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et inquiètent : il met un frein aux passions, déprend le cœur de mille bagatelles et fait qu’il s’étève plus librement vers sa fin.
Les précautions les plus grandes sont prises pour empêcher qu’on entre dans les couvents sans vocation, et la règle est telle que celui qui suit ses prescriptions n’est guère exposé aux séductions du monde. Le très grand nombre de ceux qui persévèrent dans leur vocation en s’y regardant heureux, sera toujours une démonstration de l’exellence de la vie monastique. (Voir le Génie du Christianisme, 4e partie, liv. 3, ch. 4.)
3. Les ordres religieux ont concentré entre leurs mains tant de richesses que ia société en a souffert, l'industrie n'a pas fait de progrès ; la mendicité a été entretenue par les secours qu’elle recevait des couvents.
Rép.—I1 a été prouvé que les couvents ont acquis leurs richesses par des voies légitimes, et qu'ils en ontfait l'emploi le plus utile à la société.
C’est à eux qu'est dû en grande partie ce qu'il y a eu d'industrie dans le moyen-âge. L'industrie manufacturière qui existe aujourd'hui ne pouvait se développer qu'avec le temps. Elle ne pouvait exister qu'après le progrès de l’agriculture, l’ouveriure des communications entre les diverses parties de l'Europe, et la satisfaction des premières nécessités de l’économie politique. Tout était à refaire dans le moyen-âge, sur ce terrain qu'avait dévasté les Barbares. Ce sont les ordres religieux qui ont tout refait : aidée par leur direction, la société a marché dans un progrès continuel, (ceci sera démontré plus tard).
L'industrie au reste s’est particulièrement développée dans les pays du nord de l'Europe, parce qu'elle est une nécessité pour ces pays moins favorisés de la nature. D'un autre côté, il est loin d’être constaté que l’industrie manufacturière, du moins telle qu’on la voit aujourd'hui, ait contribué au bonheur du peuple. Quant à la mendicité du moyen-âge, elle était l'effet des guerres continuelles, et d'un état moins avancé de la civilisation matérielle, dû à la nature des choses. Les ordres religieux n'ont pas pu la faire naître, mais ils l’ont secourue. Il ne faut pas croire que les indigents sont secourus par les couvents sans distinction : ceux qui président aux distributions connaissent les pauvres, s’enquièrent de leur conduite, et autant que
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possible tâchent de leur trouver des moyens de subsistance. En même temps on donne aux indigents des conseil:: moraux, et on s'intéresse à leur vie spirituelle. L’'indigence est aussi grande aujourd’hui, mais elle n’est soulagée efficacement que là où existent des institutions reli: gieuses ou des sociétés charitables inspirées par la religion.
Les Etats trouvaient les plus grandes ressources dans les moments de crise,dans les dons des religieux. Charles- Quint disait que Henri VIII, en détruisant les monastères d'Angleterre avait tué la poule aux œufs d'or. Deux ans après avoir supprimé les couvents, Henri VIII fit banqueroute. Sous Edouard VI,les revenus de la couronne étaient déjà considérablement diminués. Sous Elizabeth, on fut obligé de passer onze bills pour le soulagement des indigents. On sait ce qu'a été depuis cette époque, en Angleterre, la taxe annuelle des pauvres. Dans ce pays, le nombre des indigents est de un sur six. En Italie, il est de un sur vingt-cinq. (Voyez Cobbett, Lettre 5e).
Au reste, en combat'ant l’objection dans sa généralité, il faut avouer qu'à certaines époques et dans quelques localités l'accumulation des propriétés dans quelques ordres religieux, a été nuisible at bien matériel de la société, et il est incontestable que les trop grandes richesses de certains couvents ont ruiné la discipline, causé de grands abus, et préparé la décadence de ces maisons.
3. Le relâchement s introduisit bientôt dans les ordres religieux, il fallut de nouvelles réformes ; les moines ont donné un grand scandale par le luxe, la mollesse, et une vie indisciplinée.
Rép. —Diverses eauses ont contribué au relâchement qui de temps à autre s'est introduit dans la discipline. Dans les monastères primitifs on expuisait les moines infidèles à la règle ; on fut forcé par les évêques et les princes à les garder : la régularité monastique dut en être altèrée. On prit pendant longtemps des enfants trouvés ou offerts par leurs parents ; ceux-ci n'avaient pas tous la vocation, et ils devenaient souvent le scandale des monastères.
Les grandes richesses furent une cause puissante de corruption. Le Supérieur ayant à régir des communautés riches et par là d’une grande influence sociale, crut que sa
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position l’obligeait à vivre sur un haut ton ; de là abandon de la pauvreté ; il y eut aussi des querelles, des contestations au sujet des propriétés. Leur importance en faisaient un objet d'envie. Mais ce qui contribua plus puissamment que toute autre cause à la détérioration de la discipline monastique, ce fut le droit qu'au 9e siècle s'arrogèrent les Souverains de nommer les abbés. Non seulement ils mirent à la tête des couvents des religieux indignes de les gouverner ; mais bientôt des laïques furent investis des abbaves : ceux-ci s'installaient avec leur suite dans la maison bbatiale, et y menaient joyeuse vie, le dérèglement ne put que s'accroître avec un tel état de chose. Les privilèges et les immunités achevèrent de ruiner la discipline. (Voyez Cours d’hist. ecclésiastique par Lager, 13e leçon.)
Mais pour juger de l'excellence d'une institution, il faut la considérer dans son ensemble, et non dans quelque partie. Or nris en général les ordres religieux ont été l’édification de VF glise, et c'est dans leur sein qu'on a trouvé les plus grands et les plus nombreux exemples de sainteté. Depuis quinze cents ans l’on a remarqué presque aucun relâchement chez les moines orientaux. Depuis sept siècles les Chartreux n'ont pas eu besoin de réforme. Les réformes qui ont été faites dans les autres ordres l'ont été avec assez de facilité, et c'est dans le temps de leur plus grande austérité, que les ordres religieux ont compté le plus de membres.
Les religieux ont quelquefois suivi l’état de la société qui ne peut manquer d'avoir quelque influence sur eux. Dans les derniers siècles il y a eu un relâchement dans la discipline, mais il y avait un affaiblissement moral dans toutes les classes de la société. Au reste, dans tous les temps et tous les lieux, les ordres religieux ont toujonrs été la partie de la societé chrétienne qui offrait le plus de vertu.
De mème que dans la vie civile, les débats des tribunaux ne s'occupent point de tant de milliers de citoyens qui remplissent leurs devoirs avec droiture et simplicité, mais publient les noms de ceux qui troublent l’ordre public, de même les annales, les chartes, les protocoles, nous parlent principalement des moines qui se sont fait remarquer par leurs erreurs ou la vie irrégulière, tandis qu'ils
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