‹ Histoire apologétique de l'Eglise [microforme]Chapitre 101 sur 140 · CRUE» TENTE · texte numérisé non relu

CRUE» TENTE

RDA AN RES

FR Ep voie à 40 as Er ir

Ainsi,selon l'opinion de tous les peuples, un ministère perpétuel oblige à une continence absolue. —Démosthène n’est que l'organe de toute l'antiquité payenne, lorsqu'il dit : ‘Pour moi, je suis persuadé que celui qui entre dans le sanctuaire, qui touche aux choses saintes et préside au culte divin, doit être chaste, non seulement pendant un certain nombre de jours déterminés, mais pendant toute sa vie.”

4° Si les peuples païens se sont accordés à exiger du ministre des autels la continence, à plus forte raison on doit reconnaître la nécessité de cette vertu pour le prêtre catholique, dont les rapports avec Dieu sont si intimes, dont les fonctions sont si saintes.

Le prêtre de la nouvelle loi est le représentant d'un Dieu vierge, d'un Dieu parfait et qui recommande la perfection : Æstote perfect: sicut et ego perfectus sum.

Le célibat, dans l’idée de tous les peuples, est un état plus saint, il convient donc au prêtre. — Comment, dit un concile, l’évêque ou le prêtre oserait-il recommander la continence et la virginité, si lui-même ne se distinguait par ces vertus. — L'idée de la chasteté est tellement jointe à celle du sacerdoce que tous les hommes, mêm® les plus pervertis, font un grand crime au prêtre de la moindre faiblesse.

Une dignité aussi haute que celle du prêtre doit être soutenue par une vertu forte et singulière. La chasteté doit distinguer le prêtre ; c'est un retour qu’il doit offrir à Dieu pour le ministère sublime qu'il en a reçu.

L'apôtre St Paul (1 cor. 25) ordonne aux laïques la continence pour un temps, afin qu'ils puissent vaquer à la prière. Les prêtres devant prier sans cesse, doivent être toujours continents. L'administration des sacrements appelle à chaqüe instant le prêtre aux fonctions les plus saintes et les plus sublimes ; elle demande une pureté de pensée, de sentiment incompatible avec le mariage.

Pour monter à l’autel, s'abreuver du sang divin, se faire le médiateur des peuples, il faut une chasteté parfaite; c'est ce que l'instinct du cœur révèle et ce que la voix de l'humanité proclame.

L'administration du sacrement de Pénitence ne semble pas compatible avec le mariage dans le prêtre; la discrétion du prêtre serait soupçonnée à cause de ses rapports

intimes avec sa femme. S'il n'est pas marié et qu'il puisse se marier un jour, on ne conçoit pas la confession des jeunes personnes. Et si,comme en Russie, il n’y a que le prêtre marié qui puisse exercer le ministère de la confession, n'est-ce pas alors retrancher du sacerdoce ceux qui vivent dans l’état le plus parfait, ceux qui pratiquent la vertu à laquelle J.-C. a promis la plus grande récompense. — Avec quelle autorité le prêtre marié peut-il exhorter à la continence et indiquer les moyens de la garder, si luimême ne pratique pas cette vertu.

D'ailleurs, les incessantes et terrestres occupations du mariage laisseront-elles au prêtre la liberté d'esprit et la tranquillité d'âme si nécessaires au saint ministère. Le soin d’une famille, l'établissement de ses enfants, n’5ccuperaient-ils pas presque toute sa pensée. Comment tous les sacrifices qu’exigent le zèle et la charité apostoliques sont-ils possibles à un homme qui a une femme et des enfants ?—Le prêtre est l'homme de la prière, l’administrateur des sacrements, le sacrificateur de la loi nouvelle, le prédicateur des conseils de perfection, le confident de tous les secrets, l'âme de la charité évangélique ; un seul de ces devoirs l’engage à la continence: tous ensemble lui en font une loiinvincible, et la preuve c'est que partout où le célibat a été aboli, partout a disparu le sacrifice, la confession, la pratique des conseils évangéliques et la charité vraiment chrétienne. (Lacordaire.—-Conférence sur la chasteté. — Jager.—Du célibat ecclésiastique. — Chàteaubriand.—Génie du Christianisine, 1ère partie.)

Page 1