l’entrée de la ville, et lui adressa ce message : « Que demain toute l’armée franque soit convoquée par lui, comme s’il s’agissait d’aller dévaster la terre des Sarrasins, qu’il dissimule et revienne rapidement par la montagne à droite 2. Et moi, observant ces troupes avec attention, je les attendrai et les recevrai dans les tours que j’ai en mon pouvoir et sous ma garde. »
Aussitôt, Bohémond fit venir un de ses sergents 2, appelé Male Couronne, et lui prescrivit, comme à un héraut, de convoquer la grande armée des Francs, afin qu’elle se préparât fidèlement à pénétrer dans la terre des Sarrasins : ainsi fut fait. Bohémond confia ce dessein au duc Godefroi, au comte de Flandre et aussi au comte de Saint-Gilles et à l’évêque du Puy^ en disant : « Si la grâce de Dieu nous favorise, c’est cette nuit que nous sera livrée Antioche*. *
Tout fut donc disposé ainsi : les chevaliers tinrent la plaine, les piétons la montagne; toute la nuit ils marchèrent et chevauchèrent jusqu’à l’aurore®, puis ils s’approchèrent des tours, dont le gardien avait veillé toute la nuit. Aussitôt, Bohémond mit pied à terre et donna ses instructions à tous par ces mots : « Allez en toute sécurité et en bon accord; montez par l’échelle jusqu’à Antioche, que nous aurons
equitaverunt... venerunt illi usque ad scalam montre que cette lecture doit être écartée). — k. ila A*.
I. La dernière nuit qui précède la reddition d’Antioche, nuit du 2 au 3 juin.
3. La terre des Sarrasins était située à l’est et au sud; la montagne à droite (par rapport au camp des croisés) était, au contraire, à l’ouest, où se trouvaient les tours de Firouz.