‹ Histoire apologétique de l'Eglise [microforme]Chapitre 52 sur 140 · RES · texte numérisé non relu

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plus sauvages et quelquefois les plus malsains, et, par la culture, ils les rendaient salubres et profitables.

Grand nombre de villes doivent leur origine aux monastères. Les couvents changeaient des granges en fermes, y plaçaient des colons, et leur esprit conciliant facilitait par le rachat des redevances,le passage à la propriété entière et à la liberté personnelle. On a remarque jusque dans ces derniers temps que les terres des couvents étaient mieux cultivées que celles des laïques. Si, dès le onzième siècle, l'Angleterre pût se vanter d’une culture plus soignée que dans beaucoup d’autres pays ; si elle présentait moins de bois et de bruyères, et plus de terres labourées et de gras pâturages, elle le devait au zèle des religieux qui avaient trouvé de bonne heure, dans ce royaume, un accueil hospitalier. (Hurter 155).

Ce furent eux qui, dans la Flandre, défrichèrent les marais, et changèrent un désert en un jardin délicieux. Mirabeau a dit : ‘‘La plupart des établissements monastiques, si riches aujourd’hui, n'étaient autrefois que des déserts, et nous devons aux piemiers cénobites le défrichement de la moitié de nos terres.” St-Boniface, avec les religieux de son ordre,a mis en culture la plus grande partie de la Bavière. On attribuait seulement à l'absence d'un assez grand nombre de couvents l’état où se trouvait encore, au douzième siècle, le vaste pays situé entre le Wéser et la Seine, mais à peine un plus grand nombre se fondèrent-ils, sous la protection des Guelfes, que le pays prit en peu de temps un aspect tout nouveau. (Hurter, 156.)

Les moines de Saint-Benoiït, près de Mantoue, employaient près de trois mille paires de bœufs. (Génie du Christianisme, 1. 6. ch. 7.)

Il faut remarquer que l’abstinence presque générale de la viande favorisait la propagation des races de bestiaux. Les alliances qui se formaient entre les couvents, les relations mutuelles, les voyages des frères d’un couvent à l’autre, répandaient les connaissances agricoles.

Les religieux accordaient des soins particuliers à la vigne. Guillaume de Malmesbury dit que les vins de Glocester ne le cèdent guère en qualité aux vins de France. Il y à plus d’une contrée, et notamment l'Angleterre, d’où la culture de la vigne a disparu avec les religieux.

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Les bières de Flandre et la plupart des vins fins de l’Archipel, de l'Italie, de la France et de l'Espagne étaient faits par les congrégations religieuses.

Aujourd’hui encore, les Trappistes élèvent en France des fermes modèles,et le gouvernement français vient d'envoyer une colonie à Staouëlie, près d'Alger.

[1 y a eu des ordres religieux industriels comme les /réres Pontifes. Ils s'obligeaient par leur Institut à prêter main forte aux voyageurs, à réparer les chemins publics à construire des ponts et à loger des étrangers dans les hospices qu'ils élevèrent au bord des rivières. Ce sont eux qui ont construit, sous la conduite de St-Bénézet, le pont d'Avignon, (1) et celui du St-Esprit, (2) sur le Rhône. La Grande-Bretagne doit aux moines beaucoup de monuments de ce genre.

L'ordre des Humiliés, en Italie, s'occupait des manufactures de laine et des fabriques d'étoffes brochées d'or et d'argent. Ils avaient établi de ces fabriques dans un grand nombre de villes,qui, en retour,leur avaient accordé beaucoup de privilèges.

C'est aux couvents qu'est due la vie des champs. Les anciens ne connaissaient guère que celles des villes. C’est à l'existence de monastères dans les campagnes et les lieux retirés, que l'on doit l'établissement et la consolidation de ce nouveau genre de vie, qui, dans ces temps de guerre, eut été impossible sans l'ascendant et la bienveillante protection qu'exercèrent les abbayes puissantes.(Voir le Génie du Christianisme, 4ème partie, liv. 6 ; les services rendus à l'Agriculture et à l'Industrie : ch. 8, 9 et 10. (Moines d'Occident, Tome 2, p.338 et suiv., 400 et suiv. Tome 6, p. 274 et 292.)

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