‹ Histoire apologétique de l'Eglise [microforme]Chapitre 23 sur 140 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SJR LES HÉRÉSIES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SJR LES HÉRÉSIES

Une religion, qui propose des mystères à croire, qui

soumet la raison et la curiosité au joug de la foi et enchaîne les passions par une morale sévère, ne sera jamais goûtée

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par les hommes orgueilleux et sensuels. La perversité des penchants de l'homme, son orgueilleuse curiosité, voilà ce qui explique pourquoi il y a eu toujours des hérésies.

Tout homme, qui ayant cru cesse de croire, cède à un intérêt d'orgueil ou de volupté. Sur ce point, j'en appelle à la conscience de tous les incrédules, a dit M. de la Mennais. L'histoire de tous les hérésiarques confirme ces paroles.

I v eut des hérésies, dès le temps des apôtres, mais une chose remarquable, c'est que les hérésiarques les plus anciens n'ont jamais constesté la vérité des Evangiles. Dieu a permis les premières hérésies afin de nous convaincre que l'Evangile ne s'est pas établi dans les ténèbres, dans le silence de l'ignorance, mais au milieu de la discussion.

“Il faut des hérésies, dit St-Paul, afin que l’on connaisse ceux dont la foi est à l'épreuve.” IT Cor. XJ, 10.

Il fallait que l'Eglise fût agitée, afin que l'on vît la sagesse et la solidité du plan que J.-C. avait établi pour perpétuer sa doctrine.

Les hérésies des premiers siècles ont forcé les Pères de fixer leurs regards sur l'antiquité, de consulter les monuments, de renouer sans cesse la chaîne de la tradition. C'est en refutant les hérétiques qu'ils nous ont laissé ces écrits, témoignage de la tradition constante de l'Eglise.

La multitude des hérésies prouve la faiblesse et les contradictions de la raison humaine, mais ne prouve rien contre la religion. Elle fait voir,au contraire,la nécessité de l'Eglise comme autorité décidant les questions débattues. Les hérésies, au reste, sont moins nombreuses qu'elles ne le paraissent. La mème hérésie s’est ordinairement divisée en plusieurs sectes et a porté des noms différents. Les hérésies modernes ne sont que la répétition des anciennes, comme les systèmes des nouveaux philosophes ne sont que les mêmes erreurs enseignées par les anciens.

Les discussions soulevées par les hérésies ne sont pas de simples disputes de mots. On voit clairement en y réfléchissant que les hérésies attaquaient les dogmes les plus fondamentaux du Christianisme. Il s'agissait de défendre l'essence même de la religion. On ne pouvait faire de concessions, les discussions devenaient inévitables, et si de tristes et longues querelles en furent les résultats, cela doit

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