‹ Histoire apologétique de l'Eglise [microforme]Chapitre 130 sur 140 · DÉGRADATION RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

DÉGRADATION RELIGIEUSE

1°. Le protestantisme se présente comme une réforme, comme une œuvre de Dieu, et reconnait comme auteurs de la réforme opérée : Luther, Calvin, Zwingle, etc., c'està-dire des hommes en proie aux plus mauvaises passions et déshonorés par des vices hideux, ce qui est avoué de tous, même de leurs disciples. On sait qu’il s’est établi par la violence, la séduction offerte aux inclinations qui flattent le plus la nature, par une discussion pleine d'injures et de calomnies. Cor:ment ne pas avoir honte d'une telle origine ? Pour croire qu’une œuvre accomplie par de tels hommes et avec de tels moyens soit divine, ne faut-il pas une grande dépravation de raison dans l’ordre religieux ?

2°. La doctrine fondamentale du protestantisme, c'est qu'il n’y a pas d'autorité spirituelle, et que la raison privée de chaque individu est juge suprème des dogmes révélés. Or, il est d’une notoriété incontestable que les opinions les plus diverses ont été soutenues chez les protestants, sur tous les points de la révélation. Il suit de là que toute religion, qu’elle soit vraie ou fausse, honore Dieu, également, ce qui rend la révélation inutile et injurie la sagesse et la teté de Dieu, ou qu’il est impossible de connaître sûir vot ia vérité, ce qui est le scepticisme, ou que la croy- ‘a, .crne de chaque individu, est la vérité, ce qui est de- & des plus monstrueuses absurdités qui puissent uegrader l'esprit humain.

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3. Le protestantisme a nié le libre arbitre et, par conséquent, dépouillé l’homme de sa liberté, qui est la plus belle prérogative, et l’a dégradé en faisant de lui un automate.

4°. Il a déclaré Dieu auteur du péché, en punissant dans l’homme le péché que celui-là commet nécessairement; principe qui révolte au plus haut degré la raison et la forcerait de nier Dieu lui-même.

5. Il a proclamé l’inutilité des bonnes œuvres pour le salut, ôtant par là le fondement essentiel de la vertu, en rendant impossible la sainteté.

6°. En ravissant à l'homme la culpabilité volontaire, il a lâché la bride à tous les vices.

7. En niant le purgatoire, il a proclamé l'égalité de toutes les fautes, aux yeux de Dieu, ce qui blesse la raison et le sentiment de tous les peuples ; et il a enlevé au cœur un de ses penchants les plus doux et qui semble le plus naturel, celui de prier pour ceux 1u’il aime.

8°. Il a nié la nécessité du culte extérieur et, en le permettant, il l'a réduit à la prédication et à quelques prières. Il a Ôté tout ce qui peut en faire la grandeur et le charme. Il n’y a rien, dans le culte protestant, qui parle au cœur, rien qui attire et touche le peuple.

9. Le protestantisme n’a pas de sacerdoce, il n’a pas de prêtre qui enseigne la vérité, qui soit l'avocat des peuples auprès de Dieu, qui console les affligés, qui se dévoue pour le salut des âmes et le soulagement de toutes misères. Le ministre protestant n’attire ni le respect ni la confiance. Son action est parfaitement nulle. Quand on considère l’immense influence du sacerdoce catholique, en faveur de la société, on est frappé de la stérilité produite, sous ce rapport, par le protestantisme. C’est un des caractères les plus marqués de la dépravation qu'il a opérée.

10°. Dans la plupart des pays où s’est établi le protestantisme, pour subsister comme société religieuse, il a été obligé de recourir à l'autorité civile, il a reconnu la suprématie du pouvoir laïque, il a suivi en tout sa direction et son influence, il a donné au monde le plus grand exemple de l’avilissement de l’homme, celui de l’asservissement de son intelligence, de la croyance religieuse à la volonté arbitraire d’un despote, ou à la fantaisie d’une simple femme. Là où le protestantisme n’a pas été soute-

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nu par l'autorité civile, il a offert le spectacle d’une autre dégradation : des multitudes nombreuses ont eu une foi aveugle dans les rêves de prédicants fanatiques.

11°. La multiplicité extraordinaire des sectes protestantes, dont un certain nombre présentent les croyances les plus extravagantes, montre évidemment que la doctrine fondamentale du protestantisme, l'autorité du jugement privé, a affaibli l'intelligence, puisque celle-ci, sur les objets qui l’intéressent le plus, ne peut produire des idées fixes et générales, elle change, elle cherche, elle tâtonne en quelque sorte, parce qu’elle ne voit plus clair. Si l’unité fait la force et la grandeur, la division chez les protestants indique la faiblesse et l’affaiblissement.

12°. Le protestantisme a amené partout chez les classes éclairées, le doute ; il n'y a plus de foi vive et inspirée aux dogmes de la révélation. Du protestantisme est venu le Déisme déguisé. Aussi, est-ce un fait incontestable que, généralement parlant, un protestant instruit, est un homme sans vie religieuse. Le protestantisme n’est plus qu'un nom, il n’exprime plus aucune croyance, aucun corps de doctrine, il n’est plus une religion ; d’après ces considérations, le protestantisme n’a-t-il pas opéré dans la société, une profonde dégradation, sous le rapport religieux ?

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