‹ Histoire apologétique de l'Eglise [microforme]Chapitre 19 sur 140 · INFLUENCE DU CHRISTIANISME SUR LA FAMILLE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU CHRISTIANISME SUR LA FAMILLE

La famille est la base de la société. Elle exerce une action exclusive et journalière sur l'enfance, or les formes reçues à cet âge, sont en général des impressions qui ne s'effacent jamais. (C'est dans la famille que l’homme reçoit la vie et l'aliment qui le nourrit, la parole qui ouvre

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son intelligence à la vérité, l'enseignement qui lui apprend ses devoirs et l'éducation de toutes les vertus morales et sociales. Eh bien, regarderait-on comme une civilisation réelle un état social où le but essentiel de la famille, l'importance de ses droits et de ses devoirs, seraient méconnus.

Dans la société antique, partout le père est un tyran, la femme une esclave, l'enfant une victime. A Lacédémone, le célibat était proscrit et le rapt ordonné. Lycurgue avait déclaré que les enfants n'appartenaient pas aux parents, mais à l’état. Les enfants mal conformés étaient jetés dans une fondrière au pied du mont Taygète. Onles flagellait dans leurs premières années jusqu’au sang et quelquefois jusqu’à la mort sur l'autel de Diane Orthia. Le vol était commandé par les lois. Pour détourner les enfants de l'intempérance et du vice honteux,on enivrait des Hilotes et on leur faisait faire devant les enfants toutes sor- ‘ tes d’indignités morales. On a reproché aux femmes de Sparte une grande immoralité et la législation féroce de Lycurgue, par les principes qu’elle fit prévaloir, leur ôta les plus belles qualités du cœur entre autres la délicatesse de la pudeur et la tendresse maternelle. À Athènes, la femme était livrée à i'opprobre le plus complet. Les Grecs avaient sur leurs femmes une autorité sans limite. On sait qu'un crime monstrueux était. autorisé par les lois,et l'histoire d’Alcibiade nous montre qu'elles étaient les mœurs. L'exposition et le meurue des enfants étaient permis et furent en usage.

À Rome la nature n’est comptée pour rien dans l'organisation de la famille. La nouvelle épouse entrait dans la famille non en sa qualité d'épouse, mais par un acte spécial et volontaire qui la faisait adopter civilement par son mari, lequel était le aître absolu de sa personne et de ses biens.

Romulus avait investi le mari du droit de vie et de mort sur sa femme. Lui seul punissait son épouse de toutes les fautes, et les plus légères étaient punies bien gravement, souvent par la répudiation.

La femme se voyait enlever ses enfants de bonne

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