‹ Histoire apologétique de l'Eglise [microforme]Chapitre 100 sur 140 · CÉLIBAT ECCLÉSIASTIQUE · texte numérisé non relu

CÉLIBAT ECCLÉSIASTIQUE

Le célibat, dans tous les siècles et par tous les peuples, a été regardé comme un état plus saint et plus parfait que le mariage. On a vu dans la continence quelque chose qui

ns

Don one nn ee eg

CR ea en T - SR TAN RAT TE

élève l’homme et le rapproche de la divinité. La vierge est représentée par les anciens auteurs comme un être supérieur, surnaturel en quelque sorte, et seul digne d’être consacré au service des autels.

On connait l'institution des Vestales à Rome et à Athènes. Les personnages les plus distingués de la fable gardaient la virginité. On l’attribuait à Diane et à Minerve, déesses du génie et de la sagesse.

Les Chinois honorent le célibat des filles. Dans l’antiquité, on croyait que la divinité s'incarnait de temps en temps, et qu'elle naissait d’une vierge.

Le grand dieu du Japon, Xaca, était, dans l'opinion du peuple, né d'une vierge. Les Indiens ont la même croyance par rapport à Boudha.

Les Grecs ont été jusqu'à dire que Platon, le prince de la sagesse, n'avait pu naître que d’une vierge.

Les paroles de j’Ecriture : /ncorruptio facit esse proximuim Deo (Sap. VI 20) semblent avoir été l’oracle de tous les siècles. Les Sybilles étaient des vierges. Ce sont des vierges qui ont le pouvoir d’apaiser la colère divine, comme Iphigénie.

2. Le Christianisme a fortifié la croyance générale sur l'excellence du célibat, et lui a donné une impuision immense. Jésus-Christ a mis le célibat au nombre des conseils évangéliques (Math. XIX.) Il a voulu naître d'une vierge, et la virginité a reçu de l'exemple de sa vie un nouvel éclat. St-Paul recommande dans les termes les plus forts l'excellence du célibat, dans la 1ère épitre aux Corinthiens (1 Cor. VII.)

Aussi, dès les premiers siècles de l'Eglise, on voit un nombre considérable de vierges. C’est ce qu'attestent St- Justin, Minutius Félix, St-Cyprien, et presque tous les auteurs de ces siècles. St-Chrysostôme comptait 3,000 vierges à Antioche. ,

St-Cyprien appelle les vierges l'image de Dieu reproduisant le mieux sa sainteté. Et St-Fulgence dit que la virginité est au-dessus du mariage autant que les choses célestes sont au-dessus des choses terrestres. St-Grégoire de Naziance dit que le célibat place dans l'ordre surnaturel des anges. Tous les SS. Pères tiennent le même langage. Les protestants, et entre autres Mosheim, sont obligés d'en convenir.

nu: Les

Les païens se sont montrés bien plus sévères que les protestants, sur la violation du vœu de virginité. Les Vestales infidèles étaient enterrées vives; 50 vierges lacédémoniennes, tombées au pouvoir des Messéniens, n’hésitèrent pas à mourir pour conserver leur virginité. Stymphalide d'Orchomène et les sept vierges de Milet donnèrent le même exemple.

3. La continence étant en si grand honneur, elle a été considérée comme nécessaire aux ministres des autels et à ceux qui touchent aux choses saintes. Moïse défend aux Lévites,sous peine de mort,d’exercer la moindre fonction, sans qu’ils y soient préparés par cette vertu.

Chez les nations payennes,les simples initiés devaient, pour être admis aux mystères, garder pendant un certain temps la continence. On exigeait des Romains qui devaient sacrifier, la même préparation que Moïse avait prescrite aux Lévites. Mahomet lui-même a prescrit une certaine continence et des purifications, avant de prier. Le culte de Cerès, de Bacchus et d’Iris imposait l'obligation de la continence.

Les dames athéniennes, admises à célébrer les mystères,étaient obligées de jurer solennellement qu'elles avaient gardé la continence. Les mêmes idées se sont retrouvées au Pérou et chez les Sauvages du Nord de l'Amérique.

Si une continence passagère était exigée par une participation momentanée aux mystères sacrés, une chasteté plus rigoureuse était demandée à ceux qui, par état,avaient à remplir les fonctions saintes. Les Vestales étaient tenues à la continence, jusqu’à l’âge de 30 ans, parce que telle était la durée de leurs fonctions.

L'Hiérophante des Grecs était condamné à une continence perpétuelle. —Les prêtres,en Ethiopie et en Egypte, étaient reclus et gardaient le célibat—34.

Virgile place dans les champs Elysées les prêtres qui avaient gardé la chasteté : Quique sacerdotes casti, dim vita manebat, (Liv. 6, 661).

Les prêtresses de Cérès, à Athènes, celles du soleil, chez les Perses, étaient obligées au célibat.

Chez les Gaulois, il y avait neuf vierges qui gardaient un oracle fameux et qui étaient en grande vénération. Au Pérou, des prêtresses étaient aussi tenues à une continence perpétuelle.

Page 1