CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES
1’. L'unité est l'essence du Christianisme et le signe distinctif de la véritable Eglise. Cette unité ne souffre nas d'atteinte, blessée dans un seul de ses points, elle est totalement détruite, voilà pourquoi l'Eglise tient si fortement à la conserver.
2. L'unité de religion est utile aux empires ; elle maintient l’ordre et la paix intérieure. Dans l'empire d'Orient, tant que les hérésies dominèrent, l'état fut déchiré,il perdit son éclat et une partie de ses provinces, Avec Justin et Justinien revint l'unité religieuse et,en même temps, la prospérité de l'empire. Retombé dans le schisme et l'hérésie, l'Orient ne se releva plus. L'unité catholique a sauvé l'Occident de l'invasion des barbares. ‘Si l'Eglise chrétienne n’eût pas existé, dit M. Guizot, le monde entier aurait été livré à la pure force naturelle.” Mais une Eglise unie, compacte, fortement constitueée,et non une Eglise déchirée en mille sectes, qui a produit ces merveilleux effets. Charlemagne ne crut pas à la stabilité d'un empire chrétien, sans l'unité catholique. Aussi, cette unité est écrite à la tête de ses lois. Bientôt, sa nécessité, pour le salut de l'Eglise et de l'Etat, rentre dans le domaine de l'opinion publique et l’hérésie fut considérée comme un grand crime social. De là, l'horreur qu'elle excita et la sévérité avec laquelle elle fut punie.
3: Quand une hérésie se présente quelque part, l'Eglise lui oppose aussitôt ses docteurs. Si l'hérésie reste à la discussion, elle est déférée au tribunal du pape ou d'un concile. LA,les héritiques ont liberté de se défendre, mais quand la condamnation est prononcée, s'ils s’obstinent, le concile leur dit anathème, et les signale aux fidèles, comme des gens dangereux qu'il faut éviter.
4. L'Eglise pourrait, d'après le sentiment commun des théologiens, prononcer la condamnation à certaines veines corporelles, comme moyen de répression, tels que l'exil, l'emprisonnement, mais elle ne le fait que lorsque le pouvoir civil est disposé à lui prêter son secours ; il faut remarquer que l'hérésie a suscité partout des troubles L'e.tat n'aurait jamais songé à sévir contre les hérétiques, si
ceux-ci fussent demeurés paisibles. Mais partout l'hérésie a suscité des troubles. Les sectaires de l'Orient ont eu recours aux plus grandes violences. Les empereurs, ne pouvant tolérer leurs actes de brigandages et, dans l'intérêt de l’ordre et de la justice, ils ont dû les poursuivre. Aujourd'hui, la loi civile attendrait de ces sévérités les mèmes violences. Au reste, c'est la doctrine qui produit l'acte. À quoi sont dus les crimes que la société moderne déplore ? Aux mauvais principes qui circulent partout. Les empereurs chrétiens n'ont-ils pas été sages de couper
le mal à sa racine, en empêchant la diffusion d'… hérésies, source de tant de troubles, de violences et souvent de car-
nages ? L’Occident, instruit par l'exemple de l'Orient, s'est montre sévère, dès l'abord,contre les hérésies. Aussi, pendant de longs siècles, il n’y a pas eu de guerres nn gieuses à déplorer. La marche de la civilisation a toujours été croissante. grâce à l'unité catholique.