‹ Histoire apologétique de l'Eglise [microforme]Chapitre 56 sur 140 · BIENFAISANCE EXERCÉE PAR LES RELIGIEUX · texte numérisé non relu

BIENFAISANCE EXERCÉE PAR LES RELIGIEUX

La bienfaisance, sous toutes ses formes, était un des principaux devoirs d'une communauté religieuse. Souvent elle formait une des conditions des donations qui lui étaient faites. Chaque fois que les religieux recevaient une nourriture plus abondante que de coutume, ils étaient tenus de faire des distributions aux pauvres. Il y avait des couvents, où journellement 200 pauvres recevaient à la porte du couvent de l'argent ou des aliments. Une somme fixe était assignée annuellement sur les revenus de la maison pour les pauvres et les malades. (On évaluait à 17,000 le nombre des pauvres que le couvent de Cluny secourait. Dans certains couvents, toutes Îles semaines, l’aumonier était tenu de parcourir les villages avoisinants, et de s'informer si quelque maison renfer-

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ait un pauvre malade, afin qu'on pôût lui envoyer ce qui ilui serait utile. C'était surtout les jours de fêtes que l'on faisait aux pauvres de plus abondantes largesses. Dans le cas de disette,les couvents devenaient des refuges: la charité chrétienne n'épargnait alors ni les objets les plus précieux, ni les trésors les plus recherchés de l'art. Les châsses des saints étaient dépouillées de leurs ornements et les vases sacrés les plus riches mis en vente pour subvenir aux nécessités publiques. (Voyez les détails, Hurter), T. IL, p. 188).

L'hospitalité fut, dès les premiers temps, le devoir des couvents. Les grands monastères avaient des hospices spécialement consacrés aux étrangers. Cluny fut longtemps appelé l'auberge de l'Europe. Le prieur qui n’exerçait pas l'hospitalité, devait être déposé. Tous, riches et pauvres devaient être reçus.

Il y avait, attachés aux couvents, des hospices partibuliers pour les pauvres : on en recevait un certain nombre qu’on employait à de légers services. On avait établi partout des hôpitaux, où les malades étaient soignés par les frères. Lorsqu'un couvent n'avait pas de bâtiment séparé à cet effet, on faisait coucher les pauvres et les malades jusque dans les lits des religieux.

Il y avait des religieux qui se vouaient spécialement a l'hospitalité, entre autres les frères du mont St-Bernard, et d’autres qui se consacraient exclusivementau soin des malades. Dès le sixième siècle, on voit des associations pieuses se former pour desservir des hôpitaux : on en vit bientôt dans les divers pays ; et par ces associations diverses, la religion vint au moyen-âge au secours de toutes les misères. (Voyez Hurter, T. II, ch. 21, et le Génie du Ghristianisme, Lib. 3 ch. 5 et 6. Moines d'Occident, T.6.)

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