LE PROTESTANTISME EN FRANCE
La prédication des erreurs Luthériennes fut favorisée en France par deux femmes d’une foi suspecte et de mœurs scandaleuses : Marguerite de Valois, reine de Navarre, sœur du roiet la duchesse d’Estompe. Des actes audacieux, des sacrilèges commis par des protestants, et la crainte de voir la France en proie aux troubles de l’Allemagne, obligèrent François I à des mesures de rigueur. Les Valois étaient établis depuis longtemps en Provence et en Languedoc. On les laissa tranquilles, mais, encouragés par le triomphe de l’hérésie en Allemagne et en Suisse, ils commencèrent à prêcher et bientôt en vinrent à des
actes ouverts de violence et d’insubordination. Le roi ordonna de brûler les villages des sectaires et de mettre à mort quelques rebelles. Cependant, l'exécution de cet arrêt fut suspendue pendant deux années entières, où les hérétiques ne répondirent aux diverses lois de conciliation tentées à leur égard que par le pillage des églises, la profanation des choses saintes, et, en quelques circonstances, par l’effusion du sang. Les troupes royales s'étaient avancées sur le territoire occupé par les sectaires. Ceux-ci résistèrent à main armée et se défendirent autant qu'ils le purent. A la fin,ils succombèrent. 24 villages brûlés, entre autres ceux de Mérindol et de Cabrières, et environ 3,000 personnes emportées par le fer et le feu.
La faim, dans les bois, fut le résultat de l'obstination des Vaudois et de la vengeance des troupes royales. Cette vengeance, quoique longtemps provoquée, fut injuste dans sa répression cruelle. Aussi, ceux qui en furent les principaux auteurs, eurent à subir des procès qui coûtérent la vie à l'un d'eux et la prison à l'autre. [l est sans exemple que, dans un pays protestant, on ait soumis à un jugement aucun de ceux qui ont exercé tant d’affreuses barbaries sur les catholiques. Malgré la sévérité qu’exerça Henri IT contre les Calvinistes, ceux-ci répandirer' partout leurs erreurs, surtout dans les hautes classes de la société, soutenus par les factions politiques qui dominaient le royaume, ils se portèrent aux plus grands excès, et commencèrent à conspirer, Les chefs du parti Calviniste, par la décision unanime des ministres de l'Allemagne et de la Suisse, formèrent la conjuration d’'Amboise, dont le but est d'enlever le roi, de massacrer les Suisses et d'établir un gouvernement favorzble à l'hérésie. La conjuration fut découverte et punie. Partout où ils sont les maîtres, les Calvinistes profanent les églises et emploient la violence la plus cruelle contre les catholiques. Voici différents traits entre mille: A Montauban, ils défendirent aux prêtres de dire la messe sous peine d’être brûlés; à Montpellier, ils égorgèrent 150 prêtres, les religieux furent massacrés partout où ils furent rencontrés, et les religieuses furent l'objet des plus affreuses injures. En 1562, à Nîmes, 70 ministres décidèrent de ne faire aucun quartier aux catholiques qui refuseraient d'em'rasser le nouveau culte. En Dauphiné, les seigneurs forc:nt les catholiques à assister à la prèche,
roi Ornettre à ‘et arrêt »s héréiliation
la prostances, it avan- IX-Ci réqu'ils le ss, entre n 3,000
tination s. Cette ste dans s princi- ‘rent la exemple igement aries Sur Xenri IT ut leurs », soutepyaume, cèrent à décision Suisse, st d'enun gouit decous Calvi-
la plus ts entre
de dire Is égorpartout bbjet des ainistres ues qui Auphiné, prèche,
en employant les coups de bâton. Malgré ces excès et beaucoup d’autres, les catholiques furent longtemps sans user de représailles. Mais la guerre civile éclata, à l’occasion du massacre de Vassy, en Champagne.
Les c’ ‘aoliques, irrités par un coup porté par les Huguenots au duc de Guise, leur chef, égorgèrent 60 de ceux-ci; à la suite de ce fait, les protestants ne mirent plus de bornes à leur fureur. Ils se livrèrent, là où ils étaient les plus forts, à des excès inouïs jusqu'alors, surtout contre les prètres. 150 églises et abbayes du Tiers- Ordre furent détruits par les Huguenots. Coligny seul renversa 300 églises de paroisses dans la France. Les historiens da Dauphiné, de la Provence, du Languedoc mentionnent environ 1,000 prètres égorgés et un grand nombre de catholiques à Angoulème. Entre autres tortures, les Hug£uenots attachaient les catholiques à des poutres graissées de souffre, auxquelles ils mettaient le feu, et les soldats jouaient à la Jueur de ces flambeaux vivants. Partout où les Calvinistes dominèrent, ils furent très intolérants.
Le 15 avril 1563, il fut décidé, à ‘Grenoble, que nul ne pourrait exercer de charges, s'il n'était de la religion réformée. Le 18 avril 1563, il fut ordonné, à Nîmes, à tous les catholiques, d'assister aux prèches ; on défendit aux prètres de rester dans la ville. Le 25 septembre 1563, les Huguenots, vainqueurs à Saint-Gilles,égorgèrent 2, 500 catholiques. Le 30 septembre 1567,il y eut,à Nimes,un massacre par lequel 200 catholiques furent mis à morts. Sans doute, les catholiques se portèrent, de temps à autre, à de cruelles représailles, mais elles s'expliquent par les cruels excès des Huguenots. Il faut remarquer que les Calvinistes se liguèrent avec l'Angleterre et les Pays-Bas, et se décladtnE ainsi, ennemis de la nationalité française.
La question, pour la France,était de savoir si elle sonsentait à l'extinction totale du culte catholique, par tous les moyens de violence, comme cela se pratiquait partout où le protestantisme était triomphant ; si elie rentrerait dans le régime féodal sous l'autorité des seigneurs Huguenots, qui avaient un gouvernement à principauté féodale ; si elle consentirait à voir démolir ses magnifiques monuments religieux, si elle voulait se soumettre à la tyrannie qui règnait à Genève, à voir ses savantes.et glorieuses universités, remplacées par le consistoire calviniste ; si, en un
mot, elle renoncerait à ce qui faisait sa gloire et sa pros-
périté, à tout ce qui l'avait constituée ce qu’elle était lors
Œitb de la St Barthélemy. Voici des assertions que des faits bien établis rendent incontestables :
1. Ce massacre n’a pas été médité d'avance, Charles IX ne s’y est déterminé que par la crainte d’une nouvelle
insurrection des Huguenots, et dans le fait, l'audace et les menaces de Coligny et ses sectaires, favorisèrent ses appréhensions.
2°. Le roi n’a pas donné ordre aux gouvernements des provinces de massacrer les hérétiques ; bien loin de la, il a donné des ordres contraires. Les massacres qui eurent iieu dans quelques villes des provinces, furent une réaction populaire contre les excès que les Huguenots y avaient commis.
3. Le nombre des victimes a été prodigieusement exagéré par l'esprit de parti. Le martyrologe des Huguenots n’a jamais pu nommer, pour toutes les places où les massacres ont eu lieu, que 78 personnes. D'après Lingard, on ne peut raisonnablement croire que le nombre des victimes ne passe le double de ce nombre.
4. La religion n'a été pour rien dans cet acte barbare. Toutes les circonstances montrent que ça été une mesure purement politique. Le roi déclara, le jour même de ce massacre, que quelque sévérité qu’on ait employé à Paris, il voulait le maintien de l'édit de tolérance accordé aux Calvinistes. Au reste, les catholiques, dès le principe, ont condamné unanimement cet acte.
5. Si le pape Grégoire XIII, à la première nouv elle, a ordenné de grandes réjouissances, c’est qu'il a été trompé par une lettre ‘de Charles IX, dans laquelle celui-ci lui apprenait que l'autorité royale avait échappé à une vaste conspiration des Huguenots, dont les auteurs et les complices avaient été arrêtés et punis.