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détourne, il implore sa charité, mais il ne conteste pas son droit, il le reconnait, au contraire, expressément.
Tertullien,dès la fin du 2esiècle,avait dit : ‘‘Voici un édit, et même un édit péremptoire, parti du Souverain Pontife, de l'Evêque des Evêques.” De providentia,cap. I.
Au 3e siècle, les Novatiens recourent à Rome pour faire confirmer leurs doctrines et se faire absoudre des censures dont ils avaient été frappés en Afrique,
Dans le même siècle, Paul de Samosathe, patriarche d’Antioche, prêche l’hérésie dans la ville épiscopale. Les Papes l’anathématisent. Il est déposé, mais il refuse de céder le palais épiscopal à celui qui fut nommé pour le remplacer. L'Empereur Aurélien, qui se trouvait à Antioche, décide que le palais sera rendu à celui qui est en communion avec l’Evêque de Rome.
St-Cyprien, dans son livre de l'unité de l'Eglise, dit : ‘ Le grand caractère auquel on reconnait la vraie Eglise de Jésus-Cnrist, c'est l'unité du corps enseignant, de l’épiscopat, et l'unité de l’épiscopat a sa source et sa vie dans l'union de tous ses membres à la chaire de Pierre. C’est de là que part l’unité, et la primauté n’est donnée à Pierre que pour que l'Eglise de Jésus-Christ nous soit montrée une. (Voir la citation du concile de Nicée, Darras.)
Ammien Marcellin dit : Libère, Antistès de la loi chrétienne, sommé par l'Empereur Constance de donner sua consentement à la condamnation d’Athanase, consentement dans lequel il ne pouvait être privé de son siège, s'y refusa constamment. ...
L'Empereur éprouvait un vif désir de voir Libère confirmer cet acte en vertu de l'autorité qu'a sur les autres évêques, l’évêque de la ville éternelle.
Au concile d'Ephèse, 3e œcuménique, Philippe, l'un des légats du Pape, dit: Nous rendons grâces au concile de ce que. vous avez accueilli les lettres du Saint Pape que nous avons lues, comme il convenait à des membres à l'égard de leur chef : c'est que vous n’ignorez pas que Pierre est le chef de la religion et même des apôtres. Le concile, écrivant au Pape,s’explique ainsi : ‘Nous devons compte à Votre Sainteté de tout ce qui s’est fait ; c’est là un devoir que nous impose la volonté même du Christ.”
Le 4e concile général, tenu à Chalcédoine, donna un témoignage encore plus explicite. Il écrivit au Pape Léon:
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‘ Vous présidiez ici dans la personne de ceux qui tenaient votre place ; vous étiez pour nous ce que la tête est pour les membres... Nous venons de vous exposer tout ce qui s'est fait, pour vous prouver la sincérité de notre foi, comme pour obtenir votre confirmation, et maintenir l'unité. ”
(Pour d'autres citations, voyez l'ouvrage de l'abbé Manguin. De la Papauté aux prises avec le Protestantisme, et du Pape, M. de Maistre. Léon I. )
On voit,par les témoignages et faits ci-dessus exposés, combien se trompe Mr Guizot lorsqu'il affirme que dans les premiers temps du Christianisme, ‘* 77 n'y avait aucun système de doctrine arrélée, aucun ensemble de règles, de discipline, aucun corps de magistrats, et que ce n'est -qu'à la fin du 4e siècle el au commencement du 5e siècle,” que le Christianisme n'était plus simplement une croyance individuelle ; c'était une institution : il s'était constitué, il avait son gouvernement, etc. (Histoire de la civilisation en Europe, p. 51, 52, 53.) Mr Guizot se réfute lui-même à la page 138, en disant : ‘II n’y a pas de société qui subsiste huit ; jours, que dis-je, une heure, sans un gouvernement. À l'instant même où l: société se forme, et par le seul fait de sa formation, elle appelle un gouvernement qui proclame la vérité commune, lien de la société, qui promulgue et maintienne les préceptes que cette vérité doit enfanter, La nécessité d'un pouvoir, d'un gouvernement de la société religieuse comme de tout autre,est impliquée dans le fait de l'existence de la société.
(Histoire ecclésiastique, Université Catholique, Tome 15, p. 258 et suiv.) ù
Mr Guizot dit qu'il n'y avait, aux premiers siècles, aucun corps de magistrats.
Mais que sont ces évêques, ces prêtres, ces diacres dont il est parlé si souvent aux actes des apôtres? Partout, dans les premiers siècles, on voit des prêtres, des évêques, des métropolitains, des archevêques. Au concile de Nicée, on voit 318 évêques, et il s'était tenu, avant ce concile, pas moins de 56 conciles provinciaux, plus ou moins nombreux.
Il n'y avait pas de doctrine arrétée,dit Mr Guizot. Les écrits des Pères des quatre premiers siècles répondent à cette assertion. Clément d'Alexandrie, St-Ignace d’Antioche, St-Justin, St-Irénée, Tertullien, Origène, St-Cy-
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prien, St-Athanase et nombre d’autres écrivains chrétiens dont nous avons les œuvres, tiennent sur les dogmes, la morale et le culte du Christianisme,tous le même langage.
(Ce qui suit doit se rapporter à la page 37e.)
Le premier concile général s'assemble, il est présidé par les légats du Pape, et dans son 6e canon, il déclare ‘ que l'Église Romaine a toujours eu la primauté... D'après les faits et l'aveu de tous, toute primauté et l'honneur principal doivent être conservés selon les canons, à l'archevèque très chéri de Dieu, de l’ancienne Rome”. Le concile envoie au pape Svlvestre,les canons qu'il a dressés, et le Pape, dans un concile de 273 évèques, tenu à Rome, les confirme.
Les Ariens avaient déjà déposé St-Athanase, mais ils sentent l’infirmité de cet acte ; ils vont à Rome solliciter le pape Jules.
Les hérétiques, Pélage, Nestorius, Eutychès, tenterent d'abord de faire approuver leur doctrine à Rome.
On objecte à l'infaillibilité du Pape, la chute du pape Libère qui, dit-on, signa la formule présentée par les Ariens à Sirmium, et condamna St-Athanase.
Rép.—1. Le fait est contesté par les meilleurs critiques, il est tout probable que le récit de ce fait a été ajouté par les Ariens à l'apologie de St-Athanase, qui parait avoir été faite avant que Libère fut Pape.
2°. La formule de Sirmium omettait le mot consubstantiel, mais n'avait rien d’hérétique : la condamnation de St-Athanase ne tombait pas sur la foi, mais sur de prétendus crimes ou abus dont on l'avait accusé.
3- Libère, dans cette circonstance, ne donna pas un enseignement adressé, comme doctrine de foi à l'Eglise Catholique. (Voir l'histoire de l'infaillibilité des Papes, par l'abbé Constant, Tome Ier.)
On dit encore : Si le Pape à l'autorité suprême pour définir en matière de foi, pourquoi des conciles œcuméniques.
Rép.—1". Les hérétiques nient presque toujours l'infaillibilité du Pape et appellent de ses décisions au concile, il importe de les convaincre par une autorité qu'ils reconnaissent, et de constater solennellement la tradition universelle de l'Eglise.