‹ Histoire apologétique de l'Eglise [microforme]Chapitre 131 sur 140 · DEGRADATION MORALE · texte numérisé non relu

DEGRADATION MORALE

1. La doctrine du jugement privé a augmenté de beaucoup le penchant de l’honime à l'orgueil et à l'arrogance, la confiance que l’on a en sa raison, en l’ordre religieux, se manifeste en tout ordre d'idées et sème la présomption et le mépris des autres ; cette disposition est très prononcée chez les protestants. La même doctrine, en multipliant les sectes, a été une source féconde de dissensions, de haines, de querelles, de guerres qui ont perverti les cœurs et déchiré la société en la dégradant par toutes sortes d’excès.

2. Le principe de la suprématie du sens individuel justifie tous les vices. Il est facile, pour un homme aveuglé par les passions, de se faire une conscience erronée et de trouver approbation de ses idées et de ses sentiments dans quelques textes mal interprétés de la bible. Les erreurs les

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plus monstrueuses des textes protestants ont été soutenues par des citations des livres saints.

3”. La négation du libre arbitre et de l'utilité des œuvres, est un encouragement évident à tous les vices. Sur ce principe, Cromwell mourant se sent justiflé de tout le mal qu'il avait fait.

La suppression de la confession, ôte le frein souvent salutaire de la honte et de l'aveu de ses fautes, et enlève cette direction du saint tribunal qui éclaire l’homme et prévient ses écarts,qui les corrige en lui faisant voir l’horreur de ses vices, en lui donnant les moyens de les vaincre. Que doit être l’homme abandonné à ses passions, effets de la corruption universelle ?

5. La suppression de la communion fait disparaître les immenses avantages qui résultent, pour la conduite morale, de la croyance à l'union de l'âme avec son Dieu qui est d’une infinie sainteté ; de la nécessité de la préparation à cet acte, par la pureté de conscience et tous les sentiments qu'une foi vive doit laisser dans le cœur de celui qui a reçu récemment l'Eucharistie. Ce sacrement est le principe le plus fécond de la vertu.

6°. En supprimant le célibat et la virginité,les grands réformateurs ont annoncé, sur la difficulté de garder la virginité,une doctrine très propre à favoriser l’immoralité. Cet enseignement a porté ses fruits. Dès le temps de Luther, on se plaignait de l'accroissement marquée de la corruption des mœurs; les protestants,eux-mêmes en conviennent. La sévérité de l’enseignement catholique sur la chasteté, les précautions multiples et efficaces qu’il présente, pour la conservation de cette vertu, doivent faire conclure que les mœurs doivent être généralement plus pures chez les catholiques ; autrement, il faudrait nier l'influence des doctrines et des convictions sur la conduite. D'ailleurs, une observation attentive, qui ne s'arrête pas à la surface de la société, découvre une immoralité flagrante, dans les contrées protestantes.

7. La permission du divorce a Ôôté au lien du mariage la considération et le respect dont la religion catholique l’investit. Les plus grands désordres pour la famille ont été produits par la facilité de rompre le lien conjugal. En Angleterre,les homnies éminents se récrient contre les abus du divorce et l’immoralité qu’il amène. Aux

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Etats-Unis, 5,000 divorces (année commune) sont prononcés légalement ; en ce pays, les liens de famille se relâchent de plus en plus.

8". Dans les grandes villes protestantes, le peuple, qui ne reçoit aucun enseignement religieux, vit à la lettre, sans Dieu, et, par conséquent, sans morale. Il of:e le spectacle d'une dégradation qui fait frémir et effraie les chefs de la société. La société n'existe maintenant, dans les villes principales de l'Angleterre, qu’au moyen d’une police sévère, qui compte un très grand nombre d'agents. L'immoralité de certaines classes de la société, en France, tient plus à l'ordre social qu'à l’ordre moral proprement dit, elle est en grande partie due à des causes politiques, elle n’est, au reste, en aucune manière, attribuable au catholicisme, qui la combat par son enseignement et le zèle actif de ses ministres.

9. La suppression des ordres religieux a Ôté l’exemple des plus sublimes vertus, du sacrifice de soi-même, de l’héroïsme moral porté au plus haut dégré ; aussi, le protestantisme qui, sans doute,a présenté des vertus morales, n’a jamais fait admirer en lui ce caractère si distingué du catholicisme, la sainteté. 11 n’y a pas de saints chez les protestants. L'homme, chez les catholiques, s’est incontestablement élevé à une grande force d'âme. Le protestantisme a considérablement affaibli le cœur. Le caractère marqué des sociétés qui vivent de son esprit, est la recherche des satisfactions matérielles. La vie morale, les puissances de l’âme ont, sans contestations, une plus large part chez les catholiques, animés d’une vraie foi.

10°. Nul parallèle à établir entre le protestantisme et le catholicisme, pour la première des vertus, la chasteté. Il y a sans doute chez les individus protestants de la générosité, on donne libéralement pour les indigents dans l’occasion, mais tout se fait par souscriptions publiques qui font connaître les personnes qui donnent et le montant de leurs dons. Le protestantisme a inventé les deniers, les bals, les bazars pour les pauvres, c'est-à-dire le secours de lindigent au moyen d’nne jouissance spéciale pour le riche ; mais il ignore complètement le dévoucment personnel ; il n’a jamais donné de pain au cœur, à l'âme du pauvre ; il consent à soulager celui qui souffre, mais il ne veut pas avoir le spectacle de la misère, il est souvent

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égoïste dans la bienfaisance même. Le protestantisme n’a jamais pu créer une institution divine, il est maintenu par l’enseignement continu de préceptes religieux et moraux que le catholicisme impose, même à son entrée,à toute société chrétienne.

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