L'attrait de la nouveauté
Rép.—Une doctrine nouvelle ne fait aisément des prosélytes qu’autant qu'elle s'allie avec les inclinations de ceux auxquels elle est annoncée. L'attrait de la nouveauté n’explique pas qu'on embrasse une doctrine qui oblige à tous les sacrifices, même à celui de la vie.
4. Les vertus des premiers chrétiens, leurs principes de fraternité, leurs œuvres de charité.
Rép.—Tout cela est une preuve de ;a divinité d’un culte qui présentait ce spectacle à la terre. Mais cela n’explique pas qu'on ait embrassé une doctrine présentant des dogmes choquant toutes les opinions, et obligeant les sectateurs à la mort la plus cruelle. Les grandes institutions de charité, les hopitaux, les hospices, etc., n’ont eu lieu que lorsque l'Eglise jouissait de la paix.
5. La renommée des miracles attribués aux propagateurs de l'Evangile.
Rép.—Si ces miracles étaient vrais, 1ls prouvent la religion. S'il ne l'étaient pas, il devait être très facile d’en découvrir la fausseté, puisqu'on les disait si frappants et si nombreux qu'ils entraînaient la multitude. Il y avait un intérêt si puissant à s'assurer de leur vérité, et d'ailleurs les ennemis du Christianisme n’eussent pas manqué de faire voir comment on en imposait au peuple.
6”. Le Christianisme n'eut pendant longtemps d'’adeptes que dans le peuple ignorant et qui se laisse facilement tromper.
Rép.—Le Christianisme fit surtout, d'abord des progrès chez le peuple et les pauvres, Jésus-Christ l'avait prédit et il en devait être ainsi, à cause des obstacles que la richesse et l’orgueil de la science doivent naturellement apporter à la morale du Christianisme. Cependant,il y eut nombre de personnes éclairées parmi les convertis, e. g. : tous les écrivains ecclésiastiques des premiers siècles, les évêques, les propagateurs de l'Evangile, etc., entr'autres : Polycarpe, Ignace, Irénée, Justin, Clément, Ammonius, Origène, Aristide, Quadrat, Athénagore,on voit des chrétiens jusque dans la famille de Domitien, Clément et son épouse, Flavie, Domitille,etc. Pline dit qu'il y a une foule de cirétiens dans tous les ordres,omnis ordinis. Tertullien dit: Nous remplissons le barreau, le sénat, etc. Au reste le peuple est plus attaché aux usages, aux traditions et à la religion, que les grands et les savants. Quand un changement a lieu dans les croyances d’une société, ce n’est jamais qu'en dernier lieu qu'il s’accomplit chez le peuple. L'attachement que le peuple a pour ses croyances d'habitude était donc un obstacle naturel de plus qu'avait à surmonter le Christianisme.
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7. La société chrétienne dut se composer d'abord d’un très grand nombre d'hommes pervers, que la facilité d'obtenir le pardon par le baptème dut engager à y entrer. —Objection de Julien.
Rép.--On ne pouvait se faire chrétien qu'en s’engageant à la vie la plus austère et en s'exposant au martyre, cela dut éloigner les hommes faibles et corrompus, et si un grand nombre de pécheurs ont embrassé le Christianisme c'est une gloire pour cette religion d'avoir su les dompter et les convertir ; il lui fallait pour cela une force divine.
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