‹ Histoire apologétique de l'Eglise [microforme]Chapitre 69 sur 140 · CAUSES DE LA PROPAGATION DU MAHO- METISME · texte numérisé non relu

CAUSES DE LA PROPAGATION DU MAHO- METISME

1°. La nature de celte religion. —Ses dogmes sont simples, sans mystères, faciles à saisir ; la morale n’impose presque aucun sacrifice, elle favorise les passions ies plus fortes de l’homme ; le fatalisme qu'elle prèche, enlevant la responsabilité morale, ôte à la conscience son remords, et laisse libre carrière au vice.

2°. L'état religieux, intellectuel et politique de l'Arabre. Ce pays était alors habité par des Juifs, des chrétiens nestoriens, des partisans de la religion de Zoroastre,et des idolâtres. Mahomet forma sa religion d'un mélange des croyances générales de ces sectes diverses ; il céda même à lPidolâtrie en conservant le culte de la pierre de la Caaba. La doctrine musulmane était donc de nature à rapprocher les esprits, à les unir dans un même culte. De plus l’igno-

rance était extrême chez les Arabes ; la superstition, l'enthousiasme font le caractère de ce peuple-—cela explique la facilité de Mahomet de le soumettre à sa doctrine ; un succès militaire suffit à une très grande partie de ce peuple pour croire à la mission divine du prophète. Et celui-ci, pour empêcher .oute défection à la croyance qu'il imposait, interdit toute discussion, tout examen sur sa doctrine. En- | fin l'Arabie était, sous le rapport politique, divisée en plusieurs tribus indépendantes, qui se faisaient une guerre continuelle, et chez lesquelles le manque d'organisation entretenait la pauvreté et les disposait à l’assujettissement aux peuples voisins. Mahomet faisait de ces tribus diverses une seule nation, il lui imprimait une forte unité par un système dans lequel l’ordre religieux et politique était confondu, et en proclamant à ce peuple qu'il était choisi du ciel pour répandre le vrai culte, il exaltait son orgueil et son ambition, et promettait à la cupidité naturelle les trésors des nations étrangères. Rien ne dut contribuer plus puissamment à soumettre l’Arabie à la doctrine de ll l'Islamisme.

pit 3°. La force matérielle exercée par la guerre. —La LH prédication du Coran se fit par l'épée; une grande partie an de l’Arabie fut soumise par ce moyen. Et le glaive est ce qui a assujetti ensuite à cette nation, tant de peuples divers. Ce peuple exalté, enthousiasmé, déjà excité par la cupidité, se crut appelé par le ciel à la guerre et à la conquête. Mahomet avait dit que ceux qui mourraient les armes à la main iraient en Paradis. Cela explique l’ardeur, le courage avec lesquels ils attaquèrent les nations voisines. Leurs premiers succès les animèrent de plus en plus, et leur donnèrent cette confiance, cette assurance de la victoire qui suffit souvent pour l'obtenir. Mais l’état de faiblesse, de division, d’anarchie des pays qu’ils conquirent, et des causes spéciales qui favorisèrent leur invasion fut aussi pour beaucoup dans la rapidité de leurs conquêtes. Ils imposaient d’ailleurs l'épouvante et la terreur à ceux qu’ils attaquaient par leurs menaces. Khaled entrant dans la Syrie disait aux habitants : ‘‘II faut vous faire Mahométans ou passer sous le tranchant de nos épées.” L'empire grec était affaibli par de longues guerres avec | les Perses et les Arabes ; ce peuple était abâtardi par ün 4! grand dépérissement moral ; il n’y avait point d'esprit pu-

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blic, il n'avait de goût que pour de ..sisérables controverses. Il avait pour chefs des empere.."s lâches et cruels qui laissèrent faire les Musulmans pou: :’égorger plus à l'aise. Héraclius, après les premiers succ:: des Arabes en Syrie, leur abandonna le pays en déliant les sujets du serment de fidélité. Jérusalem seule s'était défendue avec honneur sous la direction du patriarche Sophronius.

L'Egypte tomba au pouvoir des Arabes, grâce à la trahison des Cophtes Jacobites qui par haine contre les Grecs Orthodoxes, acceptèrent les Arabes et leur livrèrent une grande partie du pays. Les Grecs défendirent pourtant Alexandrie pendant quatorze mois. Enfin cette ville tomba au pouvoir d'Amrou, qui, par les ordres d'Omar,fit brûler la fameuse bibliothèque, la plus belle du monde.

La Perse était épuisée par une guerre longue et sanglante avec les Grecs &: par une suite non interrompue de guerres civiles acharnées ; elle offrait une proie facile à l'ambition des Arabes.

L'Afrique, depuis les Vandales, était un pays ruiné. elle était presque abandonnée par les empereurs grecs; les divers gouvernements étaient à peu près indépendants et n'avaient guère de rapports entre eux pour la défense commune du pays ; d’horribles exactions pesaient sur ces contrés malheureuses. Aussi les Arabes furent-ils d’abord appelés —il leur fallut néanmoins six grandes expéditions pour s’en rendre maître. Nulle part le mahométisme ne prit des racines plus vives ; le schisme donatiste et l'hérésie arienne avaient depuis des siècles affaibli la foi chrétienne en ces contrées.

L'Espagne était divisée par les dissentions civiles et amollie par un long repos et par la débauche dont ses rois donnaient l'exemple. Rodrigue avait fait violence à la fille du comte Julien, gouverneur de la Mauritanie. Celuici, uni à beaucoup de mécontents, pour se venger, appela les Arabes en Espagne et leur facilita l'entrée du pays. Les Visigoths, énervés, ne soutinrent l'honneur du pays que dans une seule bataille, celle de Xérès ou Xérez ou Jérez, ville près de Cadix, ensuite ils se soumirent facilement aux vainqueurs, excepté Pélage, qui, retiré dans les Asturies, résista à leurs attaques et conserva un reste de la nation, qui se développant de plus en plus, devait,des siècles après, chasser les Maures de l'Espagne.

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