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aucun respect. La femme méprisée par son mari et ses enfants tomba dans la plus grande abjection morale,
La loi des douze tables donnait au père le droit de vendre et de tuer ses enfants. Le père par la mème loi était obligé de tuer sur le champ l'enfant qui naissait difforme. Cette dernière disposition, demeura,d'après Cicéron,en vigueur tout le temps de la république. Si le père n'eut pas toujours le droit d'ôter la vie à son enfant, il avait celui de les exposer. Il pouvait à sa volonté jeter toutes ses filles dans la rue, excepté la première, —difforme, ou seu-"° lement faible, l'enfant quelqu'il fût, subissait le même sort.
L'exposition était journalière et générale. Au second siècle, Tertullien, parlant devant les magistrats de l'Empire, portait aux payens ce terrible défi : ‘‘ Si je demande à ce peuple qui a soif du sang des chrétiens de déclarer combien il y en a qui n’ont pas tué ou laissé mourir leurs enfants, que répondra sa conscience ? ”
Ces millions d'enfants ainsi exposés ‘evenaient la proie des pourvoyeurs de lieux de débauches, des marchands de gladiateurs, des magiciens qui faisaient des breuvages de leur sang, et de ceux qui spéculaient sur les infirmités des enfants dans l'espérance d'attirer la commisération publique et d'en extorquer de l'argent. Ceux-ci faisaient subir quelquefois à leurs victimes d'atroces mutilations.
L'éducation des enfants toute sensuelle ne développait chez eux en général que les qualités physiques, l'éducation morale était nulle, l'enfant voyait partout les plus grands scandales. Le vice, comme une atmosphère corrompue, l'enveloppait de toutes parts.
Le Christianisme a été le régénérateur de la famille. En dépouillant le père de la force brute, il l’investit de l'autorité morale. Le respect de l'enfant envers ses parents est un des plus grands préceptes de la loi divine. Et le Christianisme dit aux époux : Viri, diligile uxores vestras, sicut el Christus ditexit ecclesiam. Mulieres viris suis subdiicæ sint sicut domino.
Aussitôt q''e le pouvoir fût chrétien, la législation se modifia suivant les idées évangéliques. Constantin met au nombre des crimes sociaux tout ce qui attente à la vie ou à la liberté du nouveau-né.
L'enfant recouvre aussi bientôt sous les empereurs
chrétiens les droits civils. Constantin le fit entrer dans le pécule de la propriété des biens acquis par lui dans le service. Vint ensuite la propriété des biens laissés à l'enfant par sa mère, enfin le droit de succéder aux aïeux.
Constantin proscrivit l'exposition des enfants, sur la demande de Lactance, par un édit solennel en 315. Théodose déclara libres tous les enfants vendus pour cause d'indigence. Justinien décida que l'enfant exposé serait toujours présumé libre, et il établit que le fils ne pouvait être déshérité que pour cause d'ingratitude.
Constantin,en 331,reconnut aux femmes majeures des droits égaux à ceux des hommes. Il accorda aussi aux mères, le droit général de prendre part à la succession des enfants.
Théodose le Grand donna la tutelle à la mère,à défaut d'autre tuteur légitime ; mais Justinien donna la tutelle légale et le plein droit à la mère et à l’aieule. De plus, il donna aux femmes, pour la conservation de leur dot, une hypothèque générale. Il voulut que les enfants représentassent entièrement leurs mères. Il abolit totalement l’agnation, le lien du sang fut tout, et la famille constituée suivant les bases naturelles. ù
La législation du moyen-âge et celle des temps modernes n'ont fait que développer les droits naturels des membres de la famille, reconnus et proclamés dès les premiers temps du Christianisme. (Grâce à l'influence des principes chrétiens, le père est dans la famille un objet de respect et d'amour qui exerce avec la plus grande douceur une autorité sacrée par la religion. La femme est l'objet des égards les plus délicats, de la tendresse la plus pure et la plus durable, et l'enfant voit concentrer sur lui des affections et des soins infinis, non seulement de la part de ses parents, mais de la société entière qui pourvoit à son éducation, et surtout de l'Eglise qui l’adopte et inspire à ses ministres le dévouement le plus entier à son égard.
(Histoire de la famille par Mgr Gaume.) |