IDÉE DU COURS
L'enseignement religieux peut se donner de deux manières, qui correspondent aux deux points de vue sous lesquels la religion se présente.
La religion a sa théorie et sa pratique.
Elle est un ensemble de doctrines,de préceptes, de règles détermirant le dogme,la morale, le culte. La vérité de la religion sous ce rapport se prouve 1°. par la nécessité d'une révélation,les prophéties,les miracles, la vie de Jésus- Christ et la sainteté de sa doctrine. 2°. en faisant voir que les enseignements sont conformes à la raison et au cœur de l’homme, et que les objections élevées contre la foi viennent de l'ignorance, des préjugés et des passions qui aveuglent l'intelligence. Cela est l'objet de l’enseignement dogmatique.
Il y a une autre démonstratior de la vérité de la religion, elle se tire de sa mise en pratique.
Le christianisme est un fait, un évènement ; il se constate, et il s’apprécie.
J--Christ a dit : Je bâtirai mon Eglise et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elie. Le royaume de Dieu est comparé à un grain de sénevé qui devient un grand arbre.
Si cette prédiction du Christ est accomplie,sa religion estvraie.
Le cours de l’histoire apologétique de l'Eglise démontre l’'accomplissement de la parole du Christ.
Il fait voir comment le christianisme s'est établi, propagé, conservé, il le montre subsistant seul comme société morale ayant un corps de doctrines.
L'histoire de l'Eglise, c’est celle de ses luttes et de ses triomphes.
Le démon attaque, Dieu défend et donne la victoire.
Les événements de l’histoire profane s'expliquent par leurs rapports avec les desseins de Dieu sur son Eglise.
Le monde est soumis à Rome pour la plus prompte divulgation de l'Evangile.
Les Juifs n'ayant pas voulu reconnaître le Messie sont punis et rejetés.
L'empire Romain est détruit en punition de ses crimes et de ses persécutions contre les chrétiens.
Les Barbares sont appelés pour être convertis.
L'Eglise luttant partout contre la barbarie, en triomphe et la change en civilisation.
La papauté acquiert l'autorité temporelle,quand celleci est devenue nécessaire à son indépendance spirituelle.
Elle exerce le plus haut empire sur l’Europe, qu'elle soutient à l'extérieur contre l’'Islamisme, par les croisades qu’elle prêche, et dans laquelle elle maintient le meilleur ordre social.
L'Eglise est victorieuse de tous les adversaires de ses doctrines.
Les Ariens nient la divinité de Jésus-Christ ; ils sont anathématisés et vaincus ; il en est ainsi des sectateurs de Nestorius, de Pélage, etc. et de tous les autres hérétiques.
Des scandales s'élèvent, ils sont réprimés.
Le pouvoir temporel attaque l'Eglise, les dynasties tombent, et l'Eglise subsiste toujours.
Le Protestantisme enlève à l'Eglise une grande partie de son domaine, elle compense ses pertes en étendant son empire sur les contrées nouvellement découvertes.
La prétendue réforme a enfanté l’incrédulité, et elle dépérit.
L'Eglise domine encore la société,ayant toujours conservé la même doctrine.
Ainsi, elle s’est accomplie la parole du Sauveur. La religion est vraie, Jésus-Christ est Dieu. Quelle belle étude ! quelle vaste ensemble !
Jésus avait dit encore : À fructibus eorum cognoscelis eos.
Ce qui est vrai vient de Dieu et produit le bien. Une doctrine divine, sainte, doit produire de bons résultats. |
Le christianisme s'annonce comme devant sanctifier l'individu, et jusqu'à un certain point la société.
C'est avec raison que les plus grandes luttes se sont livrées sur l’histoire de l'Eglise. Les incrédules sentaient le coup qu'ils portaient en travestissant son histoire, Aussi,
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écrite par eux, elle est devenue une conspiration contre la vérité.
On a accusé l'Eglise de maintenir dans l'ignorance, d’assujettir l'esprit—-de porter le. fanatisme partout—de favoriser le despotisme—de vouloir accaparer le pouvoir temporel--d’avoir donné des exemples de scandales,etc.
Si cela était vrai, l'Eglise ne serait pas sainte, la religion ne serait pas divine, Jésus-Christ ne serait pas Dieu.
Tout catholique doit être affiigé des divers reproches adressés à l'Eglise et doit désirer pouvoir y répondre.
L'histoire apologétique de l'Eglise est une réfutation des accusations de l'hérésie et de l’incrédulité et un développement des faits contraires.
Elle fait voir que l'Eglise a réformé les mœurs—sanctifié l’individu—établi la famille sur des bases solides— aboli l'esclavage—rendu la guerre plus douce—soulagé toutes les misères—répandu partout la lumière—favorisé la liberté des peuples-—créé les plus belles institutions du monde. S'il y a des taches dans son histoire, elles retombent sur les hommes, non sur les principes, les doctrines, les institutions de l'Eglise. Tout ce qu’il y a de bien dans les sociétés modernes est dû à son influence. Elle a éclairé l'intelligence, amélioré le cœur, elle a accompli sa mission— Docele omnes gentes, et fait accomplir la loi suprème de la charité—Diigite invicem—]Jésus-Christ a tout attiré par elle Omnia traham ad meipsum. La croix est l'étendard de la civilisation. Voilà l’objet sommaire du cours de l’histoire apologétique de l'Eglise.