‹ Histoire apologétique de l'Eglise [microforme]Chapitre 126 sur 140 · INTOLÉRANCE PROTESTANTE EN ANGLETERRE · texte numérisé non relu

INTOLÉRANCE PROTESTANTE EN ANGLETERRE

Quand Henri VIIT se fut déclaré chef de l’église anglicane, le doute exprimé, même confidentiellement, sur le pouvoir spirituel du roi, fut déclaré crime de haute trahison. Après avoir pillé les monastères, chassé les religieux, on

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en vint aux supplices. On éventra, on écartela, on brüla les prêtres. Les abbés, les religieux, les fidèles catholiques et tous ceux qui ne voulaient pas reconnaître l’infaillibilité du roi. Henri VIII a fait exécuter deux cardinaux, plusieurs évêques, deux archevêques, 124 bourgeois et 300 femmes. Ces horreurs retombent sur le parlement entier, qui avait passé le bill par lequel il était libre de condamner un accusé sans procès. Sous Edouard VI,un certain nombre de catholiques périrent sur les échafauds et dans les bûchers. Ilest vrai que Marie Tudor s'est montrée aussi intolérante, quand elle croyait pouvoir défendre, par la rigueur, la religion pratiquée en Angleterre depuis tant de siècles et qu'elle croyait menacée si gravement. D'ailleurs, un grand nombre de ceux qui furent condamnés, avaient conspiré contre son autorité, pour lui ravir la couronne. Le nombre des victimes a été porté par les protestants à 267 ; il a été démontré que c'est une forte exagération. Au reste, le cardinal Bona et beaucoup de catholiques éminents, ont condamné, dès lors, ces cruelles rigueurs.

Sous Elizabeth, le parlement passa un grand nombre de statuts empreints du plus violent fanatisme. Le refus du serment de suprématie est puni : une première fois, de déportation, une deuxième, de la mort. Convertir un Anglican, peine de mort. Ceux qui refusent d'aller à l'église

établie, confiscation des 24 de leurs biens. Ces lois atroces furent mises à exécution sous le règne d'Elizabeth, plus de 60 prêtres et autant de laïques furent mis à mort. Pen-

dant le procès, on les soumettait à une horrible question. PERSECUTION EN IRLANDE

En Irlande, les Anglais ont renouvelé, contre les catholiques, tout ce qu’il y a eu de plus atroce dans les persécutions des empereurs païens. Comme toute justice leur fut refusée, les Irlandais s'insurgèrent, et ils en vinrent à certaines représailles, mais encore excessivement exagérées par les protestants. O'Connell a constaté que, pendant les six ans que les Irlandais insurgés furent les maîtres, ils n'ont pas passé une seule loi qui sentit l'intolérance, qu'ils ne se livrèrent à des actes de carnage qu'au commencement de l'insurrection, et que les chefs eurent bientôt arrêté la fureur des soldats. La vengeance des Anglais est la plus

horrible dont l’histoire fasse mention. Ils se jetèrent sur l'Irlande avec une épouvantable fureur. Ils massacrèrent tout ce qui se rencontra sur leur passage, égorgèrent ceux qui se rendaient à eux, exécutant des massacres souvent de 6, 7 et 800 personnes, femmes et enfants. Ils brûlaient des villes entières avec leurs habitants, et ils se plaisaient à torturer leurs victimes de la manière la plus atroce. Quand ils furent las de carnage et d'incendie, ils tentèrent la déportation, et ils vendirent des milliers d’Irlandais comme esclaves. Ces fureurs se ralentirent, mais jusqu’à la fin du dernier siècle, les Irlandais furent régis par la législation la plus inique. Voici quelques-unes de ces propositions : Tout fils aîné d'un catholique qui se fait protestant devient le maître des propriétés de son père ; si un catholique acquière des terres à prix d'argent, un protestant a droit de le déposséder, sans rien payer ; le catholique, qui enseigne les lettres, est puni de la potence ou du bannissement ; les catholiques sont incapables d’une charge quelconque, peine de mort contre un catholique qui convertit un protestant. Malgré cette tyrannie, le catholicisme a vécu, dans ce pays, avec une vigueur plus grande que partout ailleurs. La conservation de la foi, en Irlande, est une des plus grandes gloires de l'Eglise.

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